Dimanche 15 juin 2008
 Réaction à l'article de Rue 89 " Europe : vos 10 raisons pour ne pas l'aimer"  (14.06.2008)

Pourquoi dire non aux mules savantes

 

Je vais tenter de reprendre et étendre un peu les arguments :

 

1 L'Europe tend à appauvrir la majeure partie de ses populations et devenir l'idiot économique du village mondial

 

2 Elle s'éloigne à grande vitesse des principes démocratiques et accroît le fossé avec les exclus, les classes populaires et moyennes. Bipartisme à tout prix voire coalition ou ouverture car les différences ne sont que nuances faibles ou bien encore refus d'écouter les peuples illustrent entre autre cette tendance.

 

3 Elle dilue les Etats sans rien créer en substitution internationalement sauf à s'engluer dans la vassalisation américaine et l'occidentalisme

 

4 Elle divise et oppose les peuples de manière croissante

 

5 Elle nie l'histoire longue, l'unicité et la culture des peuples par des rêglements détestés en stimulant plus ou moins volontairement les étages inférieurs des Etats (régions) ou les communautés diverses.

 

Magnifique... mais le pire et presque le plus tristement comique c'est le dernier point pour lequel nous avons tout intérêt à rejeter l'orientation et donc les textes actuels :

 

6 L'Europe est en train de se suicider à toute vitesse.

Comme directions je distingue deux grandes tendances très lourdes :

- Soit elle ne sera qu'un agrégat d'oligarchies avec votes censitaires pour pouvoir résister aux peuples majoritairement opposés partout, c'est la tendance actuelle très clairement par l'organisation des institutions européennes et les choix de ne passer que par les voix parlementaires.

Sur ce point nous avions ce matin un bel exemple de déni sur France culture, M. Michaud dans l'émission "l'esprit public" qui soutenait S. Royal dit clairement qu'il est opposé aux modes référendaires ; pourquoi ? Sa réponse est claire, avec ce mode on ferait voter n'importe quoi aux peuples, sous entendu les peuples ne sont pas éduqués comme les élites éclairées, elles ne savent pas ; ça s'appelle l'oligarchie. Mais cet argument si souvent rabaché a une énorme faille, il peut se discuter pour des sujets divers mais absolument pas lorsqu'il s'agit de définir les rêgles du jeu. Or c'est bien de ça dont il s'agit, ce n'est pas un point ou un autre, c'est la rêgle du fonctionnement qu'on dissumule sous un charabia volontairement complexifié.

Encore une fois la démocratie repose sur la tension continuelle entre des représentants et directement la population. Ni les élites ni les peuples ne sont exempts de faire des conneries monumentales, choisir un des deux comme seule voie de la sagesse est une ânerie. Mais la rêgle de fonctionnement pour être acceptée doit être mise sur la table commune.

 

- Soit et c'est le plus probable les populations utiliseront le vote ou la violence pour tordre le bras des oligarques en les obligeant à tuer l'Europe.

 

Dans tous les cas l'idée d'Europe est en train d'être sacrifiée par des mules savantes qui vont tout droit vers ce qu'elles croient fuir.

 

On nous parle de libertés, de démocratie, de développement, de partenariat et regardez le résultat ! Quelle réussite ! On nous parle d'Europe et dans les faits moi je vois de moins en moins d'Europe, dans les têtes et au niveau international. D'ailleurs je ne suis pas le seul à m'inquiéter car finalement pourquoi quelqu'un comme M. Bourlanges a rendu son mandat européen ? Pour des arguments souvent opposés mais au final il symbolise bien l'enterrement progressif de l'Europe. Une fois de plus après Rome, les Hasbourg ou Bonaparte je crains fort que le résultat soit le même : rien.

 

 

 

 

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Mercredi 28 mai 2008

Texte envoyé sur Gauchevenir suite à une présentation du dernier ouvrage de Manuel Valls

L'intérêt qu'on peut avoir à rappeler le débat Clémenceau Jaurès vient aussi largement de la vision qu'ils ont respectivement de l'homme. Je vais simplement citer l'ouvrage de M. Winock "Clémenceau" :"il y a un optimisme qu'on peut qualifier d'anthropologique chez Jaurès", "L'idéalisme de Clémenceau, car il faut bien parler d'idéalisme chez cet homme qui croit aux valeurs républicaines, à l'héritage lumineux de la Révolution, et d'une certaine façon à la mission de la France, cet idéalisme est mêlé de septicisme sur la nature humaine". "Jaurès dénonce l'ennemi du genre humain dans le Capitalisme ; Clémenceau le voit dans l'homme lui même".Tout est concentré là.

 

Sa critique du libéralisme (déjà) est virulente, pour autant il refuse le collectivisme tel qu'il est pensé à l'époque. Il voit le progrès comme lent et discontinu, souligne la capacité de l'homme à se détruire et montre sa lucidité sur la future Première Guerre mondiale contrairement à Jaurès. C'est une vision qui le rapproche de ce que l'écologie porte bien souvent, l'homme n'est pas au dessus de son environnement et compter sur la clairvoyance qu'il aurait de sa fin prochaine s'il continue sur cette voie est une illusion.

 

En ce qui concerne ce point je comprends la critique sur Jaurès dont la vision serait trop chimérique. Pour autant Manuel Valls ferait bien de reprendre aussi à son compte l'imense espoir que Clémenceau a porté tout au long de sa vie de travailler avec les socialistes, dans le soucis d'agir au présent pour la justice sociale et non pour adapter la population au type de capitalisme ; pour Clémenceau "la suppression de la patrie ne supprimerait point l'égoïsme humain" donc il est erroné de voir dans l'Etat et la Nation un inévitable promotteur de chaos.

 

Enfin la critique des libéraux faite par Clémenceau est plus que ferme :"tout leur art consiste à faire courir des culs-de-jatte ficelés dans un sac contre le vainqueur du dernier Grand Prix de Paris" ou encore "Qu'est-ce que votre laissez-faire, votre loi de l'offre et de la demande, sinon l'expression pure et simple de la force?". Manuel Valls serait bien plus utile et cohérent s'il reprenait à son compte cette colère comme le dit si bien Benoit Hamon et demandait, tout petit exemple, à nouveau comme Clémenceau autrefois un impôt (réellement) progressif sur le revenu ; quand on est passé de 13 à 5 tranches depuis 15 ans on prend les classes populaires et moyennes pour des crétins. Il pourrait militer pour un choc fiscal et mieux encore pour des nouvelle socialisations ou renationalisations. Au lieu de cela il n'a d'autre soucis que de coller à un cap libéral en modérant juste la vitesse. Illusoire et autodestructeur...

(rajout postérieur au texte envoyé sur Gaucheavenir)
Dernier élément qu'on aurait peut être tort de mettre sous le tapis, le souvenir de la Commune reste sans doute vivace chez Clémenceau. Maire de Montmartre, en désaccord profond avec les Versaillais, soutien constant de Louise Michel, il faillit payer de sa vie sa volonté de conciliation entre Versaillais et Communards. Le souvenir de la colère aveugle de la foule de Paris n'est sans doute pas étranger à ce choix de l'ordre. Il aura le souci constant de comprendre les colères du peuple tout en cherchant à éviter le risque de violence urbaine. La méfiance envers les débordements pulsionnels de la foule en rage est à l'origine de cette image de briseur de grève.
Ni l'élite d'où qu'elle provienne, ni le peuple dans sa globalité ne sont une source immuable de vérité, privilégier l'un des deux est une ânerie dangereuse, c'est l'écoute et la tension continuelle entre ces deux autorités qui permet la paix sociale. On peut critiquer les actions de Clémenceau mais elle n'ont pas pour fondement un reniement de la cause sociale.

Jaurès ou Clémenceau, mieux vaut les deux qu'un seul, leurs oppositions aboutissent dans le temps et par des choix de chaque bord à une belle complémentarité. Une cathédrale ne tient pas que sur un seul pilier.

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Mardi 27 mai 2008
Texte envoyé à rue89 

Sarkozy et Delanoë : les libertés au panier !

 

La sortie du livre de Bertrand Delanoë produit de nombreuses réactions dont l'essentiel tournent autour du libéralisme revendiqué.

Le résultat a été une réaction de rejet pour beaucoup hors et dans le PS, qu'il s'agisse de minauderies pour cacher un accord évident comme S. Royal ou une opposition plus construite et profonde comme B. Hamon ou L. Fabius. Mais derrière ce tournis médiatique se cache un problème essentiel et une réalité totalement différente de ce qui nous est montré. Prenons deux acteurs politiques :

- Nous avons un N. Sarkozy qui nous est montré par certains néolibéral à tout crin ou bonapartiste au petit pied.

- Un B. Delanoë présenté comme un homme de gauche raisonnable ou un bobo libéral politiquement mais aussi économiquement.

En vérité nous n'avons là que deux faces d'un même visage : appelons ça antilibéralisme ou tout bêtement une politique de réduction des libertés.

 

I Des « réformes » HQL (haute qualité libérale) :

Quelques exemples récents parmis beaucoup d'autres : les OGM et la réforme de la loi Galland.

Dans les deux cas nous constatons la mise en avant d'un principe de liberté revendiquée, comme le disait la grande prêtresse Parisot « de l'air » et pour résultat réel la main mise de quelques uns sur ce qui reste de vraiment libre.

Toute la politique suivie aussi bien par la plus grande partie de la droite qu'un partie de la gauche prétend libéraliser mais connait un scénario à peu près identique : un passage plus ou moins rapide par une période de chaos avec multiplication des offres et au final la concentration et la fin de la concurrence. Ainsi les OGM mettront les semences, c'est à dire l'alimentation sous la coupe de Monsanto ou au mieux d'un autre groupe ou organisme possédant les brevets. Situation identique pour la réforme de la loi Galland. Le choix va se réduire encore, les enseignes vont dévorer les infimes pourcentages encore existant de petits commerces, écraser encore plus les producteurs puis se dévorer entre elles avant d'établir un nouveau Yalta de la distribution.

Delanoë n'a certes pas soutenu ces réformes mais le positionnement global reste sur la même ligne économique que Royal, Valls ou Moscovici : une adaptation à la globalisation par l'hyperqualification et l'espérance dans des instances internationales, à part ça on ne peut rien faire car il y a trop de blocage... capitulation du politique face à l'économique.

Le libéralisme économique, l'hyper valorisation de la concurrence prônée par Sarkozy ou Delanoë & Co a pour conséquence directe la mort des libertés économiques. Etonnant ? Pas du tout, comme tout système extrêmiste il agit comme un parasite et finit par tuer son hôte.

 

II De la modération jusque dans la démocratie :

Commencons donc par appeler les choses par leur nom, nous avons affaire à des extrêmistes ou au mieux des dogmatiques, qu'ils soient partisans d'une adaptation rapide au type de capitalisme actuel ou d'y entrer à vitesse modérée... le résultat est le même.

Or le problème que posent ces extrêmistes est qu'ils embarquent avec eux toute forme démocratique, c'est à dire qu'ils détruisent en parallèle la liberté politique. Rien de surprenant ; en détruisant méthodiquement tout consensus social, en affaiblissant le système éducatif et en paupérisant la plus grande partie de la population, classes moyennes et populaires, ils construisent la violence, ce qui crée de la part de l'essentiel de ces mêmes populations une demande d'ordre et de repli. Un exemple parmis d'autre, le traité dit « simplifié » (sic) n'a pu passer qu'en contournant la population comme d'ailleurs dans la plupart des pays européens ; s'asseoir ainsi sur l'idée démocratique en dit long sur le rapport de plusieurs partisans du oui avec la liberté politique et avec la population. Un autre encore lorsque la réthorique de gauche se limite à victimiser les « banlieues » sans voir qu'elle passe sous silence total l'immense partie des classes populaires qui vivent au delà des banlieux et subissent l'absence d'intégration territoriale (transports, culture, services publics en général...), les délocalisations, concentrations et dégradations de leurs conditions de vie dans l'invisiblité et la frustration croissante d'être niée.

 

La solution pour avancer, qu'elle soient cyniquement voulue ou inconsciemment crée c'est d'aller progressivement vers une combinaison moins étrange qu'il n'y paraît : on libéralise tout en faisant monter la surveillance, l'autoritarisme et le repli identitaire. Pris dans cette logique les plus internationalistes, libéraux ou républicains seront progressivement au pied du mur et certains auront le réflexe salvateur de descendre du train. Mieux vaudra leur ouvrir les bras que les chasser à coup de fusil dans les fesses.

Cette synthèse n'a rien de nouvelle, elle avait été pensée au sein du Club de l'Horloge où siègiait B. Megret : le national libéralisme. On ne peut être surpris quand on constate qu'effectivement le FN a été absorbé par l'UMP, c'est à dire que ses idées ont été digérées et sont progressivement resservies nationalement par soucis électoral mais aussi par la pente naturelle de l'UMP depuis un certain temps. Nul besoin d'être passé par le même club pour arriver à ce résultat, il suffit de vivre en vase clos, d'être immergé dans un groupe social qui aura par la force des choses la même pente naturelle.

 

III Divisons, divisons, il en restera toujours plus de rien :

Pour aboutir à un tel résultat l'outil utilisé est souvent le même, on divise pour écraser. Ainsi la Nation, c'est à dire la collectivité nationale est progressivement divisée par la décentralisation ou la communautarisation. La Charte des langues régionales ou les lois mémorielles comme celle votée en mai 2001 à l'inititative de Madame Taubira donnent une forte dynamique à des logiques d'oppositions communautaires (juifs contre noirs, bretons contre parisiens etc). Déstructurer les rares remparts au mécanisme de rouleau compresseur de la mondialisation a une conséquence claire : affaiblir la capacité de résistance et de contre proposition. Beaucoup de nos élites le font de bonne foi, croyant agir pour le bien de tous ; cela s'explique largement par « le plus jamais ça » ; l'Etat comme le protectionnisme ne pouvant aboutir dans leur tête qu'à la guerre et à quelque chose d'équivalent au nazisme. Interprétation traumatique, méconnaissance historique et économique, le XXème siècle est passé par là, en particulier les deux guerres mondiales...

En attendant nous subissons une politique à la Bernard Blier : « j'éparpille façon puzzle ».

Ce processus de division systématique est utilisé à tous les niveaux : volonté de séparer l'école maternelle du primaire ou d'introduire des contrats de droit privés dans l'enseignement, d'opposer travailleurs « qui se lèvent tôt » et chômeurs «glandeurs » ou fonctionnaires « fainéants » et « valeureux » travailleurs du privé etc.

On développe voire on crée des antagonismes pour faire passer des changements. Et même on amplifie le désarroi en donnant aux plus pauvres tout en tapant sur l'essentiel des classes moyennes et populaires. Ce qui permet de passer pour un Etat qui se préoccupe de social tout en créant les conditions du racisme social. Un bijou de cynisme.

Libérer les forces, voilà la devise, dommage que derrière se cache un autre but : libérer pour opposer et affaiblir.

Il s'agit de combattre cette logique de morcèlement qu'elle soit territoriale ou sociale ; il s'agit de recréer des logiques de liens, avec les les ouvriers, employés, fonctionnaires (catégories dont l'éloignement avec la gauche risque de s'aggraver encore) mais aussi au delà avec des groupes parfois adversaires dans le passé comme les artisans, petits commerçants et en particulier les paysans, milieu en mutation et logiquement traversé depuis un moment par des tensions fortes ; c'est à dire une frange de l'électorat jusque là de droite conservatrice et globalement celui gaulliste en se dégageant d'un groupe de gauche destructeurs de libertés économiques et politiques. Une association de producteurs, d'exclus et de défenseurs (de toute classes sociales) d'un fonctionnement socialisant et durable.

 

IV Plus de Lumières pour voir plus noir :

Il ne faut pas se voiler la face, le capitalisme financier produit de l'hyper concentration et de l'externalisation, c'est à dire une multitude de petites boites prises à la gorge au service d'une petite minorité d'entreprises. Il entraine le retrait des libertés en acceptant la torture comme à Guantanamo ou l'hypersurveillance dont parle J. Attali dans « une brève histoire du futur », procédés utilisés soit disant pour préserver les libertés mais qui n'existent que pour répondre au désorde sociétal et international crée par ce même capitalisme superprédateur.

L 'émancipation de l'individu, le prolongement des lumières a crée son propre poison, un amas d'individus à l'opposé d'une société, un amas dominé par quelqu'uns. Thatcher disait qu'elle ne connaissait pas la société mais des individus, elle ne faisait que mettre sur la table la vision que beaucoup de nos dirigeants ont du monde désormais.

Pour parler au  peuple, pour avoir ses voix dans un système où le vote non censitaire reste la rêgle de fonctionnement, c'est très pratique de voir les catégories perdantes s'abstenir, c'est à dire les classes populaires et moyennes. Mais régulièrement les citoyens s'invitent et renversent la table comme en 2005, le risque est donc grand qu'à terme se pose ce dont parlait E. Todd, la question d'un vote censitaire.

La peur de l'Etat et du protectionnisme naissent d'un souvenir traumatique de certains et d'une interprétation pour le moins farfelue de l'histoire économique. Mais le résultat de ce libéralisme forcené est exactement le contraire de ce que beaucoup attendent : l'Europe est quasi morte dans l'esprit d'une majorité de la population, la xénophobie  sous toutes ses formes et le replis identitaire montent en flèche, les libertés économiques et politiques se réduisent comme peau de chagrin. Beau résultat !!

Quand un système a été trop loin il crée les conditions de sa propre mort, les Lumières prônaient la libertés de l'individu, elles sont en train de produire son aboutissement : la négation de l'individu. Le « je » qui tue le « je », le « je » qui domine le « nous », rien de surprenant à entendre une Royal parler sans arrêt à la première personne...

 

Face à ces étrangleurs des libertés, à ces soviétiques du monopole privé, au discours débilitant et aussi robotique que celui du frêre Popov de la grande époque, il nous faut de la tractation, du rassemblement, de la cohésion.

Prônons un juste équilibre toujours en mouvement entre collectif et individuel, entre égalité et liberté ; défendons cela à égale mesure contre ses ennemis qu'ils viennent de Sarkozy & Co, des Delanoë/Royal/Moscovici/Valls ou d'une petite frange de la gauche et de l'écologie extrême qui est nourrie par l'intolérance, la négation de l'individu ou de l'humain.

La solidarité est la clef, qu'elle soit avec la vie qui nous entoure, ni au dessus ni en dessous, qu'elle soit entre humains sans la naïveté de croire ou de faire croire comme F. Bayrou que le rapport de forces avec les gagnants actuels n'existe pas.

 

http://clavaboudchuc.over-blog.com

 

 

 

 

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Vendredi 22 février 2008

Réaction au passage de J.F. Kahn au Grand Journal de Canal + (21.02.2008)

Après revisionnage voici ce qui me vient à l'esprit en dehors d'un certain dégoût mêlé de colère


L'appel est clair, il parle de "dérive" pas d'un état de fait déjà avéré :
donc lorsqu'Apathie explique que depuis que Sarkozy est élu démocratiquement on ne peut pas parler de monarchie élective, que jamais depuis cette date la Constituation n'a été violée, il a soit un problème avec le vocabulaire, soit un déni flagrant même inconscient, soit un refus conscient.
Une tendance n'est pas une situation définitive, tranchée.

Les amalgames que citent JFK ont bien été tenus et ce dernier ne parle pas de tout le monde (donc des personnes sur le plateau) comme le sous entend Denisot.

Monsieur Apathi avance un argument mal tourné : la volonté de montrer que la droite n'est pas républicaine. Oui une part cherche à dire que c'est déjà le cas, mais on est loin de la tendance qui dit comme dans ce manifeste que les nuages s'accumulent et que nous devons être vigilants, en clair nous n'y sommes pas mais certaines dérives nous paraissent inquiètantes. Encore une fois il s'agit de tendance. Problème de vocabulaire ou de réflexion cher Apathie.
On pourrait rappeler par ailleurs que beaucoup d'opposants soutiennent que cette volonté de créer un climat de guerre civile est justement le fait de Sarkozy depuis plusieurs années, que cet homme se nourrit du conflit. Comme dans le cas du people il a utilisé cela il a donc suscité des comportements et des manipulations identiques, triste retour de choses mais prévisible.

Ensuite monsieur Apathie fait de l'injonction « elle est républicaine la droite ou pas ? » évidemment qu'on ne peut pas répondre non, ce n'est pas une question c'est la volonté d'enfermer l'autre dans un non débat. Le problème est sur sa dérive, pas sur un état de fait encore une fois. Le contraire de tout travail de réflexion, d'échange, de travail journalistique.

JFK en revanche, je crois, a tort de dire qu'il ne voit pas un risque pour la République lorsque Ali Badou lui pose la question.

Ensuite bétises ou idioties tout un chacun peut se faire un idée du niveau de déni de Denisot et d'Apathie dans cet échange

Mais le meilleur et le plus parlant n'est pas là. Certes la presse n'est pas muselée ou sans pluralisme mais... ami Badou, comment expliquez vous que Marianne enregistre de tels scores de vente ? Simplement et vous le savez parcequ'il est devenu l'organe principal d'opposition. Libération et Le Monde, à tort ou à raison (malgré les tentatives de Joffrin) sont perçus comme participants du même combat. Pourquoi ? Parceque vous semblez ne voir que l'opposition entre une gauche représentée par Moscovivi, Guigou, Rocard, Strauss Kahn.. et la droite au pouvoir. Comme si le débat se résumait à ça dans les têtes ! Comme si le haut pourcentage de vote de 2007 impliquait un magnifique retour de la démocratie, un ralliement total aux idées de l'UMP ou du PS, à Sarkozy ou Royal ; réellement quelle analyse !!
En vérité ces organes de presse sont désavoués depuis longtemps en dehors même du problème de fond qu'est la grande difficulté de structuration politique des citoyens.
Un autre élément illustre très bien cette erreur de fond : Apathi est présenté par Denisot comme impartial ; Apathie crie haut et fort qu'il n'est pas le commis de quelqu'un. Mais ce n'est pas le propos de JFK, ni le mien, ni celui d'autres. Le problème c'est qu'ils confondent impartialité et être aux ordres d'untel, entre impartialité et neutralité, entre neutralité et travail d'analyse (de journaliste ou de simple humain).
Ca n'a rien à voir. Ces messieurs du plateau et cette dame peuvent parfaitement ne pas être en mission commandée ça n'enlève rien au fait que la neutralité est une ânerie en journalisme et en termes d'idées. Là encore on doit parler de « tendance » ; on tend, enfin on essaye de tendre à la neutralité mais tout observateur est impliqué par son simple regard, je ne fait là qu'un rappel de fond de Bourdieu (certes on peut en parler pour un positionnement de Nation dans un conflit mais c'est autre chose). On n'est d'ailleurs pas plus neutre c'est à dire en dehors qu'impartial c'est à dire pile au milieu des protagonistes dans l'information. De plus le positionnement sur de nombreux sujets de monsieur Apathie est visible comme une vache au milieu d'un couloir, il n'y a pas de neutralité, pas d'impartialité et l'erreur dont se meurent les journaux est depuis longtemps celle là en partie, ils se prétendent pragmatique, neutres, de juste milieu avec un recul qui les mettraient au dessus de la mêlée comme par un flash divin.
Cette erreur intellectuelle est grave car elle est une des bases du rejet croissant envers les médias, ceux là même qui se drapent dans l'impartialité et la neutralité, ce qui est une absurdité, une vraie connerie sinon un mensonge et un délitement de l'idée républicaine... car nous avons besoin de libertés dans l'information est le ressenti manifeste c'est que depuis bien avant Sarkozy la marge existe mais est réduite sauf pour un public averti, un public qui a eu les outils qui lui permettent d'aller chercher l'information différente.
Est ce tout un chacun ? Est ce vraiment une capacité que tout le monde maîtrise «les doigts dans l'nez» ? Croyez vous que cette grande difficulté (pour la plupart) à avoir une information moins consensuelle produit du consensus et un accord avec le discours convenu ?
Aveugles ! Dangereux aveugles !

Et un dernier mot : merci Jean François Kahn même si plus de calme retirerait le peu d'argumentation de ces ravis de la crêche

stephane

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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Vendredi 8 février 2008

 Texte envoyé sur le blog de J.L. Mélenchon jeudi 07.02.2008 suite à son article "Résister"

La première partie, destructurée et plus anecdotique, réunit des commentaires de commentaires, la suivante est une approche plus générale



I Réactions à divers commentaires :


Post 6 clavaux dominique :
je partage ce point concernant l'organisation c'est à dire la mise en réseaux ; la multiplication des réflexions par des individus ou des groupe à l'exemple de gauche avenir ou PRS nous construit. On peut y voir des micro résistances comme le dit Onfray... ok, mais le risque d'atomisation et donc de perte d'énergie est immense. Je penche donc aussi pour un travail de mise en lien multiples, de rencontres avec tout ce qui compte d'oppositions républicaines ou en tout cas démocratiques.

Post 10 Jennifer :
avoir une politique le plus à gauche possible, pourquoi pas si on se met d'accord sur ce que recouvre ce terme ; un exemple de ce que cache comme divisions "essentielles" ce mot de gauche : l'opposition entre les tenants du progrès technique, du savoir toujours plus bénéfique et ceux qui s'opposent à ce positivisme, s'alarment de l'écart croissant entre la capacité technique et la sagesse individuelle ou collective. Opposition frontale qu'on peut appliquer au productivisme, au principe de précaution, au rapport Région/ Etat etc etc. De même la vision qui associe le MODEM à un parti de bourgeois ne me semble pas juste non plus ; d'abord différents adhérents ou simples électeurs de ce parti se trouvaient récemment idéologiquement à l'extrême gauche ou dans les mouvement écologistes, ne pas voir ce rapprochement là, cette coupe transversale à travers l'ensemble de l'opposition me parait dangereuse ; les commentaires de Bayrou sur Lanza Del Vasto ne sont pas non plus le fruit du hasard ni celui d'une pure stratégie. Une partie du PS se trouve plus proche de l'UMP FN qu'une partie du MODEM. Ce glissement n'a d'ailleurs rien d'étonnant car historiquement c'est la seconde fois qu'il a lieu (cf R. Rémont). Il faudrait pour bien l'analyser, voir je crois, qu'une partie de la "gauche" est devenue conservatrice, ce qui n'est pas forcément négatif ; Régis Debray parlait ce matin sur France Culture (jeudi 7 février) de conservatisme de progrès, c'est une manière de le voir. J'en reviens là à la question du rapport de l'homme à son environnement et au progrès. Pour autant je partage tout à fait l'analyse que fait JL dans son dernier livre sur ce qu'il qualifie de "parti démocrate" et ses orientations... pas d'angélisme avec le MODEM... mais pas non plus d'excès, les question de fond qui nous en séparent sont nettement la question socio économique et la question européenne. Idem avec son composant CAP21.

Post 19 Claire stream :
je ne suis pas dans la tuyauterie de leurs cerveaux ni dans les hautes sphères du parti mais à le voir d'où on est il y a des nuances. Une partie du PS souhaite sans doute se séparer de cette aile gauche, une autre ne veut pas de vert dedans, une autre de républicains vu comme trop liés à "l'ordre" bref... mais la stratégie de Royal par exemple n'est pas vraiment sur cette ligne, là je ne rejoinds pas JL. Elle a eu un seul mérite : mieux intégrer des problématiques du MRC et des Verts, donc ouvrir enfin un peu le PS sur ses ailes. Mais ses positions économiques et sociales, son sexisme dangereux, évidemment là ce fut cata... Pour autant elle était dans une logique, à l'orale bien sûr, d'arc en ciel, c'est à dire un peu à la Prodi, du centre à la gauche radicale, en passant par les écologistes. Cette stratégie ne visait comme tu le dis, peut être pas à la séparation de son aile gauche mais à son effacement sans aucun doute derrière une démarche clairement "démocrate" comme la décrit JL.

Post 49 Emilie :
Bien vu. Quitter le PS dans sa dérive c'est soit travailler avec des groupes dont certains éléments sont antirépublicains ou anti démocrates, ou mysantropes, un extrêmisme parfaitement dangereux et c'est sinon se retrouver pris entre deux feux à créer un parti intermédiaire qui est séduisant mais divise encore plus au détriment sans doute de l'efficacité... aie aie aie

Post 33 Alain :
je rejoins assez largement ce texte. La totale explosion du champ politique est ancienne à mes yeux comme à beaucoup d'autres je pense. Montrer le rapprochement avec Dupont Aignant et l'éloignement avec Moscovici me parait non seulement juste mais salutaire.



II Quel chemin ?

Pour en revenir à des choses que j'ai plusieurs fois avancées (elles valent ce qu'elles valent, ça...), je ne vois pas le champ politique divisé entre droite et gauche, c'est à dire binaire ou en deux dimensions. Je trouve ça non seulement radicalement faux mais profondément déroutant compte tenu de l'évolution des questions de fonds.
Pour faire comprendre : de manière caricaturale, un écologiste s'oppose au productivisme et au matérialisme de la gauche et de la droite, un républicain pur sucre (ou poivre ou ce que vous voulez) se place lui aussi ailleurs, et essayer de mettre une écologiste genre Voynet à la table d'un républicain comme Chevènement, le résultat est détonant.
Ce quadrille assez simple connait de multiples nuances ; exemple : CAP21 dont le programme en terme écologique est excellent à mon sens mais en terme économique et sociale très discutable ; ainsi, tabler sur des fonds de pensions équitable ou éthiques pour les retraites hum hum !!! A l'autre bout des écologistes plus radicaux mais dans une optique internationaliste et radicale sur le plan des sans papiers par exemple et entre les deux une tendance qui maintient un lien important avec le PS. On peut décliner ces nuances ailleurs.


Je persiste à penser qu'il y a deux ensembles que nous devons rejeter d'un commun accord :
- Un ensemble UMP FN, (je ne parle pas des gens mais du fond d'idées) qui allie une volonté plus ou moins forte de jouer à fond la mondialisation sans chercher à en modérer vraiment le chaos, un matérialisme et un consumérisme à toute épreuve, un positivisme aveugle et un reniement de la notion de république et même de toute forme collective protectrice quelle qu'elle soit ("la Société ? je ne connais pas, je ne connais que des individus !"), une volonté de mise sous contrôle des individus croissante dans leur vie sociale pendant qu'on libéralise l'économie à l'excès avec à terme la mort du libéralisme c'est à dire le monopole privé. Cet ensemble là nous entraine non pas vers une mondialisation sans frontière mais un nationalisme effrené, un temps libéral économiquement mais liberticide sur tous les plans dans son prolongement, ainsi que biologisant... Atroce et porteur de guerre !
- De l'autre un ensemble de groupuscules violents, antidémocratique/anti républicains ou mysantropes, voire les deux.
Ce qui nous reste au milieu se résume grossièrement à quatres groupes :
- un ensemble écologiste
- un ensemble libéral réel, démocrate chrétien, catholiques sociaux, socio démocrates
- un ensemble républicain, gaullistes de gauche et de droite
- un ensemble de gauche plus ou moins radicale


Je vois actuellement deux grandes solutions :

Soit celle qui consiste à organiser une sorte de néo CNR, dans ce cas le PS est au milieu ; mais sa décomposition idéologique, ce tropisme assez exclusif vers la droite ou le modem risque de tout paralyser, de bloquer tout possibilité de transition ou de provoquer (en cas de victoire) un désenchantement cette fois mortel. Pour exemple on peut lire la synthèse d'Harlem Désir pour le forum sur la mondialisation, la réponse c'est l'hyperqualification et l'action dans des instances internationales, un leurre pour ne pas dire une totale imbécilité.
Variante : créer un parti intermédiaire oui mais là le risque c'est l'isolement, or les périls montent et ils montent très vite en interne comme sur le plan international.


L'autre solution c'est effectivement de partir plus à gauche en refusant ce néo CNR. Ramener vers la gauche l'électorat ouvrier et salarié. Peu probable avec le PS actuel qui vise le même électorat que Bayrou. Pourtant ce serait salutaire pour éviter la dérive probable vers la fermeture à l'autre, à l'Europe... Mais le risque de cette tendance c'est de ne se centrer que sur la crise socio économique, on perd de vue la crise républicaine et surtout la crise écologique autant que les questions du matérialisme, du consumérisme, du rapport au progrès qui sont également centrales. Le problème c'est que les crises croissent en parallèles et se mêlent, se nourissent, en oublier une c'est aller à l'échec.


Honnêtement je ne veux ni de Royal, ni de Strauss Kahn, ni de Moscovici ou un autre de ces fatalistes européistes et mondialisant au levier de commande. Ils sont en train de nous conduire directement dans ce qu'ils prétendent fuir.
Mais je ne suis pas fichu de savoir ce qui est préférable vu les tiraillements entre toutes les oppositions, les volontés de bouffer l'autre berk berk !!! Il me parait plus juste d'attendre le congrès du PS et d'en tirer les conséquences à la fin si le PS évolue définitivement comme le MRP d'après guerre.
Restera ensuite à fédérer. Même si la démarche est plus complexe, mon choix va clairement pour un néo CNR (qu'il soit autour du PS ou d'un nouveau parti) en restant le plus possible au centre des quatres groupes, pour aboutir à une synthèse c'est à dire à des choix combinant refus et accords, complémentaires et acceptables pour chacun des quatres groupes. Ca demande évidemment des révisions déchirantes pour beaucoup mais puisqu'on citait Zemmour dans un des posts, on ne peut que constater que Fabius (invité de Ruquier samedi soir) était finalement bien plus proche d'éric Zemmour que de Nollot, l'homme soit disant de gauche. De même la recomposition dont parle Lienemann autour de l'opposition rentier / producteur devrait par exemple nous pousser à nous rapprocher des commerçants et nous opposer aux grands distributeurs qui destructurent totalement le territoire. La Confédération Paysanne ou Via Campesina nous montrent bien que tout bouge.

 

 

 

 

 

 

Par stéphane.grim - Publié dans : politique
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