Vendredi 11 janvier 2008
Texte envoyé à http://www.gaucheavenir.org pour le thème :
- Les causes profondes de l’échec de la gauche le 6 mai 2007

 

Ingagnable ou imperdable ?

 

 

Lorsqu'on écoute diverses interventions comme celle de Julien Dray sur France Inter (05.12.07), on reste un peu par terre ! Problèmes de soutiens, problèmes d'organisation, incapacité à créer une équipe. Bon évidemment que c'est le cas, évidemment qu'il y avait des problèmes d'égo, mais se limiter à ce niveau d'analyse c'est croire qu'on va faire un pot au feu avec 1 carotte et 2 patates. On est loin du compte ! Et si ce n'était que lui...

 

A contrario j'ai trouvé que certaines analyses étaient bienvenues et complémentaires : Emmanuel Todd, Jean François Kahn, Jean Luc Mélenchon, Jean Pierre Chevènement, Marie Noëlle Lienemann, Hubert Védrine, Eric Dupin entre autres ; ces approches de la défaite combinées peuvent peut être nous donner, non seulement une explication, mais la capacité à aller au delà.

 

 

I Les français du tout et du contraire de tout :

 

L'élection de 1995 a tourné autour de la fracture sociale détournée du déjà cité Todd ; celle de 2002 autour de la sécurité.

En parallèle nous avons connu plusieurs phénomènes majeurs :

 

  • un sentiment fort de montée de la violence dans la société qui remonte au delà des deux dates ; la montée des peurs dont parlent E. Dupin et qui n'est pas déconnectée de la thèse de M. Moore outre atlantique ; qu'elle soit liée par exemple au vieillissement comme en France ou à d'autres raisons comme aux Etats Unis, leur réalité souvent n'empêche pas non plus leur détournement, leur utilisation et même leur entretien récurrents. De là l'impression d'être cerné de toute part par des dangers que rien ni personne ne vient contrecarrer et qui entraine accès de fièvre irrationnels ou fatalisme selon les moments

 

  • des coups d'essuis glaces politiques lors d'élections irrationnelles et de plus en plus extrêmes (1988, 1993, 2002, 2004). 1988 a déjà notamment ceci d'irrationnelle, qu'elle s'appuie sur une personnalisation forte du débat, la tonton-mania, assez éloignée d'un véritable programme

 

  • la volonté des électeurs de trouver une autre voie que les deux tête de gondoles (1995 Chirac,2OO2 Chevènement puis Lepen, 2007 Bayrou)

 

  • des rejets très nets de pouvoirs verticaux considérés comme déconnectés (1995, 2005, fin 2007) et qui recoupent l'ensemble médias politiques grand capital et globalement classes supérieures ou représentants divers

  •  

  • le rejet du parti socialiste qui est ressenti largement comme un parti que quatre mots peuvent résumer : embourgeoisé, moraliste, laxiste et hypocrite. Sentiment très fort dans l'électorat ouvrier et petit employé

     

  • un sentiment, fondé d'injustice sociale croissante qui oppose les perdants entre eux, notamment travailleurs/sans emplois et privé/fonctionnaires mais aussi les perdants et gagnants en France, possédants et « possédés » comme le vivaient beaucoup de nonnistes lors du référendum, exploitants et exploités dans le grand dumping social planétaire. A noter que les petits patrons, commerçants et artisants qui se voient perdants se retrouvent souvent repoussés du côté des gagnants ; d'où l'intérêt de mettre aussi en avant la séparation rentiers/producteurs comme l'avance M.-N. Lienemann. Le rejet de ce qui est décrit comme assistanat, la mise en avant de la « valeur travail » s'inscrivent dans cette perception d'injustice

     

  • le sentiment fondé d'une société qui se scinde et ressemble de plus en plus à un sablier assymétrique, petite couche en haut, large couche vers la bas ; l'aspiration vers le bas étant dans les esprits et dans les faits

     

  • des crises qui se cumulent : internationales, identitaires, environnementales, économiques, sociales, philosophiques

 

  • une globalisation qui produit un positionnement des dominants qu'on peut qualifier d'extrême ; ce monde extrêmiste est rappelé à de nombreuses reprises par Kahn

 

  • un extrêmisme en retour d'une petite frange à l'extrême gauche et dans l'écologie

 

  • des libertés économiques et politiques qui sont en train de fondre à vu d'oeil, là aussi Todd et surtout Kahn explique très bien que le terme « antilibéral » est non seulement un contre sens mais porte un danger ; ce qui nous menace c'est l'antilibéralisme global que génère ces politiques

 

  • une Europe qui est fragilisée par des tensions internes opposant chez les dirigeants, en tout cas de là où nous sommes, une vision fédéraliste européenne à une vision occidentaliste/ atlantiste. Et face à ces deux démarches on voit monter des rejets populaires comme ceux des Pays Bas ou de France qui révèlent des volontés souverainistes à variantes nationalistes, conservatrices, sociales, républicaines (en France) ou tout simplement défensives. La France échappe d'autant moins à ce combat d'idées qu'elle a dans un socle idéologique bien partagé, la valeur égalité, tandis que le Royaume Uni, comme le souligne E. Todd, a celle du libre échange ; en clair le vieux fond républicain est notre meilleur ferment de résistance ainsi que le rappelle M.-N. Lienemann

     

  • L'hyper-individualisme, prolongement des lumières, qui comme toute idée poussée trop loin produit son contraire et nuit à chacun en niant le collectif

     

  • un rejet croissant du positivisme qui s'accompagne d'une montée de l'irrationnel, du retour du religieux sous diverses formes. Le principe de précaution et la contestation de l'hygiénisme en étant deux aspects qui peuvent s'opposer

     

  • Le consumérisme et le matérialisme d'où les contradictions patentes entre le réel pouvoir d'achat et des dépenses ou du moins des attentes qui se calent sur le mode de vie des dominants, voyages à l'étranger, appareils de télécommunication toujours plus perfectionnés... En ce sens la possession et les attentes matérielles des enfants en sont la marque sans doute la plus visible dans notre société centrée sur le jeunesse et tout particulièrement sur l'enfant

     

  • Des aspirations fortes à des valeurs collectives, éthique ou morales, à assugétir l'économique, remettre la volonté politique en avant, préserver l'environnement et donc la vie ; en ce sens des petits symboles illustrent assez bien cela dans l'esprit des français qui regardent les émissions de grande écoute : le plus grand homme français du XXe siècle ? De Gaulle ; la chanson de la décennie des années 90 ? foule sentimentale

     

  • La peoplisation (comme le rappellent parmis d'autres E. Dupin ou E. Zemmour) qui concentre l'intérêt essentiel de la population et qui s'appuie sur une perte de culture politique et la sensation forte que les politiques n'ont plus de prise sur le réel

 

 

 

On veut du social, du collectif, de la justice, de l'égalité, de la protection, la reconnaissance et la valorisation des actes, du temps pour vivre ensemble, de la liberté, être moins surveillés, une vie saine et une terre vivante, une espérance etc

Et en même temps on veut de l'avoir, consommer, exister et profiter sans tenir compte des autres ou de ce qui nous entoure, tout vite et sans effort, l'accessibilité, la proximité, la transparence à tout prix etc

Vouloir tout et le contraire de tout d'accord, est-ce si nouveau ?

 

Le propre des moments de crise ou de mutations est la perte de repère, des cartes qui se brouillent.

Et effectivement quels repères nous restent ils ? Quels médiateurs ? La famille, l'Eglise, les médias, les acteurs sociaux et politiques, la République... que nous reste t il pour nous structurer dans ce qu'on nous « vend » : un agglomérat de consommateurs ?

Rien ou juste soi même, responsabilisez vous bonne gens !

 

Et pourtant de ce patchwork sont apparus pendant la campagne, je crois, trois thèmes principaux :

  • L'insécurité des biens et des personnes

  • L'insécurité socio-économique

  • L'insécurité identitaire

 

Mais c'est N. Sarkozy qui a su bien mieux tirer profit de tout cela.

 

Tout cela ne me donne pas l'impression d'une élection imperdable ou ingagnable dans les conditions actuelles de notre société, mais montre plutôt une schizophrénie profonde qui aurait pu rendre cette élection totalement ouverte.

Ce qui a tranché c'est le manque de préparation et d'organisation comme le dit Dray si on ne pense « que » de manière stratégique... mais je crois aussi... de travail de synthèse et de programme qui réponde à cet ensemble de constats.

Malgré les multiples contradictions profondes de la candidature de N. Sarkozy, il est compréhensible que ce dernier soit hélas devenu président.

 

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 23 novembre 2007

Texte envoyé sur Marianne2.fr le 23.11.07 et corrigé à la suite


1) Bravo à cette initiative (Comité National pour un Référendum). Je me doute qu’il existe des réticences à accepter certains compagnonnages mais je crois plutôt qu'il serait utile d'écrire explicitement :
"le CNR s'adresse à toux ceux quelque soit leur opinion qui affirment la nécessité que le suffrage universel se prononce sur ce traité"
et non :
"le CNR s'adresse à tous ceux quelque soit leur opinion SUR LE NOUVEAU TRAITE qui affirment la nécessité que le suffrage universel se prononce sur ce traité"
Pourquoi cette petite remarque ? Parce que je persiste à penser que nous avons besoin d’élargir notre regard, de voir que des clivages existent bel et bien mais qu’ils sont transversaux dans les divers partis et que nous avons des alliés que nous refusons bien souvent de voir. Je pense bien évidemment aux républicains de droite de « Debout la république » par exemple, de journalistes comme Zemmour. (voir « Ou en est la recomposition ? » ou « réaction à l’édito de Marianne »). Ca n’a rien d’un hasard si c’est la totalité du programme du CNR qui est visé par Kessler, c’est aussi cette combinaison politique là qui est attaquée (Hommage à Guy Môcquet : mort au CNR !)


2) Pourquoi parler de fossoyeurs ?

- Malgré la puissance du discours de la plupart des dominants politiques économiques et médiatiques pour le oui, la majorité a voté nettement pour le non
-  Le jour même de l'ouverture du sommet de Lisbonne, le 18 octobre dernier, un sondage a affirmé que 63% des Français étaient favorables à un referendum sur le nouveau traité simplifié (http://arretsurimages.net/post/2007/10/25/Traite-modifie:-le-premier-sondage-en-France-estbritannique)
Ce rejet majoritaire était partagé, avec d'autres raisons, en Grande Bretagne, Pologne, Pays Bas entre autres...
- Les mouvements identitaires s'appuyant sur le nationalisme, le séparatisme, le communautarisme sont désormais très ancrés et semblent bel et bien se développer : Espagne avec la Catalogne, RU avec l'Ecosse, Belgique avec les flamands, Suisse récemment et on peut continuer la liste encore sur plusieurs lignes.
- L'impression d'obligations perçues comme imbéciles et injustes par l'Europe est largement partagée.
- L'impression que l'Europe est une passoire et même mieux suscite l'appel d'air aux produits détruisant à grand vitesse en particulier l'industrie mais aussi de plus en plus les services, est là aussi bien répandue.
- La peur de l'étranger, des produits et des hommes, des pays qu'ils soient extra UE ou de l'UE, de l'Allemagne dans le cadre de ce nouveau traité qui rompt la volonté d'équilibre entre France et Allemagne décidé dans les fondements même du projet européen, tout cela ne fait que monter.
- La sensation très nette qu'on se moque des populations en faisant croire que les décisions viennent de l'Europe quand il s'agit de décision de la commission, donc des gouvernements et surtout que le peuple ne doit pas se prononcer contrairement à 1946 ou 1958, alors qu'il s'agit de changements fondamentaux, tout cela aussi est ressenti très mal et ne peut que produire un rejet de plus en plus puissant et même une haine de l'Europe qu'on voit aux détours de beaucoup de conversations dans notre quotidien. S'asseoir sur la démocratie comme le fait ce gouvernement et notamment une partie des dirigeants socialistes (Ayrault, Guigou...) est une folie.


Sous prétexte de défendre l'Europe, de vouloir la faire trop vite comme le disait Eric De Montgolfier, de refuser le référendum par peur de la population, d'accepter le sacrifice d'une ou plusieurs générations pour un projet (Delors), de vouloir faire disparaître l’idée de nation, d’Etat, de République même, on est en train de vouloir tuer les fondements de ce qui nous lie,  l'égalité et la fraternité mais plus fou encore, c'est la liberté qui est menacée par cet aveuglement et la paix même.
Comme un jardinier qui retourne trop profondément sa terre ces hommes sont en train de faire ressortir de terre des graines endormies, des peurs, des haines :


3) Virer l’enclume et repousser le marteau

- On s’étonne  de l’absence de civisme, d’éducation ? Mais on ne fait que valoriser l’individualisme et la concurrence entre tous, valoriser le repli sur soi avec comme but de vie : la consommation, la possession et le matérialisme à court terme, que stigmatiser et pousser au conflit entre eux les  perdants sociaux (très majoritaires), prôner l’argent ou la position sociale comme seul critère de réussite de vie, penser le monde comme un objet au service de soi et non comme un environnement dont nous sommes interdépendants.
- On s’étonne des diverses montées identitaires perverties ? Mais on les provoque en persistant dans un refus d’Europe sociale, dans un système ou la liberté comme seul critère produit son propre anticorps.
- On s’étonne du rejet démocratique et de la radicalisation ? Mais comme le dit J.F. Kahn c’est le monde qui est radical, il sécrète les horreurs qu’il montre du doigt.
On inculque à grand coups sur la tête que la mondialisation ne permet qu’une seule politique « intelligente » et qu’il faut s’aligner sur la bas puisqu’on ne peut rien faire, que les syndicats sont vendus au MEDEF et ne sont sérieux que s’ils acceptent ce qu’on leur propose ou sinon sont comme des kystes dans le corps social, que la grève est à la limite du légitime, que le vote pour quelqu’un implique qu’on ait voté pour 100% de son programme et qu’il n’y ait plus à discuter mais à exécuter, qu’un référendum n’a aucune valeur et que désormais le peuple n’aura plus le droit de donner son avis sur un texte identique dans le contenu.

On pense en binaire, on atomise les intermédiaires (opposition, syndicats…), on ridiculise les discours différents ou on les réduit dans des niches médiatiques, on construit un société en sablier asymétrique ! ! Mais « on » croit quoi ? Que ça n’a aucun impact ? Que ça permettra éternellement de rester au pouvoir en s’appuyant sur les peurs ? Possible mais à quel prix et qui en profitera finalement ?
Sans débouchés politiques il n’y aura que le vote censitaire, la violence et la technologie répressives en interne pour les maintenir au pouvoir.
Sans débouchés politiques il n’y aura que le conflit en externe comme terme à cette crise planétaire.
Sans alliance, nous serons réduits à l’inefficacité et à l’effacement entre deux groupes radicaux : l’ensemble FN UMP libéraux divers venant de l’ex UDF, des radicaux et du PS, et de l’autre une petite frange extrême à gauche ou chez les écologistes, violente, non républicaine ou misanthrope.

Il n'est pas excessif, je crois, de s'inquiéter gravement et de dire que ces hommes ont perdu toute mesure, ils sont dangereux et il est temps non seulement de se battre politiquement tous ensemble contre eux et si possible de les écarter démocratiquement (tant que nous sommes encore quelques-uns entre le marteau et l’enclume) des leviers de commandes ! Il s'agit de prendre la radicalisation générale de vitesse...

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 19 novembre 2007

(suite de l'article précédent : les gourous et les papous )


Tiens une autre « bonne » toute récente, l’autre soir à l’émission de Ruquier avant le journal, 2 étudiants opposés sur la grève.
Demande de la représentante des « pour » : parler du fond, de la loi Pécresse ; réponse affirmative de l’animateur, ils allaient pouvoir en parler mais il fallait d’abord parler du bocage ; arrivée de miss Bravo, même scénario, elle répond affirmativement. L’émission passe, blabla sur le blocage et au final ? Rien sur la loi. Eh oui, la seule chose qui intéressait ces bonnes gens c’était le débat sur le blocage. Pourquoi pas mais il faudrait le dire avant dans ce cas.
Par ailleurs la palme revient à C. Bravo, elle se présente photo souvenir à l’appui comme une ex 68’arde rebelle en diable, bloqueuse et patati et patata. Puis elle interpelle la jeune étudiante gréviste et lui dit qu’elle trouve ça « limite fascisant » et lui demande de répondre par oui ou par non sur la question suivante : « est ce démocratique de bloquer ? ». La jeune fille essaie d’élargir le débat mais rien à faire il faut d’abord passer par le oui ou le non. Piège.

Question démocratie ça se pose là !  Imposer les termes du débat sans demander son avis à l’autre, et mieux, lui imposer en directe d’enfermer le débat sur le problème unique du blocage, en contradiction avec ce que la chroniqueuse et le « chef de bande » ont affirmé, ça c’est très démocratique on s’en doute ! Bon c’est vrai que ces gens sont coutumiers du fait mais la répétition n’excuse pas. On voit là encore, non le complot, mais tout bêtement une pensée bien partagée par un milieu social.
Les journaux n’en font pas moins, tout tourne effectivement autour du blocage ou non, avec force commentaires exaspérés de passagers « pris en otages ».


Maintenant, si on prend même uniquement cette question : « où est la démocratie » ? Evidemment que ce n’est pas démocratique lorsqu’une minorité impose à une minorité opposée. Mais que font les non au blocage, gouvernement, étudiants, journalistes ? Ils utilisent actuellement la même pression par moment pour passer en force.
Un exemple : si les non grévistes continuent les cours, l’écart entre les uns et les autres en termes de connaissances donc de moyens pour réussir les examens va s’accroître. Forcément la pression monte et ne pas rentrer au bercail c’est se condamner, est ce si démocratique de créer ce fossé ?
Un autre exemple qui va parler à beaucoup de gens je pense : que se passe t’il lorsqu’un petit nouveau arrive dans une entreprise, en fait des tonnes, répond au delà de ce qu’on lui demande, en fait plus que les autres ? Il oblige les autres à suivre sa cadence, ses choix et bien sûr cela se passe en général assez mal. Bien évidemment ce n’est pas une agression directe et pourtant c’est bien vécu comme tel par les collègues et comme une obligation de suivre… une sorte de marche ou crève !

Mais surtout, ces belles paroles cachent une réalité qu’on retrouve historiquement ; J.P.Azema le rappelle comme d’autres à travers Vichy et l’occupation : 10% de résistants, 10% de collaborateurs et le reste le marais. Or le marais suit le bon côté du manche dans le silence, c’est ainsi, il suit le pouvoir et ne bascule pas facilement par conformisme, par peur avant tout.
Alors quand on propose de voter à bulletin secret pour les grèves dans les entreprises comme le demande N. Sarkozy  ou maintenant les anti-grévistes, on doit avoir en tête ces chiffres. Si on rajoute à ça la puissance du battage médiatique, la puissance normative des classes dominantes, évidemment qu’aucun des 2 camps n’est démocratique, l’un agresse directement, l’autre indirectement.

Du coup que faire ? Dans une université, une entreprise… s’opposer à un vote ou aux résultats du vote à bulletin secret, ben ça  me paraît très dangereux et malsain à moyen terme, ça signifie donc accepter de perdre très probablement mais essayer de gagner la bataille des esprits. Je suis sincèrement preneur s’il y a mieux, sur le moment je ne vois pas.
L’intérêt serait de pouvoir pousser à ce que ce vote s’exerce sur d’autres domaines que la grève comme les choix économiques d’une entreprise et qu’il soit suivi d’un respect du vote.
Car le moins qu’on puisse dire c’est que la démocratie n’est pas tellement présente dans une entreprise, alors tant qu’à la mettre, autant que ce travail soit large.

En revanche la grève d’un secteur de l’économie est non seulement un droit mais une nécessité pour éviter l’asphyxie même d’une société ; l’argument qui consiste à dire que ce n’est pas légitime, renvoie à une chose très simple : aucune grève ne devrait dès lors être acceptée tant qu’une seule partie de la population en pâtirait, car je vois très mal faire des référendums à tous bout de champs sur n’importe quoi. Alors messieurs dames, on peut tous ranger nos demandes, elles sont d’ors et déjà nulles et non avenues puisqu’elle dérangent forcément d’autres gens !
Quand au fait de cadrer la grève dans des horaires bien définies etc. c’est tout simplement retirer à la grève sa raison d’être : créer un rapport de force pour parvenir à un dialogue et sortir d’une crise.
Reste le cas où la vie des gens est en jeu, comme la santé, où les modalités sont forcément beaucoup plus complexes, domaine que je ne connais pas et que d’autres sauront autrement mieux aborder que moi.
Tout ça pour dire : à mes yeux la grève est juste et cette grève est juste, réduire ça à une question sur le blocage et croire qu’il n’existe aucune autre voie que d’augmenter la durée de cotisation, c’est imposer une vision, empêcher le débat… question démocratie chapeau !!

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 19 novembre 2007

Réaction par rapport au texte de J.L. Mélenchon "la grève et juste" et au commentaire d'une internaute


Les gourous et les papous

Entre votre position et celle de « anne », je pense qu’il y a une combinaison. On peut rajouter à cela des ouvrages récents comme de J.F. Kahn « les bullocrates », ou de près d’une décennie comme ceux de S. Alimi « les nouveaux chiens de garde », d’I. Ramonet « la tyrannie de la communication », de Bourdieu « sur la « télévision » entre autre.
Tout cela va dans le même sens, une cohésion intellectuelle au sein d’un groupe social qui traverse les milieux médiatique, économique et politique. Ils pensent le monde de la même manière très largement et ce qu’ils entendent en face et analysent leur paraît réellement absurde, comme de glorieux civilisateurs face à des papous !
Quelques exemples que je trouvent intéressants :

Lors d’une émission de Canal Plus en clair le soir, opposant entre autre  N. Domenach avec J.M.Apathie, ce dernier comme d’habitude (propos réitérés en boucle par bien d’autres) accuse Domenach de patauger dans l’idéologie, sous entendu, « vous n’êtes pas en phase avec le réel, pas « pragmatique ! Le grand mot», ce à quoi Domenach lui répond qu’en vérité depuis des années Apathie a un discours lui aussi très idéologique et que tout ça est normal. Réaction effarouché d’Apathie, sur son visage on lit la consternation, l’incompréhension même, il se défend de faire de l’idéologie ! On peut penser qu’il est soit un gros menteur mais il est plus probable qu’il est réellement abasourdi qu’on le désigne de cette manière. Analyser ce qui nous entoure ce n’est pas forcément voir les interactions avec soi, par ailleurs un bon psy n’est pas une personne qui déjoue les pièges qu’elle connaît.

Autres cas intéressants que tout un chacun a pu suivre : combien de cas de couples journalistes / personnalités politiques ? Hollande, Sarkozy dans ses petites heures pour faire plaisir à la galerie, DSK, Borloo, Barouin… Il est bien évident que comme nous, nos vies sont construites sur des réseaux d’affinités et que sauf petits bouleversements la tendance naturelle est de se sentir bien entre soi, entre même références culturelles. Ceci est d’autant plus fort dans des milieux où l’argent, les facilités diverses par réseaux, les petits pouvoirs constituent une barrière avec le reste de la population. Ces rapprochements systématiques illustrent simplement un état de fait : ces gens se côtoient sans arrêt, ils vivent dans les mêmes sphères, mangent aux même tables, vont aux même soirées, voient les mêmes spectacles etc…

Un exemple encore une fois, de quelqu’un pourtant très honnête à l’antenne, B. Guetta : il expliquait selon ses propres mots il y quelques temps qu’il arrivait puis repartait du studio sans avoir vu grand monde bien souvent… Combien de gens travaillent dans une entreprise sans même parler aux autres, connaître leur travail, tous nous connaissons ça, avons cette impression que les autres ne connaissent pas notre travail, nos conditions de travail ; c’est le discours des cheminots en grève, c’est le discours des profs etc
Pris dans une nasse intellectuelle

Un petit dernier pour la route, l’émission « l’esprit critique » sur France Culture à 11h pour le coup on se demande où est cet esprit, écoutez vous même la dernière émission, un monument de convergence  (18.11.07) : Gallo, Bourlanges, Michaud et Le Boucher ; une émission d’intellectuels engagés comme ils disent ha ha ha !! Ca pour être engagés ils le sont mais tous dans le même camp ! Pas une seule opposition entre les quatre, l’unique divergence a porté comme d’habitude sur la Nation avec Gallo mais juste pour sous entendre que ça ne comptait guère car cette fois ils étaient unanimes. En revanche, la même émission avec Liem Hoang Ngoc à la place de Le Boucher (23.09.07), là c’était un tir de barrage, incompréhension totale des trois autres ! Rien d’étonnant quand on voit les courants qui soutiennent N.Sarkozy (cf l’article «Le chaos de la diligence ou la course au rien :  comment comprendre ce qui est face à nous »
http://clavaboudchuc.over-blog.com)

Maintenant ce que dit anne est complémentaire, les pressions sont sans doute parfois directes, et récemment les appels à la vigilance se multiplient, des situations troublantes aussi ; le cas des Echos ou celui lié au vote de C. Sarkozy illustre ça (voir rue89 dans les 2 exemples). Mais dans bien des situations un pouvoir n’a pas besoin de faire pression directement. Nous travaillons pour la plupart dans des entreprises de plusieurs personnes, on peut parfaitement voir à l’œuvre ce mécanisme, comme le dit J.L. Mélenchon résister c’est d’abord intérieur.
Le groupe se rassure par mimétisme, chacun croit trouver plus facilement sa place ainsi, éviter le conflit nous paraît être plus facile à vivre, prévenir par avance les demandes hiérarchiques nous paraît « pragmatique »  et pour certains peut être intéressant pour l’avenir. Rien que de la dynamique de groupe tout ça. Quand le tissu normé est bien serré, il devient difficile d’en sortir ! Plus la société est figée, plus ce phénomène est puissant et conduit à de ruptures violentes.

Faire exploser cette vision ultra normée, nécessite de casser la cohésion de ce groupe, lui retirer ses pouvoirs, et/ou créer une cohérence en face. D’où l’importance de travailler tout particulièrement sur les médias. Internet atomise ce travail de formalisation des dominants par la télévision, média de masse. Mais ça ne suffit pas car la profusion nuit aussi à l’information, on ne va souvent que vers ce qu’on aime déjà. Internet remplace donc la télé en accentuant des phénomènes de massification tout en fabricant du clanisme conjointement ; croire qu’il permet le dialogue est souvent un peu illusoire. Le succès problématique de Wikipedia dans les écoles illuste le premier cas, la multiplicité des blogs politiques l’autre. Pour construire il va falloir mettre fortement en réseau et aller vers l’autre.

Un petit travail bien utile en particulier, c’est de ramener systématiquement cette vision à ce qu’elle est : « une » grille d’analyse du monde, un discours appuyé sur une idéologie. Rappeler la nécessité d’argumentation, de rationnel, de débat entre diverses visions comme vous le faites dans les interviews est constructif, sur le plateau souvent peu puisque les invités (et souvent journalistes) sont intimement convaincus de la justesse de leur manière de vivre, mais dans la tête de ceux qui regardent ça donne des outils.

De la même manière en parlant des gourous de l’économie, experts présentés pour donner une caution de sérieux, donner la preuve scientifique de ce qu’on avance, il s’agit de les ramener à ce qu’ils sont : simplement de petites mains d’une science humaine et donc non exacte. Qu’ils aillent dans n’importe quelle médiathèque dans le monde, l’économie est classée ainsi avec justesse par la Dewey ou la CDU, pour le coup des norme partagées internationalement. Le seul accord possible pour classer l’économie, c’était que personne n’était d’accord car ce n’est pas une science exacte !
Le mot science a été défendu par bien des professions, en sociologie, psychologie, etc pour donner une assise à des métiers, à un domaine de la connaissance, rien de plus. En aucun cas l’économie n’est exacte, alors quand on a en face des petits rigolos qui viennent avec les plumes du grand sachem, le mieux c’est de les ramener à leur réalité : juste une interprétation du monde, juste ça… humain, bien humain !
Même si on est nul en économie, ça permet au moins de retirer la chaise sur laquelle l’autre est en train de monter pour nous parler !


Petit message de fin : merci J.L. tout ça fait du bien par où ça passe !

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 30 octobre 2007

Sarkozy : l’impossible monsieur social

 

 (texte mis dans le forum du site de Marianne 30.10.07 suite à l'article "Sarkozy augmenté, régime spécial des députés, le « Tous pourris » repart à la hausse ")

 

 

 

 

Quelle est la place de l’homme par rapport à son environnement et comment doit il vivre avec le développement technologique ?

Que signifie la République et comment doit elle se traduire par voie de conséquence ? Quelle est sa place dans le concert européen et international ?

Comment doit on doser le rapport égalité liberté ? Quel est la situation et l’évolution récente de la justice sociale et comment agir face à la réponse ? Quelle doit être la place de l’économie dans le domaine scientifique et dans la vie quotidienne ?

Le consumérisme, le matérialisme et le positivisme sont ils des réponses structurantes pour un être humain face à la question essentielle du sens de la vie ? Quelle est la place de la fraternité actuellement et comment doit on agir face à la réponse ?

 

 

Voilà quatre axes sous forme de questions qui produisent des clivages essentiels ; on peut dire que ces questions ne sont pas récentes bien sûr, cependant ces quatre axes de réflexions et d’actions permettraient de structurer autrement plus clairement le camp politique que ce que nous avons devant les yeux actuellement ; par ailleurs leur actualité n’a pas toujours été aussi brûlante.

Ainsi, la question de l’environnement  revient en premier alors qu’elle existait dans des civilisations plus anciennes. Le positivisme malgré des résistances résiduelles a dominé largement une bonne partie du XXe  siècle. La question du rapport à l’Etat se pose différemment si l’on vit dans une époque où la forme dominante est le centralisme et l’oppression de l’Etat ou si la forme dominante est le centralisme et l’oppression du secteur privé comme actuellement, nous ne vivons plus dans le même monde qu’il y a 40 ans ; on comprend aisément que les écologistes optent pour le niveau européen et régional quand ils ont du affronter les élites de l’Etat et leurs alliances privées (type Total)… de là une question simple : est ce l’idée d’Etat, d’Etat nation qui est en cause ou son organisation et ses représentants dans un tel cas ?

Voilà quelques exemples qui pourraient expliquer, ce choix de questions fondamentales.

Or de ce positionnement découle toute un série de choix subalternes sur l’éducation, les services publics, la stratégie européenne, les choix économiques…

A partir de cette première approche, comment analyser la présidence de Sarkozy ?

 

 

Prenons la question de la justice sociale au travers des principaux choix déjà présentés :

Pour mieux cerner certains problèmes il me semble qu’il faut avoir un préalable. Je reprends simplement Comte-Sponville : le capitalisme est il moral ? Réponse :  il ne serait ni moral ni immoral, il serait amoral. Cette réponse n’est pas abstraite, dans les faits cela signifie que la morale n’a pas sa place, que les entrepreneurs, les puissances financières diverses ont une logique de fonctionnement qui n’a rien à faire avec la morale.

 

 

 Sans parler de morale, on peut se poser la question sous une autre forme : le capitalisme travaille il pour le bien commun ? Réponse : ce n’est pas son soucis.

Bernard Maris ne dit rien d’autre lorsqu’il constate que ces acteurs économiques sont logiques avec eux même, peu importe la destructuration générale, leur objectif n’est pas de construire un monde vivable, bien souvent il n’est même plus désormais de répondre à une demande, de créer, ou même… de simplement produire, il est strictement de faire accroître les rentrées financières, plus clairement la valeur d’une entreprise. Ils n’ont pas une fonction de cohérence ou citoyenne mais une stratégie comptable sans attache.

Sans déresponsabiliser les individus, c’est le système qui pousse ces mêmes individus, insuffisamment armés, dans cette logique ; c’est en ce sens que l’idée de complot est inopérante car peu d’hommes sont à l’abri, ils sont le corps d’une chose sans tête.

Si on peut discuter sur le fait que le bien commun est une nécessité, même pour ce type de capitalisme, sous peine d’en subir le retour de bâton, cette logique intellectuelle, cette perception du monde ne prend en compte que l’ultra court terme.

On peut se résigner à cela et accompagner sa domination avec fatalisme ou décider de mener l’attelage infernal avec cynisme.

Si en revanche on souhaite lutter contre cela il existe 2 sortes de réponses :

Interne : éduquer en véritables citoyens les acteurs économiques, ce qui est long, très long ;

Externe : cadrer cette logique, définir qui et comment le faire ; le problème étant là de trouver la graduation, un équilibre, de résister à un phénomène mondialement inverse.

Rentrons dans le détail :   

- Des parties du territoire se dévitalisent, se déshumanisent, l’inégalité entre elles s’accroît. Quelle est la réponse ? Privatisation des services publics avec pour résultat la recherche strictement du profit, ce qui est cohérent (à court terme on le reverra) pour une organisation privée à visée purement capitaliste. Ce moins de services publics vise actuellement en particulier l’énergie (en contradiction avec les engagements) avant de s’attaquer de front aux derniers bastions importants : transports éducation, santé, défense, forces de l’ordre.

 

 

- La corruption n’est pas absente et de nombreuses associations tirent le signal d’alarme, il n’y a pas moins d’affaires qu’avant dans les :médias. Réponse ? Privatisation du statut des employés de la fonction publique, ce qui a terme les affaiblit face aux pressions qu’ils ont à subir très logiquement et leur fait perdre la neutralité que leur permettait la stabilité ; projet de dépénalisation des affaires financières ; absence de réponse sur les liens Etat médias industrie.

 

 

- On prône la recherche de compétitivité, la glorification du travail face à du parasitisme , du corporatisme, du pantouflage. (Quant bien même cette attente serait justifiée ce qui est à voir) Réponse ? Cadeau fiscal de 15 milliards pour la rente, pas pour l’investissement ni les producteurs. Le bouclier fiscal répond à une logique : la consommation serait boostée par les possédants… Privatisation des fonctionnaires, donc pression accrue par la hiérarchie (le sentiment  de désinvestissement des travailleurs  dans leur entreprises augmente, la sonnette d’alarme est tirée par la médecine du travail). En clair plus la pression augmente moins ils se sentent impliqués et  plus on leur dit de travailler. Logique on voit !

 

 

- On veut permettre une qualité de vie meilleure ? Les malades vont payer des franchises médicales. Les retraites vont chuter et entraîner un accroissement des « vieux » à la misère. On veut s’attaquer à la rente locale des pharmaciens (situation sociale effectivement très au dessus du citoyen lambda), mais pour le mettre au profit de la grande distribution. On divise pour mieux régner, les commerçants continuant à croire au risque de l’Hydre Etatique alors que le risque vient de l’antilibéralisme privé qui par ailleurs n’est même pas attaché à un territoire.

 

 

- Une grande partie des français ont la sensation de perdre leur pouvoir d’achat. Réponse : une probable tva sociale  pressentie en mai juin et qui revient au galop pour le début 2008.

La volonté de faire redémarrer un pays qui serait mal en point économiquement. Réponse : une proclamation verbale d’atteindre plus de  2 et pourquoi pas 3 % de croissance quand l’ensemble des annonces convergent à 1,8.

 

 

- On veut mobiliser les personnes, dynamiser. Réponse : les membres de l’Education nationale  notés et de fait payés aux résultats (voir la lettre aux Educateurs) ; pour la culture comme le disait madame Albanel, concentrer les subventions sur les spectacles qui ont du succès, populaires. Soumis déjà à la concurrence entre établissements liée à la pression démographique, avec une visible baisse du niveau demandé (pour qui va dans divers établissements et voit d’anciens élèves pris au sein de formations auxquels ils n’avaient pas accès dans l’établissement de départ c’est une évidence et une récurrence), soumis pour d’autres à la pression des parents en terme de clients (comme on va chez le boucher), soumis à leur hiérarchie par la fragilité de leur situation, la demande de résultats est une couche de plus pour les enseignants et va accentuer toutes les tendances déjà citées ; la proposition de supprimer la carte scolaire ne peut avoir pour résultat que d’accentuer les tendances et donc de produire un fracture absolue entre des établissements de prestiges face à des établissements de relégation.

 

 

- Réunir le pays, lutter contre la tension croissante dans la société, la violence sociale et lutter contre la faillite du système social. Réponse : cibler des « privilégiés », s’attaquer à certains régimes spéciaux, en prenant soin d’en laisser d’autres en paix. Les « privilégiés » ciblés ne se situant pas dans les catégories à hauts revenus. Augmenter de 140% le « salaire » du Président pour le mettre au niveau du 1er Ministre quand on demande aux diverses catégorie moyennes et basses de mettre plus au pot en termes d’années de travail pour recevoir moins à la retraite… Pourquoi ne pas demander de baisser le salaire du 1er Ministre, ce serait suivre la logique « d’égalité » revendiquée par ce gouvernement. On ne risque pas de rendre le Président plus sensible à la corruption en le laissant à son niveau actuel d’émoluments ! Ce qui est visé c’est en amont l’idée de répartition entre « tous » les composants de la société,  l’idée d’asseoir une répartition sur « l’ensemble » de ce que produit un pays.

 

 

 

 

 

 

Conclusion : baisse de la présence publique, accentuation de la dysharmonie territoriale, maintien voire augmentation de la corruption en particulier en col blanc, fragilisation des statuts, augmentation du stress, augmentation de la nécessité de soumission, de troubles sanitaires et sociaux liés aux mauvaises condition de travail, baisse de l’accès aux soins, baisse du pouvoir d’achat, concentration des avantages sur les positions dominantes en culture et éducation, accentuation de la tension  entre tous les composants sociaux et en particulier les perdants du système c’est à dire l’immense majorité de français, volonté de faire accepter publiquement les exhibitions inégalitaires.

Plus de peur et moins de cohésion, des attentes plus fortes pour des retours plus faibles. Ce gouvernement n’initie pas, il amplifie sans vergogne ou maintient de grandes tendances.

Est ce vraiment constructif et sain ? Est on face à des fatalistes, des cyniques… des naïfs ? Comme le souhaite plus ou moins clairement J. Marseille, comme l’exprime plus ou moins explicitement N. Sarkozy, la France serait une entreprise : on peut donc supposer qu’il y ait à terme une confrontation entre une attente collective et une logique capitalistique du Gouvernement et de sa majorité.

 

Ces orientations sont d’autant plus sujets à explosions incontrôlés que les corps intermédiaires sont assez faibles et décrédibilisés, que la cohésion par des médias dominants recule face à l’atomisation informative d’Internet, que le clanisme ou l’individualisme gagne, que nous venons d’un rapport de force plus avantageux pour les travailleurs et que ceux qui avaient un espoir de vie meilleure sont des témoins encore vivants.

 

Alors mieux vaut dire les choses clairement :

Par ses actions, son comportement, ce gouvernement est non seulement une honte mais une provocation vivante délibérée ! Nicolas Sarkozy est simplement un concentré de cette absence quasi totale de recul, de vision à long terme et de simple correction.

 

 

 

 

 

 

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Catégories

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés