Lundi 8 septembre 2008
 Texte envoyé sur le site de Gérard Filoche. 08.09.2008

Fermes mais pas fermés

 

Bon... peut etre que ce que je vais dire va énerver un peu mais c'est par peur une position trop braquée. J'en entends certains parler, comme Peillon, d'une alliance avec le MODEM ; d'autres la démentir en espèrant tout de même la faire sans en parler avant ; et pour vous c'est hors de question. Bref.
Le problème à mon avis c'est que les deux premières lignes sont vouées au plantage et la votre pourrait connaître le même sort si elle s'enferme. D'abord à cause de l'analyse sur Bayrou. Je vais expliquer pourquoi je pense ça, mais avant quelques précisions :

 

I Préalable :

Je partage l'argumentaire fait lors de la campagne 2007 par l'équipe autour de Mélenchon ; aussi l'analyse qui s'appuie sur un retour de l'Etat stratège, sur un choc fiscal, sur une remise en cause du libre échange généralisé, celle qu'on retrouve chez J.Généreux, chez Ngoc etc ou E. Todd par exemple.
De même je partage absolument l'idée que la gauche du PS est au centre de la force d'opposition, ainsi que la position de Lienemann / Quilès / Chevènement de dépassement du PS par un parti de la Gauche (plutôt à mon sens comme Chevènement une fédération pour l'instant mais je ne vais pas déblatérer là dessus aujourd'hui), une alliance des producteurs et exclus contre les rentiers pour faire court ( ce qui implique d'aller au delà du salariat, même s'il représente comme G.F. le répète 91%, mais bon passons là aussi pour aujourd'hui).

 

II Petite expérience de chimie pas amusante :

Alors pourquoi je dis qu'il y a plantage ? On dit Bayrou est à droite, ha... alors faisons une comparaison intéressante pour commencer :

- Guérini (la ligne claire) : « Je pense que le RSA n'est ni de droite, ni de gauche. Il est juste et légitime », interview qu'il a donné à La Provence ce dimanche 07.09.

- Hollande (en tractation avec Delanoë) : «Si on veut effectivement faire oeuvre de solidarité, il faut faire en sorte que ce soient les plus favorisés qui paient pour les plus modestes» et il parle de « plancher »

- Hamon (comme G.F. ici) : http://www.lesechos.fr/info/france/4768891.htm. En gros l'Etat c'est à dire les citoyens ne doivent pas se substituer aux employeurs et payer les salaires, c'est une trappe à précarité et bas salaires, c'est injuste puisque cela ponctionne les petits épargnants et les classes moyennes.

- ... maintenant Bayrou : « si l'idée est maintenue et si elle est juste, je le voterai » et « Le financement c'est autre chose. Je ne donnerai pas ma voix à un financement qui ciblerait les classes moyennes et exonèrerait les plus fortunés. C'est niet! Pour moi c'est quelque chose d'inacceptable »

 

Qui est le plus à droite de ces 4 déclarations ? (et encore je passe sur la manière de présenter ça dans les médias audiovisuels car si on compare les mots et la manière de le dire entre Bayrou et Hollande, le dernier ne sort pas grandi, c'est même une catastrophe d'anguille à l'humour pataugeant)

 

III Les dessous du Bayrou :

Bon ce que je veux dire et que je dis à longueur de textes c'est que Bayrou se trouve progressivement plus à gauche qu'une partie du PS. Rien de surprenant car ce chassé croisé n'est pas nouveau du tout. Le passage au gouvernement de Sarkozy ou le rapprochement est une pente naturelle pour certains socialistes. On voit ces dérives sur des questions internationales, économiques ou sociales. La ligne claire, comme diverses personnalités (G.F. détaillait ainsi Rebsamen dans une critique de son livre), se trouve sur plusieurs sujets plus proche de l'UMP que Bayrou. Evidemment il y a une large part de stratégie mais ce serait se gourer lourdement de ne voir que ça. Quelques exemples qui montre une démarche longue :

  • Son bouquin portait sur Henri IV. Que symbolise ce personnage historique sinon un protestant qui passe la frontière (mot utilisé par Bayrou ce week end) pour embrasser la religion catholique , transcender la division et réunifier le royaume. Difficile de faire mieux comme symbole.

  • Plus important, ses références à Ellul et son passé dans le sillage du mouvement de Lanza Del Vasto. Qui c'est ceux là ? Le premier était le disciple français de Ghandi, dont les idées et l'action portent notamment sur la non violence et la désobéissance civile. Le deuxième critiquait en particulier le système technicien et a posé des bases pour l'écologie politique. Quand on sait que dans les mouvances écologistes, Attac (José Bové par exemple), ce sont les mêmes références on voit le lien. Bayrou le sait et d'ailleurs le souligne comme à France Culture dans l'émission « Le rendez vous des politiques ». Ce n'est pas tout, Qu'a fait Bové régulièrement et Lassalle une fois (ce dernier a le même passé proche des communautés de l'Arche de Lanza) ? L'un et l'autre ont utilisé la grève de la faim, c'est à dire leur propre corps comme ultime moyen de pression. Rien de surprenant c'est dans le sillon de cette pensée. On n'oublie pas comme ça des visions du monde aussi radicales et des actions dans lesquelles on a de fortes racines.

  • Mais on n'a pas fini car choisir la légitimité face à une légalité indigne c'est aussi ce qui a porté DeGaulle dans son choix de rejoindre le Royaume Uni le 17 juin 40. Ce que je veux dire c'est que Bayrou ne s'appuie pas par hasard sur ces deux courants écologistes et gaulliste ; il y a un pont réel entre ces lignes politiques qu'on ne voit pas au premier abord.

  • D'ailleurs pourquoi voit on tant Cohn Bendit se démener pour unifier la sphère écolo de Bové au proche d'Hulot via les verts ? Ses liens avec Bayrou et Madelin ne sortent pas d'un chapeau. De même on trouve d'ex verts et Cap 21 au sein du Modem. Lepage ayant sur ce point une démarche très légaliste opposée à Bové. Bayrou se trouve très exactement au milieu entre les deux. Cohn Bendit milite pour ce rapprochement qui a lieu au niveau européen ALDE / verts.

  • Je pourrais citer aussi la question de la corruption. Qui était présent au meeting du MODEM en juin... Eva Joly et son discours était du genre percutant (voir Daily Motion) comme d'habitude. Sur quoi Bayrou attaque t il actuellement ? La corruption avec l'affaire TAPIE, le manque de démocratie dans les médias et là il rejoind ce que Alimi, Bourdieu ou Ramonet ont largement expliqué depuis le milieu des années 90.

  • Et ce n'est pas tout, encore une louchée ! Qui était invité à ce même meeting et ne l'a pas été par le PS ? Emmanuel Todd. Alors passionnant, car Gaucheavenir a reçu Todd et la vidéo est instructive, mais le PS, lui, est incapable de s'ouvrir à cette manière de voir alors que le MODEM le fait ! Grandiose. D'autant plus dommage que la vidéo montre à quel point on a encore de la marge, quand Todd termine son intervention, Sarnez applaudi, son voisin italien aussi plus modérément, en revanche les 4 autres intervenants se refusent au moindre signe mais se congratulent généreusement entre eux après.

Je ne vais pas continuer trop longtemps.

 

IV La peau du PS :

Ce qui me semble important dans tout ça c'est que si le PS vire « démocrate » ou reste comme actuellement, aucun « leader » ne fera le poids. Il n'ont pas l'épaisseur de Bayrou, quelle que soit sa part de stratégie. Ayrault, Moscovici, Royal, Delanoë ou le Concombre masqué ils ne font pas le poids. Pire une partie d'entre eux est déjà plus à droite que Bayrou et pire encore Bayrou lui continue d'évoluer très logiquement :

  • 1 parce que l'extrémisme du Monde porte beaucoup de démocrates sociaux, conservateurs, républicains et même vrais libéraux (y a qu'à voir Léotard ou plus discrètement Madelin c'est pour dire) dans la contestation progressive du modèle actuel.

  • 2 parce le MODEM s'est largement délesté de ses composantes trop à droite.

  • 3 parce que le discours de Bayrou montre parfaitement les ponts jetés aux républicains, aux écologistes et alters, aux socialistes ; qu'il est parti socialement des urbains plus intégrés et qu'il va désormais vers les classes moyennes en explosion et les classes populaires.

  • 4 parce que ce n'est pas la première fois historiquement que ce déplacement à gauche arrive pour son courant de pensée, il avait déjà eu lieu dans la première moitié du siècle (surtout au milieu des années trente) et que l'écologie est dans le même cas.

  • 5 enfin, récemment il commence à déplacer sa critique vers l'Europe (voir pour cela ses critiques liées au référendum irlandais) et sur l'inégalité (le RSA montre qu'il est désormais sur le même plan de critique que quelqu'un comme Hollande), c'est à dire les deux points sur lequels il ne fait pas la différence à gauche.

 

Conclusions :

  • Ce n'est pas que de la stratégie

  • Si le PS vire démocrate ou reste comme actuellement il sera avalé ou croupion plus ou moins rapidement, or ces comiques troupiers ne voient rien venir, mieux ils croient même le manger.

  • Si le PS a le réflexe salvateur de poser son axe enfin sur sa gauche il ne faudra pas laisser Bayrou attaquer seul sur la crise démocratique et mettre fièrement en avant chez nous ce qui coince encore pour un temps chez lui : les propositions socio-économiques, notamment la question du libre échange, de la place de l'Etat et de la répartition.

  • Je ne crois pas qu'on soit obligé de jeter l'anathème sur Bayrou, encore moins sur Dupont Aignant qui n'est pas dans une logique présidentielle. Lienemann a eu le bon réflexe, je trouve, de participer à un meeting commun avec ce dernier. Les critiquer oui mais pas s'enfermer.

  • Je vous rejoinds quand vous essayez de poser l'axe sur l'aile gauche du PS. Mais pour ça je crois qu'il faut préciser les choix sur quatre points : républicain, socio-économique, environnemental et spirituel (je n'ai pas dit religieux).

  • Je peux comprendre qu'on refuse dans un premier temps de travailler avec le MODEM mais se fermer définitivement à lui ça me semble mauvais. J'espère donc une position ferme mais pas fermée. Je trouve la récente déclaration de Hamon constructive car cela ne ferme pas la porte si Bayrou évolue encore. Jeter l'anathème ce serait intolérant et contre productif. On peut parfaitement poser un non temporaire et se ménager un avenir collectif. D'autant plus qu'au sein du PS il y a franchement des personnes avec qui nous partageons encore moins de choses. Enfin si nous arrivons sans casse en 2012, ce dont je ne suis pas sûr du tout compte tenu des crises majeures en cours (environnementale, économique, démocratique, spirituelle, démographique, sanitaire, internationale notamment), je pense qu'il faudra un accord de type CNR ou au minimum un soutien plus ou moins tacite pour contrer cette droite non républicaine. Je partage l'analyse de G. Filoche sur le vote de 2002 éparpillé mais majoritaire en voix de gauche qui montre comme d'autres évènements l'attente de justice sociale ; mais je crois que l'analyse d'Eric Dupin (voir les auditions de Gaucheavenir) est complémentaire (l'une n'empêche pas l'autre car la schyzophrénie est bien visible autour de nous) et qu'on n'est pas à l'abri d'une manipulation plus accentuée encore, aux accents ouvriéristes, nationalistes, occidentaliste et sécuritaire.

 

En tout cas bravo pour votre boulot

 

 

 

 

 

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Samedi 6 septembre 2008
 Réaction à un article sur Marianne2 "PS: le spleen de Pierre Moscovici"  05.09.2008

 

 

Si Moscovici a le spleen, le monde est en convulsion et cette gauche nous entraine de bonne foi pile dans la direction qu'elle prétend fuir.

 

I Des crises en veux tu ?

a) Un Monde saigné :

Les crises dans lesquelles nous entrons couvrent des champs multiples et s'interpénètrent. La crise écologique semble la plus grave à première vue puisqu'elle remet en cause l'idée même de survie.Il y a bien sûr celle que tout le monde connait, la crise climatique, mais c'est bien court de se limiter à ça. Il faut y ajouter la dégradation des sols par la salinisation et l'érosion, la crise de l'eau, la crise de la biodiversité, la crise dûe à la pollution chimique (sol, air, eaux et organismes vivants). L'ensemble de ces crises combinées génère des crises d'une autre nature dont là aussi les conséquences sont déjà visibles : crise sanitaire rendue potentiellement plus destructrice encore par les choix économiques et l'ampleur du transport au niveau mondial, crise démographique aussi puisque les déplacements de populations de plusieurs centaines de millions de personnes vont se cumuler avec des déséquilibres démographiques énormes (déséquilibres de la pyramide des âges ou entre les sexes), crise économique démultipliée par la crise déjà actuelle du modèle économique et financier, elle même (nourrissant et) amplifiée par la crise alimentaire et énergétique (les conséquences des pics d'Hubbert étant un des éléments explicatifs), le tout encore accentué par la puissance d'une corruption et même d'une économie de type mafieux s'alimentant de la dérégulation provoquée et des désintégrations engendrées. Sans même plonger dans les travaux de multiples organisations ou acteurs, on peut se contenter d'aller consulter des organismes officiels pour se faire une idée de la gravité extrême de la situation (ONU, FAO, Union Européenne par exemple).
Si ce n'était que cela, on se tirerait déjà les cheveux et ils n'en resterait plus beaucoup... hélas on est loin du compte.
A cela s'ajoute une crise démocratique majeure liée à la crise du modèle économique mais pas seulement ; il s'agit d'un ensemble de crises : crise de la représentativité au sens large, crise institutionnelle, crise morale ou disons spirituelle, crise de la transmission et crise identitaire. Ces crises internes aux différents Etats touchent entre autres nos pays industrialisés et de plein fouet l'Europe.
L'ensemble produit en intensité croissante des plaies internationales ; Afghanistan, Géorgie, Iran et Irak en sont les plus à vif uniquement.

b) Gouverner c'est choisir :

Toutes ces convulsions me paressent atteindre des niveaux suffisament élevées pour être, chacune d'entre elles, un catalyseur d'autodestruction puissant. Si le pétrole apparaît comme le plus probable, on ne peut pas en exclure d'autres. Et c'est là que se situe des choix fondamentaux dans les politiques à choisir, donc les propositions.
Si la crise première est une crise spirituelle au sens d'une crise du rapport au monde, à la vie, on pourrait voir comme priorité la lutte à tout prix contre la crise environnementale. Or la vitesse de désintégration des sociétés et notamment celles qui ont une capacité de nuisance internationale forte comme les Etats Unis ou les pays d'Europe rend cet arbitrage rediscutable. L'arrivée au pouvoir aux Etats Unis, en Italie ou en France de dirigeants « particuliers » montre bien que le choix des populations peut se porter vers des directions opposées à leur propre intérêt et pourrait même s'asseoir sur la question environnementale. Ne pas tenir compte de certaines de leurs motivations c'est à coup sûr donner le bâton pour se faire battre. En l'occurence, dans la course de vitesse dans laquelle nous sommes engagés, il faut avoir, je crois, plusieurs priorités conjointes, aussi difficile que cela soit et malgré l'obligation de choisir pour gouverner...

 

 

II Nouvelle donne :

a) Social et écologique mano a mano :

En clair il est essentiel de répondre aux attentes sociales, donc de remettre de l'égalité et de la solidarité et en contrepartie de pousser vers une réorientation totale soumise à l'urgence environnementale. L'un ne peut absolument pas être disjoint de l'autre. Sinon nous aurons comme le disait si justement Hubert Védrine dans son échange avec Serge Latouche, des réactions incontrôlables. Il faut les deux en même temps dans un contrat honnête avec les perdants du système actuel, c'est à dire l'immense majorité ; le but est que la sensation (discutable bien sûr) de perdre soit compensée par ce qui est gagné.

b) La République sans serres :

Pour répondre à cette double priorité il faut s'appuyer sur un sentiment collectif, c'est à dire d'appartenance. Eviter les communautarismes et nationalismes montants c'est comprendre qu'il faut trois actions là aussi conjointes :

- Une volonté de réduction des inégalités très ferme (avec des perdants évidents dans l'ensemble des couches qui sont supérieures, totalement ou partiellement rentières, qui cumulent les pouvoirs, les facilités et dont l'argent cumulé n'est réinvesti que dans la finance). Les questions de salaires et de fiscalité y seront majeures sans doute.

- S'appuyer sur la Nation et l'Etat stratège pour engager un rapport de force réel au sein de l'Europe (car l'Union Européenne seule est en capacité de peser dans la réorganisation mondiale actuelle où les occidentaux ne dirigent plus et sont tentés de se cripser). L'Allemagne est sans doute le partenaire avec lequel ce bras de fer et cette main tendue en même temps doivent se faire d'abord. Le poids de nos deux pays est en capacité d'entrainer une réorientation constructive par étapes et par cercles. Sortir du libre échange généralisé (des biens et des capitaux notamment pour éviter la dérive à tendance mafieuse telle que le montre l'affaire Clearstream), de l'idée de zonage économique (par exemple : Chine pour la production, Inde pour le tertiaire et, pure folie, le Brésil pour l'agriculture) seront là aussi des questions majeures.

- En parallèle on ne peut imaginer sortir par un protectionnisme raisonnable sans sortir d'un modèle prédateur. C'est là tout l'intérêt d'une économie relocalisée largement sans en exlure les échanges (régulés), et dont le but n'est pas de prendre des parts de marchés dans le bloc voisin. Dans ce sens, l'autonomie énergétique est essentielle à ce projet. Il s'agit donc d'une politique d'investissement public dans la recherche notamment sur un fonctionnement durable (non un développement durable car nous ne sommes pas dans un monde infini).

Sortir d'un rapport utilitariste du Monde c'est se protéger soi en protégeant l'autre, et l'autre ce n'est pas l'homme seulement... c'est le milieu qui nous permet de vivre. Un magnifique projet serait ainsi d'aider en Afrique à promouvoir un protectionnisme salvateur. Quel plus bel exemple pourrait on donner ?

c) Quels grigris anti B.B. (Bayrou Besançenot)?

Certes, une telle direction est sans doute au delà de l'horizon. Certes nous avons probablement peu de temps devant nous. Mais c'est avec ce cap, je crois, qu'on peut proposer à la population de sortir par le haut et de repousser efficacement trois propositions qui me semblent l'une vouée à l'échec (Bayrou), l'autre une voie sans issue pour une large majorité (Besançenot, les verts voire les alters) et la dernière catastrophique (Sarkozy), un national libéralisme, occidentaliste aggressif, biologisant, hyper-inégalitaire, autoritaire (voire à pente totalitaire par la volonté combinée d'hypersurveillance, de transparence et de vision génétique des individus).

Ce qui permettrait au PS de tordre le cou à l'hypothèse Bayrou c'est de la contrer là où elle ne répond pas au problème, sur la question du modèle socio-économique et en particulier la question centrale du libre échange et de la répartition.
Hélas une large partie du PS est engluée dans une logique d'accompagnement de la mondialisation et si cette direction se confirme à Reims, Bayrou aura raison de n'importe lequel de ces leaders mous. Il pense comme eux mais a autrement plus d'épaisseur, tape plus fort, plus juste médiatiquement, peut embrasser plus large politiquement à travers l'aile républicaine et écologiste alter, d'autant plus que beaucoup à gauche ne perçoivent pas ses racines avec la pensée d'Elull par exemple.

Ce qui permettrait de repousser les machoires du NPA c'est de s'appuyer sur l'idée républicaine réoxygénée, c'est à dire cette synthèse jauressienne où le proche et le lointain sont indissolubles. L'internationnalisme qui fait épouvantail pour les classes populaires, ces classes qui disent « hé vous feriez bien déjà de s'occuper d'ici », celui qui nourrit la haine de l'étranger, celui qui est instrumentalisé par une droite que je crois non républicaine, on ne peut y répondre qu'en mélant les trois niveaux : la Nation pour peser dans une Europe unie et non prédatrice pour l'international. De plus ceci ne retire rien à l'idée de décentraliser si l'Etat n'y perd pas sa capacité à résister au rouleau compresseur de la mondialisation.
Hélas encore une fois nous avons une partie du PS qui nous parle d'international et d'Europe en niant dans les faits l'idée collective républicaine et pire... une partie de la gauche qui hurle au loup nationaliste ranci raciste et porteur de guerre, moralise à tout bout de champ, qui soutient les exclus de la « centrifugeuse » (terme utilisé par Lipietz pour imager notre société) et les communautés diverses, tout en soutenant l'occidentalisme guerrier et en piétinant ses classes populaires et moyennes. L'affaire Siné/Val est un exemple significatif de la division profonde au sein de la gauche et de toute la classe politique. Si la nouvelle direction du PS espérait ramener ces populations en leur parlant un langage de classe dominante moralisant elle se tromperait.

 

 

Ne pas se perdre...

Le but n'est pas à mon sens de tuer l'autre ou de l'absorber malgré lui, ce serait une erreur ; je conçois que ce coup là on puisse me dire : « angélisme ». Mais je maintiens que c'est (vu le contexte) perdre son énergie et se perdre que de vouloir faire l'un ou l'autre. Il est plus constructif de savoir où nous sommes (comme le disait si justement J.P. Chevènement il y a quelques mois) et tant pis si nous devons en subir les conséquences. Mieux vaut je crois se positionner clairement. Cela répondra directement à la crise du PS et par ricochet au problème de stratégie par rapport aux deux B.

De plus, si je persiste à croire que que la gauche du PS se trouve au centre de la gauche et même d'un nouveau CNR, si je critique lourdement les dérives d'une part du PS, je crois que les bras doivent être ouverts pour ceux qui se remettront en cause. Quant aux Modem et même à une partie de la droite Gaulliste, républicaine, conservatrice, ils continueront logiquement à s'éloigner de l'UMP et un petit pan (sic) de la gauche à dériver vers l'UMP. Ce chassé croisé me semble peu évitable, il ne date pas d'hier. L'extrêmisme sociétal aura explosé en plein vol la sociale démocratie et avant longtemps les socio libéraux eux même... comme au balle trap.

Si le choix du congrès de Reims aboutit à bannir les fabiusiens, à exclure la gauche du parti, à rejeter un repositionnement vers la gauche du parti... alors Moscovici, Ayrault, Royal, Delanoé ou Daffy duck, rien n'y fera, le PS sera peut être homogène mais rapidement aspiré ou parti croupion.

 Ecologistes, républicains et sociaux fermement, voilà ce qui donnera corps à une autre vision de nos vies, à une spiritualité ancrée dans ce monde et dans notre histoire spécifique.

 

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Jeudi 21 août 2008

Réaction à un texte sur Marianne :"Le PCF : une autre manière de vendre des salades" 21.08.2008.
* Modifs postérieures


Bon le texte est un (gros) tantinet cynique. On pourrait penser à le lire qu'agir auprès de la population c'est du saupoudrage, de la manipulation, de l'absence de vision, pour résumer du « un peu médiocre et n'importe quoi », ceci contrairement à une grande politique nationale, européenne et surtout internationale.

D'abord croire comme une partie de la classe politique et notamment l'aile droite du PS que seule les instances internationales et l'augmentation du niveau de formation peuvent agir c'est naïf ou méprisant pour les hommes qui vivent ailleurs et sont en concurrence avec nous, c'est aussi idiot compte tenu du risque potentiel de dérive de la population ici.

Ensuite croire qu'une action locale a peu d'intérêt ça en revient au débat qui opposa assez fortement M. Onfray à J. Attali sur d'un côté les micro résistances et de l'autre l'action de l'intérieur en haut du système. Comme si les micro résistance étaient inutiles.

Elles le sont d'autant moins que la plus grande partie de la population, classes populaires et classes moyennes dans une large partie s'effondrent et donc se radicalisent. C'est d'ailleurs une technique parfaitement éprouvée dans l'histoire que ce soit pour des actions qu'on perçoit comme constructives à travers le militantisme et l'éducation populaire mais aussi dangereuses comme savent le faire des mouvances religieuses extrêmistes.

Donc à l'évidence cette action est non seulement très utile mais, je précise, elle rentre enfin dans un travail mêlant action concrête et donc capacité à expliquer un combat idéologique. Visiblement l'auteur de l'article n'est guère sensible à ça perdu dans ses sphères vaporeuses.

Bien sûr que ce travail doit être complété par une action à d'autres niveaux et notamment sous forme programmatique et d'unité d'action entre partis mais c'est prioritaire d'aller vers ces formes d'actions.

On pourrait dire en résumant qu'il faut mêler les micro résistances à l'entrisme.

Enfin pour clore je dirais que l'auteur aurait intérêt à jeter un oeil sur Jacquiau qui explique parfaitement l'historique, les mécanismes, et les conséquences de la grande distribution dans leur logique de privation des libertés économiques et de fait sociales.

Nous avons devant nous des hommes discutables mais en tout cas des structures qui sont véritablement nos ennemis et en tant que tels à, selon le cas, redémocratiser ou réguler plus ou moins drastiquement : la publicité et la communication, les médias de masse, la grande distribution, le système financier bancaire et d'assurance, le secteur de l'eau entre autres*. D'ailleurs plusieurs ( tel M.N. Lienemann) ne s'y trompent pas lorsqu'ils parlent de constituer une sorte de front des producteurs (et exclus) contre les rentiers.

Je ne suis pas communiste mais on aurait tort de mépriser un parti parcequ'il est perçu comme « has been ». Même si on peut critiquer son histoire (nationale), son fonctionnement, sa manière d'agir, il reste un partenaire incontournable et bien utile dans un combat commun.

Voir dans cette action une sorte de charité c'est avoir perdu de vue qu'il y a une volonté de transformation derrière même si ce parti est en crise. Mépriser une action politique visant au mieux vivre ce n'est pas montrer l'impuissance de cette action, mais l'impuissance dans laquelle se trouve l'auteur pour saisir le monde dans lequel il vit.

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Samedi 26 juillet 2008

Réaction au texte "lettre ouverte aux modernes du 20ème siècle" sur http://benoithamon.fr/ du 25.08.2008

Le Monde comme Libération correspondent depuis de nombreuses années (bien avant 2000) à une ligne qu'on voit portée fortement par une partie des grands élus et du bureau nationale du PS. Bien sûr ils s'opposent à la brutalité politique de ce gouvernement, mais seulement à la brutalité des moyens. Ils sont en accord profond avec l'orientation, par fatalisme, cynisme, en pensant sacrifier quelques générations pour un avenir meilleur ou pire par véritable adhésion.
On peut parfaitement se revendiquer de ceci ou cela, se dire réformiste ou de gauche.Le problème est que les différences sont si béantes avec une partie du PS et avec les perdants (l'immense majorité de la population) que cette fine couche de "winners" finit par être bien seule à se croire réformiste et de gauche. La schyzophrénie, le manque d'informations, la manipulation plus ou moins refléchie permettent à ces pauvres fous de rester provisoirement à flots mais leur destin est scellé... ils coulent.
Ils s'éloignent à grands pas de toute liberté économique ou politique, de toute idée d'égalité sauf celle des startings block de départ (et encore il est probable que la pente naturelle en amenera certains à pencher vers le déterminisme), toute idée de fraternité, de laïcité, unicité et même tout simplement de sens moral et d'une quelconque spiritualité. Leur soutien de plus en plus aveugle et forcené à un système qui nie l'idée républicaine, l'humain, l'être dans les faits montre l'ampleur de la crise. Ils ne peuvent en être les gagnants mais ils auront aidé à le bâtir.

Dans ces conditions on n'est pas trop surpris... pas surpris du tout même, de voir que Le Monde ait refusé de publier ce texte.
On peut nous répondre qu'ouvrir des droits de réponses à tort et à travers c'est s'engager dans une escalade... bon pourquoi pas au premier abord. Sauf que... sauf que ce journal ne peut oublier le contexte politique, l'approche du congrès, le poids du PS en tant que parti de gouvernement (qu'il soit nul ou non peu importe), des tensions internes au PS, que ce soit entre le bureau et beaucoup de militants et au sein même du bureau.
Refuser ce texte c'est donc clairement faire un choix idéologique et continuer sur une ligne claire (sic), celle que nous pouvons voir à la télévision (ex : C' dans l'air), la radio (ex : sur France culture "le rendez vous des politiques") ou la majeure partie de la presse : il n'existe que Delanoé et Royal (les autres cités étant Valls, puis un peu Moscovici, Dray et Aubry ).
Dans les médias comme dans l'éducation, dans tout système d'information, la neutralité est un leurre. On peut aller vers elle mais jamais la toucher. Taire c'est encore prendre parti. La voix et l'oeil sont des acteurs, qu'on le veuille ou non.
Refuser ce texte n'est pas du tout en opposition avec l'orientation politique de ces gens, la liberté par la contradiction est progressivement mis hors du champ. Ces hérauts "modernes" (comme tu dis) clament leur amour de la liberté mais couche après couche ils la font disparaître.

J'aimerai bien ne pas avoir à chanter comme Anna Marly :"le vent souffle sur les tombes, la liberté reviendra, on nous oubliera, nous rentrerons dans l'ombre (complainte du partisan)"... hélas je crains que le vent nous y porte... vite.

 Merci pour ce que tu fais en tout cas.

 

Ha petite info que je donne, puisqu'aller faire sa fouine ailleurs ça aide à la compréhension souvent. Je vous conseille vivement d'aller jeter un oeil sur cette petite conférence de Cochet (verts), vous y trouverez une vision large même si nous ne devons pas exclure l'aspect social et républicain justement. http://www.dailymotion.com/relevance/search/cochet/video/x5t2hi_pic-de-petrole-et-decroissance-16_news (il s'agit de la partie 1, vous avez les 5 suivantes toujours sur DailyMotion)
On y retrouve le contenu d'un travail intellectuel mené depuis plusieurs décennies par des chercheurs et différents penseurs. Je ne vous cache pas que vous allez être sans doute effrayés (c'est le moins que je puisse dire) mais ces informations sont contrevérifiables et nous font reprendre pied avec le réel, avec ce que signifie un monde fini.

Nous sommes dans une course de vitesse avec des crises croisées majeures, potentiellement bien plus graves en termes de destruction que le XIVème siècle ou le XXème siècle et nous n'en sortirons que par un contrat où le social sera lié à l'environnemental, pour que la population saisissent son intérêt et ne choisisse pas consciemment la barbarie.

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Jeudi 17 juillet 2008
 Texte envoyé sur Rur89 le 17.07.2008, revu le 19.07 et envoyé à Marianne le même jour

Non cette droite là n'est plus républicaine !

 

Bang bang Bayrou, l'homme aux cent coups arrive sur son fier destrier mécanique et nous dit « ralliez vous à mon panache blanc et sauvons la République ! » Fondu ou bien mûri ? Fondé ou parano ? Solitaire ou seul visible ?

  Vers la stature du rassembleur :

Au yeux de certains le récent discours de F. Bayrou semble montrer un basculement vers l'image du rassembleur au dessus des partis comme il le dit, sorte de dernier rempart de la République. Intéressant oui mais ça me semble plus progressif qu'il n'y paraît. D'abord parce que l'idée républicaine est minée de l'intérieur depuis de nombreuses années. Ensuite ces ponts envoyés vers les socialistes, les gaullistes et tout ce qui compte d'opposants (alters et écologistes en particulier) à cette droite au pouvoir ne sont nouveau ni dans les actes ni dans les têtes. Ca relève beaucoup plus je crois d'une stratégie pensée d'enveloppement vers la gauche sans dévisser et d'un fond idéologique qui produit forcément ce déplacement. De nombeux indices ont montré cette évolution.

  Pendant la campagne, Bayrou a recours à de multiples reprises à une défense de la séparation des pouvoirs et de la laïcité, ce qui lui vaut les foudres au sein du PS qui rappelle sans arrêt les manifestations en 1994 où on l'avait accusé de remettre en cause l'équilibre public/privé dans l'éducation. M. Probst, ancien conseiller de Chirac, Juppé ou Tibéri, exprime frontalement ce que d'autres gaullistes pensent tout bas, montre son mépris profond pour Sarkozy et sa « clique » et dit qu'il votera pour Bayrou « aux deux tours » en 2007. Avril de cette même année un éditorial de J.F. Kahn, qui a soutenu publiquement et de manière individuelle Bayrou, parle ouvertement d'un nouveau CNR. Juin 2007, Madame Lepage soutient ouvertement M. Juppé à Bordeaux pour son travail local et espère ne pas le voir perdre, ce qui impliquerait sa démission et le départ de la seule personne au gouvernement qui ait à ses yeux un vrai poids politique et soit un peu sensible à l'environnement. Lors de l'émission « le rendez vous des politiques » en 2007, Bayrou explique qu'il est plus proche des alters mondialistes qu'on ne le croit, citant Lanza Del Vasto dans ses références ou ses combats pacifistes où il rencontre sa femme. Municipales de mars 2008, Juppé refuse de taper sur Bayrou et inversement, ce dernier soutenant même comme Lepage la campagne du premier à Bordeaux. Ces exemples ne sont que les plus visibles.

De même l'électorat de Bayrou provient de socialistes socio démocrates ou libéraux, d'anciens écologistes mais aussi de personnes se positionnant en général plus à gauche que le PS, souvent alters, une mouvance qui refuse souvent la violence du grand soir mais souhaite pourtant un changement radical.

Croire que ce changement serait réel avec le positionnement européen et économique de Bayrou, avec le personnel politique qu'il veut réunir, là c'est un autre sujet et c'est à ça que l'ancien candidat à la présidentielle répond progressivement (en apparence en tout cas) par une critique croissante des instances européennes et en se rapprochant en particulier des républicains, des gaullistes et finalement au delà sans le dire de la gauche plus radicale. Ce rappel à l'histoire de France, à l'image de rassembleur se réfère ouvertement à De Gaulle, au dessus des partis et des courants comme il dit lui même dans sa récente interview au figaro le 10.07 . Il parle aux cadres avec un niveau d'études assez élevé mais de plus de plus aussi à l'électorat populaire et aux classes moyennes en pleine perdition, c'est à dire au delà même des 75% de la population au dessous des 1500 euros par mois. Mais Il ne rêgle rien de la contradiction totale entre son programme économique qui fait de lui le meilleur élève de l'Europe actuelle et de son discours qui prétend défendre le modèle républicain détesté par ces mêmes instances européennes et les dirigeants voisins. Un positionnement Schyzophrène comme le dit bien Zemmour.

 

La croisée des chemins :

Se limiter à ça ce serait trop court. Cette croisée des chemins entre de nombreux courants de pensée se constate aussi en dehors du sillon de Bayrou. L'émission de Taddei le soir sur France 3 a montré récemment un N.D. Aignant en accord pendant toute la soirée avec Susan Georges (membre du comité économique d'ATTAC). Ce même Dupont Aignant s'est d'ailleurs retrouvé dans un meeting commun avec Chevènement et Lienemann, ce qui montre bien les fortes convergences que beaucoup refusent de voir. Qui se souvient de l'émission présentée par Yves Calvi où le public avait désigné comme français le plus illustre de l'histoire nationale : Charles De Gaulle ? Qui se souvient que la campagne a aussi été une opposition souterraine entre Guaino et le staff de Chevènement donc entre deux discours aux résonnances républicaines ? Qui a lu R. Rémond sait qu'il montrait dans son étude sur les droites que le courant auquel se réfère Bayrou partiellement est le seul (à l'exclusion sans doute de la pensée écologiste justement) qui ait basculé déjà une fois vers la gauche jusqu'à être une force politique essentielle au milieu du XX siècle ; le MRP, puisqu'il s'agit de lui, retournera cependant sur le tapis roulant qui fait glisser les partis de la gauche vers la droite dans l'histoire avant de disparaître. Le catholicisme social avait assimilé la République et ne pouvait accepter les dérives factieuses, violentes et racistes de l'entre deux guerres. J'ai dit que Bayrou s'y réfère partiellement car si dans certains discours on voit bien cette trace, en revanche il rappelle à tout va ses liens intellectuels avec Barre, Giscard et autres qui ne sont pas vraiment sur une ligne aussi sociale que celle des mouvances catholiques du CNR. En ce sens Liêm Hoang-Ngoc est un peu trop expéditif avec cette ambivalence chez Bayrou (rf Sarkonomics 2008 Grasset, excellent livre par ailleurs).
De même le positionnement de la droite actuelle et la mondialisation rouleau compresseur, poussent tout un électorat de droite traditionnelle, conservateur et parfois très contestataire (on disait autrefois poujadiste) dans le camps des perdants, de ceux qui sont écrasés. Paysans, artisans, commerçants, patrons divers petits ou moyens. Même les notables plus installés comme les pharmaciens ou notaires, ou encore l'armée de tradition très conservatrice sont dans le collimateur de cette droite et de cet ensemble socio politique gagnant dont Sarkozy est le porte parole derrière son discours ouvrièriste de façade.

  La situation ressemble d'ailleurs plus à ce dont parlait E. Todd, l'extrêmisation d'un parti de masse (l'UMP) comme une mise en conformité avec ce dont parlait J.F. Kahn sur l'extrêmisme de notre monde et que par voie de conséquence la pensée plus conservatrice (et donc rétive à ça) qu'illustre Bayrou se trouve logiquement recentrée puis gauchisée ; d'où aussi le dépassement vers la droite de divers socialistes et une évolution de la LCR plus conciliante avec ce que fut le défunt programme commun. Le monde va vite, le tapis se déroule rapidement vers la droite et finalement la réaction même devient salutaire, c'est un peu le sens de ce que disait Régis Debray il y a peu.

Je ne suis pas dans les méandres du cerveau de Bang bang Bayrou mais il me donne l'impression d'avoir senti cela depuis longtemps sans doute par ses attaches et son fond idéologique. Il se retrouve du coup en général plus à gauche que la partie la plus visible des dirigeants du PS. Il aspire l'aile droite du PS mais en plus il le contourne depuis un long moment, non seulement par ses ailes écologistes et républicaines mais même par la mouvance alter.

  Tout cela devient d'autant plus dangereux que le PS se rapproche progressivement d'une situation au moins équivalente à ce qui s'est passé aux congrès de Tours de 1920 ou de 1933 à la Mutualité, générateurs de scissions. Il n'est pas impossible du tout que nous assistions tôt ou tard à une implosion (entre autres aux élections européennes) inversée sur plusieurs points par rapport à ces deux dates. C'est à dire que la ligne gauche soit minoritaire mais campe sur ses valeurs de justice sociale et d'émancipation de la personne humaine, prône un retour de l'Etat stratège et un retour réel vers les classes populaires et moyennes réunies, dépasse même tout cela par un rééquilibrage vers l'idée de conservation, de république et de patrie ainsi que d'écologisme au sens large.

 

La nouvelle droite et la République :

Ce contexte explosif et aux accents révolutionnaires trouve son écho dans une question de monsieur Apathie à l'invité (J.F. Kahn le 21.02.2008) sur Canal + : « elle est républicaine ou non la droite ? ». L'appel à la vigilance républicaine d'il y a quelques mois montrait des inquiètudes réelles ; lors de ces récentes interventions comme sur BFM TV, Bayrou va plus loin en désignant des hommes qui sortent du consensus républicain et par là il prétend prendre le flambeau de la République . Il en a bien le droit et je ne lui conteste pas du tout le fait d'être républicain, lui, mais ce serait bien triste et pas forcément bon signe (vu son programme) pour l'avenir de le laisser seul porter cet étendard !
La République, idée en constante évolution se caractérise plutôt par les point suivants : liberté, égalité, fraternité (d'autres parleraient de solidarité), laïcité, unicité et une certaine idée du sens moral et du rapport à l'argent. Faut il donc désormais dire que les hommes de cette droite au pouvoir ne sont plus des républicains et quelle conclusion en tirer si c'est le cas ?

  Liberté :

- Pouvoir enfermer une personne non pour ses actes mais pour la possibilité que cet individu les fasse est déjà une trangression très grave mais quand en plus le Président, garant de la Constitution essaie de contourner le Conseil constitutionnel pour obtenir que la loi soit rétroactive, là on sort totalement des bases républicaines. Pour mémoire il n'existe qu'un seul cas historique d'un tel acte que le film « section spéciale » de Costa-Gavras raconte fort bien : Vichy. Et pourtant le premier exemple a été voté (loi sur la rétention de sureté) et le deuxième a eut lieu même si ce fut en vain (heureusement).

- Permettre que le travail ne passe plus par le loi mais le contrat et soit donc de gré à gré, c'est à dire de patron à employé, que les heures de travail puissent aller jusqu'à 60 ou 65h pour les employés qui l'acceptent (sic) et pire (grâce à un accord européen récent d'opt out) de pousser jusqu'à 78h (les règles actuelles permettent dans les faits d’enchaîner 78 heures de travail par semaine), ceci tout à fait légalement ; qu'en parallèle on conteste le droit de grève sous prétexte de ne pas géner les autres travailleurs ; tout cela consiste à attaquer de front l'idée de droit et donc de liberté au sein du monde du travail ; c'est en effet la loi si elle est juste et donc légitime qui émancipe l'homme, la refuser c'est vouloir la jungle et la loi du plus fort comme mode d'organisation ; l'employé retourne à des conditions antérieures même à la révolution industrielle en France. Il ne s'agit pas de dire que personne ne travaille 60 h actuellement (c'est le cas de beaucoup de gens, par exemple pour les chefs de rayons en grande surfaces), mais prendre une situation de soumission extrême comme référence pour l'organisation sociale c'est sortir de l'idée républicaine.

- Pousser à la concentration la plus forte possible dans la distribution (la grande distribution représente 95% de l'alimentaire et 5 centrales d'achat font la loi par exemple) sous prétexte de concurrence économique, soutenir la rente contre le travail (par exemple au travers du paquet fiscal voté en 2007) à l'inverse même de ce que défendent les vrais libéraux ou afficher quasi ouvertement sa volonté de contrôler les outils médiatiques de masse (notamment télévision et institut de sondages) par la désignation directe ou la main mise au travers d'amitiés industrielles, c'est là encore une sortie nette de la séparation des pouvoirs, et donc de l'idée républicaine. Montesquieu ne parlait pas des médias mais il faudrait être un sacré benêt pour ne pas prendre en compte ce qu'on appelle souvent le 4ème pouvoir : les médias.

- Pousser à contrôler les citoyens au travers d'outils type caméras comme l'ami de Sarkozy (Balkany) l'a si bien fait dans sa ville d'Antony ou par des drones (projet ELSA présenté au salon Milipol dont les expérimentations ont eu lieu en Seine Saint Denis) pour contrôler divers lieux et en particulier les fameuses « cités », tout ça va dans le sens d'une hypersurveillance ; il ne s'agit pas de permettre de trouver des solutions aux tensions mais de donner l'impression qu'on a l'oeil partout et qu'on contrôle la situation. C'est parfaitement idiot d'ailleurs en terme de résultat puisque le traitement de l'information est souvent ingérable et que de plus le problème se déplace géographiquement, la seule solution consiste à aller vers un contrôle technologique effréné du territoire y compris dans la sphère privé.

Ces 4 exemples parmis d'autres montrent bien que ce gouvernement tourne résolument le dos à la République, quelqu'en soit les nuances : pas de séparation des pouvoirs, absence de l'idée de droit, absence de choix économiques, hypersurveillance.

 

Egalité :

- Où est l'égalité quand l'inégalité bat des records en France, où la concentration de richesses écoeure une immense partie de la population : des travailleurs pauvres en augmentation (rapport 2007-2008 de l'ONPES : 1,47 millions en 2003 et 1,74 millions en 2005), des recours aux restos du coeur en augmentation, des travailleurs à la précarité imposée en augmentation, des retraités pauvres en augmentation (la grande majorité des pensions de retraites sont inférieures au SMIC ; le taux de pauvreté chez les plus de 65 ans est passé de 14% en 2004 à 16 % récemment)... où est l'égalité quand le salaire des grands patrons pour l'année 2007 va de 3 siècles à plus d'un millénaire de smic brut, quand des patrons incompétents (et bien souvent corrompus) coulent leurs entreprises mais partent avec des avantages financiers pharaoniques. Quand on cherche à suppprimer le plus possible les droits de succession ce qui accélère fatalement la concentration du capital et n'aide que la rente! (Blum rappelait d'ailleurs que pour changer la société en profondeur il existait deux moyens majeurs dont l'un était de toucher aux droits de succession). Quand 479 contribuables récupèrent 117 millions d'euros soit plus de la moitié de l'enveloppe budgétaire du bouclier fiscal et qu'en face on trouve les 8715 foyers très modestes touchant 6 millions d'euros au total,; faites la division! Quand ce gouvernement se gargarise du développement de heures supplémentaires, alors que cela n'aide que ceux qui ont déjà un travail (si ça ne détruit pas leur santé...) au détriment de ceux qui voudraient sortir du temps partiel ou simplement avoir un emploi. Ce n'est pas la valeur travail et l'égalité qui sont valorisées, c'est la rente et l'inégalité qui deviennent la norme. Le tout étant de savoir « communiquer ».

- Où est l'égalité quand les moins riches n'ont pas d'autres choix que d'aller s'installer aux delà des centres villes, au delà même des banlieues accentuant encore leur difficulté à trouver du travail et le coût de leur déplacement. On peut parler d'une société de propriétaires, ça oui, mais quand on aura fait miroiter aux uns le mode de vie aisé des autres et que les prêts ne pourront être remboursés, qui payera et qui plongera ?

- Où est l'égalité quand l'éducation est un lieu de reproduction sociale plus puissant qu'il y a quelques décennies comme le montre la provenance des « élites » (élite n'étant pas un synonyme obligatoire de tête d'oeuf déconnectée) et que pour faire bonne mesure on détruit la carte scolaire, ce qui met tant de petites mairies au bord du gouffre et accentue à outrance un école à plusieurs vitesses ; rien n'est plus facile que de « trier » sa population scolaire quand il n'existe plus de contrainte géographique. Les pauvres avec les pauvres !

- Quand le niveau des retraites diminuent, qu'on pousse les plus âgés à reprendre le travail, qu'on veut limiter le remboursement des lunettes ou des traitements pour les longues maladies (cancer ou sida notamment), il s'agit explicitement de soutenir ce que défend le très humain Denis Kessler depuis des années : que le gâteau social qui est énorme puisse passer dans l'escarcelle du privé au travers de mutuelles complémentaires, et qui pourra se les payer sinon les riches! Les autres n'auront qu'à se dégrader ou mourir et « dans le silence s'il vous plait , un peu de décence! Vous n'aviez qu'à être un winner! »

- Introduire le contrôle par l'ADN est en ce sens une des actions les plus perverses car elle a déculpabilisé l'idée d'utiliser la génétique pour séparer des individus. Or on sait que la déterminisme anime profondément cette droite et notamment N. Sarkozy ; on se souvient de son échange avec M. Onfray où la pédophilie ou le suicide tendaient à être (à ses yeux) un problème génétique. Ce déterminisme attaque de front non seulement l'idée d'égalité des hommes puisqu'ils seraient par essence sains ou malsains mais encore la liberté, c'est à dire la capacité de l'homme à s'émanciper, à évoluer. Que devient l'utilité de l'éducation, du travail social dans cette idéologie!

 

L'égalité n'est pas le soucis de ce gouvernement, au contraire, il souhaite ardemment promouvoir l'inégalité car l'idéologie est la suivante : qui ne réussit pas est un looser, son problème c'est lui et lui seul! La société n'existe pas et il n'y a donc aucune raison de maintenir collectivement à flot des gens qui de toute façon n'ont aucune raison de monter car ils sont des perdants par nature! Il y a là un rejet profond encore une fois de ce que défend l'idée républicaine.

 

Fraternité :

- L'idée de collectivité n'existe pas pour cette droite là ; la tendance est clairement au darwinisme social et même au déterminisme. Aller vers une idée de solidarité est totalement stupide pour ces gens, il s'agit pour eux d'une assistance contre productive et même dangereuse. C'est ce qui explique les choix en matière de retraite, de santé, de fiscalité ou de manière plus générale l'orientation sociétale et économique.

Quand on s'entoure et qu'on glorifie les expatriés fiscaux on montre clairement la voie : « non à la solidarité, je ne resterai dans l'arbre que si je garde mes noisettes! »

Il y a bien là un mélange de légitimisme, d'orléanisme et de bonapartisme : le sentiment d'être intrinséquement différents de la populace ; issus d'une société sans contrainte ni assistance pour faire émerger ceux que leur essence rend gagnants (même si la cuillère d'argent ça aide à mieux grandir ; beaucoup s'enthousiasment d'ailleurs pour ces winners venus des « minorités visibles » mais qui pensent en fait le monde pareil, tels ces français, immigrés du travail, qui encensent le modèle anglosaxon sur les plateaux télé) ; plébiscité au pouvoir pour éclairer le peuple ignare et dangereux.

 

Laïcité :

- L'espérance par la religion et non par le changement social comme l'explique N. Sarkozy dans ses textes et ses interventions, son soutien à l'encadrement des zones urbaines sous tensions par les religieux (ou les crs dont ce n'est pas le travail non plus), ses voyages et ses tirades qui mettent par exemple sur le même plan l'Arabie Saoudite et la République Française ou lorsqu'il s'honore d'être Chânoine d'honneur et met en scène son voyage au Vatican, tout ça montre une volonté d'instrumentaliser la religion pour contenir le social et en particulier les seuls endroits où une cohésion peut se faire car l'habitat est concentré et proche des centres, ces fameuses banlieues (pas de problème avec les masses populaires au delà des banlieues, ils sont dispersés et au pire ça donnera des petites jacqueries sans conséquences).

 

Unicité :

- Lorsqu'un Président fait un discours offensif à la tête de son parti, qu'il stigmatise systématiquement des parties de la population pour obtenir le soutien d'une autre, qu'il soutient ouvertement un sytème où l'individu et la revendication communautaire sont supérieures à la citoyenneté alors il sort totalement là encore de l'idée républicaine.

 

Une certaine spiritualité :

- Parler aux professeurs en leur disant que ce qu'ils attendent c'est le pouvoir d'achat, l'argent, le fric et rien d'autre, même pas ce qu'on en fait. C'est non seulement un affront à ce que beaucoup vivent, mais c'est un affront à l'idée d'éducation et aux valeurs qui font qu'on excerce ce travail. Les enseignants comme les journalistes ne sont jamais neutres dans leur transmission du savoir. Ils portent un système de valeurs qu'ils le veuillent ou non. La IIIème République l'avait très bien compris. Ne mettre en avant que cet aspect financier c'est résumer l'acte éducatif à un seul critère, le fric. L'argent est présent fortement dans le travail mais si on ne résume le travail qu'à ça alors on réduit les gens à des coquilles vides pour qui cette immense partie de la vie ne sert à rien sinon à faire du fric et donc on nie la valeur profonde d'épanouissement, le plaisir du travail bien fait... dans des conditions humaines. Cette conception plus spirituelle me parait être  simplement dans la ligne de ce que défendait le duo Blum Mayer en 1946.
La République c'est aussi la volonté d'émancipation et d'élévation conjointe et liée de l'individu et de la collectivité.

 

 La conclusion est assez simple, ces gens ne font plus partie de la communauté républicaine et ils sont les acteurs zélés d'une destruction systématique de ce que plusieurs générations ont patiemment bâtis avant eux. Ces enfants nourris et élevés par la République ont décidé sans aucun remord de la tuer.
Il y a quelques mois nous avions sans doute raison de rester dans l'attente et la vigilance, désormais la réponse est nette et ferme : si nous pouvons sans excès déjà douter de leur attachement à l'idée démocratique, un point est certain, cette droite là n'est plus républicaine, elle est sortie du consensus.
N'étant plus légitime à nous gouverner sous cette appellation il me paraît toutefois sain de ne pas contester sa légalité ; cependant il est temps d'assumer clairement cette accusation et de le dire publiquement.

Laisser Bayrou le faire seul c'est une erreur catastrophique pour le PS et peut être même le coup de grâce. Mais pour ça il va falloir que certains socialistes soient écartés des leviers de commande du PS car je ne crois pas sauf choc qu'ils soient capables de saisir à quel point ils se sont eux même éloignés du projet républicain. Oui Bayrou a parfaitement le droit de tenir ce discours, il est même souvent plus républicain et plus à gauche que bien des ténors socialistes (c'est pour dire), mais se regrouper autour de lui ce serait soutenir le héraut de l'Europe de Barroso.

Bien sûr le PS peut être fier de compter des défenseurs de l'idée républicaine et il me semble plus à même de fédérer largement un néo CNR, oui mais à condition de choisir le point pivot vers la gauche du parti ou dans une coalition qui s'appuie largement sur elle... à condition. Si tel n'est pas le cas, Bayrou aura encore augmenté ses chances d'avoir raison du PS et de ses leaders « enbullés » sans épaisseur ni vision.
Or sans prise en compte du chaos social, aucune action sur la priorité écologique et le concept destructeur de croissance, la question républicaine, économique et sociale, européenne et internationale, la question spirituelle ne portera de fruits ; la dégradation s'accélèrera même. L'éducation et les médias sont 2 points majeurs pour la bataille idéologique mais c'est inutile sans remettre en cause enfin  2 éléments :  la primauté du libre échange et l'assèchement de la redistribution. C'est pourquoi Bayrou, comme une large partie des instances du PS trop fatalistes ou perdues (dans tous les sens) ne sont pas à mes yeux une solution viable.

La France c'est une histoire et un espace vécu, transcendé dans la République, idée en mouvement et non monolithique mais à laquelle la droite sarkoziste n'appartient plus, ses transgressions majeures le montrent. Elle ne veut ni du droit par la loi commune, ni de la liberté économique qui menacerait ses acquis, ne tolère la liberté politique que par la démocratie molle noyée sous l'afflux d'information et de propagande, une éducation populaire minimale, une peur entretenue et un rebond confessionnel qui détourne de la cité des hommes, elle nie la solidarité sauf l'idée de réseau « utile » dans la sphère dominante et exhibe sa fascination pour le matérialisme le plus grossier, l'idée de puissance et l'argent, son trophée excrémentiel.

Mais en fin de compte pourquoi défendre tant la République me direz vous ?
Bien sûr pour maintenir un projet de cohésion et constructif pour notre collectivité. Et pour ça il nous faut retisser des liens forts vers le passé, Jaurès, Clémenceau, Blum ou Mendès France mais aussi De Gaulle et bien d'autres qui chacun à leur manière ont donné des réponses sur l'importance de l'unité et de l'idée républicaine ; mais aussi de nouveaux liens avec les porteurs d'un enrichissement républicain par la pensée écologiste et la réflexion sur l'accroissance.
De tout cela émerge une tension et une complémentarité constantes et constructives entre le local et le lointain, la nation et l'international, l'individu et le collectif,  la matière et la spiritualité, l'action et la morale,  l'homme et son environnement, la profondeur de la vie et la nécessaire légèreté, la méfiance en l'homme et la volonté malgré tout de croire qu'il peut faire le bien.
Mais la raison est bien plus grave : parce que les crises majeures et croisées qui arrivent à grande vitesse ont toutes les chances ne pas laisser grand chose debout, entre autre « l'humain ».
Pour affronter ces tempêtes il nous faudra des hommes d'une autre profondeur et une idée qui nous relie.

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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