Dimanche 28 octobre 2007

(texte proposé au site : http://www.gaucheavenir.org/)

 

 

Le chaos de la diligence et la course au rien

 

 I Attention au croisement :

 Petit question… Quel est le parti dont les grandes tendances actuelles recoupent les axes suivants?

Centralisme exacerbé (et culture de la division à la tête du parti pour éviter les dauphins encombrants), culte du chef, omniprésence de l’image du chef dans les médias ou dans les têtes, transgressions recherchées dans le discours, affichage d’un « parler vrai », volontarisme proclamé, critique des élites intellectuelles, valorisation du peuple et du bon sens, privatisation à marche accélérée et libéralisation globale, exacerbation de la nation, priorité à la répression, volonté d’ordre, prisme du génétique pour définir les individus et leur acceptation par le pays, politique de tension (dans la communication) avec les autres pays européens et notamment l’Union Européenne, valorisation du travail et de la famille comme d’autres éléments traditionnels.

Qui… Qui ? Certains diront le Front National d’autres L’UMP. Alors, évidemment, dire que l’UMP et le FN sont du même tonneau exactement est un raccourci, que Sarkozy est raciste est une idiotie comme le rappelle à de nombreuses reprises le journal Marianne. Le problème n’est pas là mais contrairement à ce qu’on peut souvent entendre, le rapprochement n’est ni fortuit ni exempt d’évolutions probables dangereuses.

 II Les chevaux de Nicolas :

 A l’incompréhension de Mme Katrin Bennhold, journaliste à l'International Herald Tribune (émission « l’esprit critique » sur France Culture 11h-12h samedi 20.10.2007), devant l’orientation politique actuelle, devant les divergences aux sein de l’équipe, on pourrait je crois répondre qu’il y a une logique, et forte même. Laquelle ?

C’est une alliance mêlant volontarisme politique, valorisation nationale et libéralisme. D’où la présence à ses côté de Guaino et Gallo, de Lagarde et Jouyet, de Kouchner et Hirsch par exemple, chacun y trouvant sa part. Il ne s’agit même pas de trahison mais le volontarisme de Sarkozy les entraîne et ils espèrent faire avancer leur cause au milieu d’autres causes opposées. C’est ça aussi l’ouverture pour N. S., ne pas mettre un seul fer au feu par pragmatisme politique et aussi parce-qu’il a besoin de cette attelage pour gagner et se maintenir.

Sarkozy s’est largement appuyé sur 3 grands courants : Les aspirations à plus de justice sociale, ce qui explique le ralliement de catégories populaires et de classes moyennes. Les aspirations républicaines de type opportunistes de la fin du XIXe siècle tels Jules Ferry, l’ordre, l’autorité et l’égalité des droits mais pas véritablement l’égalité sociale. Les libéraux économiques et politiques éloignés et même opposés à toute vision génétique, raciste, qu’ils soient extrémistes comme Denis Kessler ou modérés à vocation dite « sociale démocrate » comme Bockel. D’autres forces sont susceptibles de le rejoindre selon les choix qu’il sera amené à faire sous la pression  (j’y reviendrai).

 

 III La volonté du cocher :

Tous ont embarqué d’abord pour une raison qu’ils rappellent à l’envie : son volontarisme. Oui mais la volonté d’aller où ?

Face à eux le  « marché », comme le dit Eric Zemmour n’aura qu’une logique : rouler dessus. Il est fort probable que les premiers déçus seront les aspirants à la justice sociale. La question sera alors comment N. S. peut il réagir ? Réorienter sa politique en s’appuyant sur les deux ailes restantes, chercher d’autres alliances (mais lesquelles ?) ou tenter de maintenir cette triade en répondant sur un autre point. Si tel est le cas, il risque de ne pouvoir répondre qu’en accentuant l’autoritarisme, l’hypersurveillance dont parle Jacques Attali, et en stigmatisant tel ou tel de manière encore plus forte qu’il ne l’a fait, d’autant plus face aux désordres climatiques et démographiques planétaires. Cela équivaudrait à ce qu’Emmanuel Todd avançait récemment : le risque n’est pas la prise de pouvoir par un extrême, mais l’extrémisme d’un parti classique de masse.

Un cas illustre assez bien ce discours déconcertant pour beaucoup de gens : le traité simplifié. La question n’est sans doute plus de savoir si cette forme d’Union Européenne sera un jour rejetée en France et même ailleurs, c’est de savoir quand et au profit de quoi. L’hypothèse la plus vraisemblable hélas à l’heure actuelle c’est une montée identitaire, communautaire ou nationale ; maintenant avec quelles conséquences ?

 

 

 Face à ces revendications fortes sur l’identité et le social, comment peut réagir un gouvernement comme celui ci ? La réponse dite « néo libérale » est déjà condamnée dans les esprits, et le double discours de N.S. illustre sans doute assez bien ces 2 fers au feu. Il a évoqué la nation, le protectionnisme européen mais dans la réalité le traité simplifié, à son initiative, est un clone du texte de mai 2005 (http://lienemann.typepad.fr/ ou http://www.jean-luc-melenchon.fr/). Question : jusqu’à quand pourra t il camper sur ce grand écart ?

 

 

 

 

 

La logique de Nicolas Sarkozy a ceci de dangereuse qu’elle est un attelage de chevaux qui se détestent et ne peuvent que se séparer face à un adversaire : la forme de capitalisme actuel.

Pour le maintenir un temps il faut atomiser l’adversaire et ne permettre d’avoir en face qu’une orientation violente et parcellaire qui justifierait l’accroissement de la répression et de la surveillance face à la jungle qu’on entretient et développe. C’est la fusion sur un programme national, autoritaire et libéral qui risque bien de l’emporter, car il s’agit de la tendance la plus lourde.

 

 

 

 

IV  Sortir de l’auberge espagnole :

  Pour répondre à ces choix proposés par N.S, à ces risques, il serait utile de répondre par l’union ou l’alliance. Elargir le PS pour le rééquilibrer ou s’allier sur une plateforme précise et âprement discuté sont deux des choix possibles, mais en tout cas répondre à cette demande de justice sociale, à cette demande de République et d’action politique. De Gaulle est la figure qui a gagné cette élection ; les discours ont, semble t’il,  opposé souvent en souterrain des proches de Chevènement et lui même face à Guaino.

Mais il serait dangereux d’oublier que nous combattons une vision du monde utilitariste, matérialiste et consumériste, une vision à court terme, détruisant notre propre écosystème. Espérer acheter, posséder des objets et disposer de services… C’est le sens de l’existence que nous propose Nicolas Sarkozy, non seulement c’est un vide existentiel mais c’est autodestructeur car pour la majorité cela restera derrière la vitrine, exposé à la frustration populaire. Frustration qui est d’autant plus forte qu’elle s’inscrit après une période plus favorable au partage après Guerre et avec des témoin encore bien vivants. Voilà le sens du footing du président, une course vers le chaos et du rien.

On répondra que les dernières orientation sur l’environnement vont dans le bon sens, cela reste à vérifier dans les faits et non dans l’oral ; mais le problème est qu’on peut tout à fait imaginer un découplage environnement / social ; l’U.E en est un exemple : elle a depuis longtemps été plus avancée que l’Etat français sur l’environnement (c’est ce qui explique le positionnement en matière européenne des Verts ou de Cap 21) ; a t’elle une orientation très sociale et démocratique pour autant ?

 

 

 Les alliances vont de soi si l’on veut bien accepter de négocier. On peut penser scission du PS, mais on peut aussi penser élargissement et repositionnement pour garder sur les marges, (mais pas aux commandes), ces socialistes qui nous ont amené au naufrage. Ces derniers auraient alors à choisir sur des fondamentaux s’ils restent ou non. Mais pour ça il faut recréer un rapport de force favorable au sein de PS. L’élargissement est un outil possible pour y arriver.

On peut aussi imaginer une recomposition globale touchant les différents partis, mais combien de temps cela prendrait t il pour en dégager une force capable de gouverner (si jamais c’était possible) ? Toutes ces solutions restent très difficiles voire improbables, mais, par la force des choses, moins insensées qu’avant. C’est déjà ça !

 

 

http://clavaboudchuc.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Dimanche 21 octobre 2007

Hommage à Guy Moquet : « mort au CNR ! »

 

 

Privatise moi mon Dieu !

 

Nous avions eu M. Lelay et son « temps de cerveau disponible » dont une faculté indiscutable est d’être « brut de pomme ».

Voici le temps de M. Kessler actuellement Président du groupe de réassurance Scor depuis 2002 (une des grandes compagnie de réassurances mondiale), toujours membre du Conseil économique et social, du Conseil national des assurances, du Comité européen des assurances, de la Commission des comptes de la nation.).  Tout cela après avoir été DG d’Axa, président de la fédération française des sociétés d’assurances, et ex vice président du MEDEF. Pour mémoire Denis Kessler se situait, à ses débuts, à l’extrême gauche (maoïste) et reste un compagnon de route de M. Strauss Kahn. Une amitié ne vaut pas partage d’idées mais il y a des compagnonnages qui ont de quoi inquiéter.

Voici donc trois textes qui valent d’être comparés :

-         L’Edito de Denis Kessler daté du 4 octobre dans le magazine « Challenges ».

-         L’ appel des résistants  daté de 2004 lors de la commémoration du CNR (crée le 15 mars 1944)

-         Le programme du CNR lui même.

 

 

Je remercie Aline Pailler de France Culture (« Jusqu'à la lune et retour » le samedi de 18h30 à 19h) pour avoir mis en avant cette information on ne peut plus claire et ma compagne qui m’en a parlé. J’ai rajouté le troisième texte (programme du CNR) pour compléter. Quel crève-cœur pour ceux qui ont vécu ces moments d’espérance… Du souffle de vie il va nous en falloir !

 On constate non seulement que les craintes soulevées parfois depuis plusieurs années étaient parfaitement fondées, que la volonté de détruire la totalité de ce qu’a représenté le CNR est là et que ce n’est probablement qu’une étape, la suivante visant à liquider 1936 puis la République elle même.

Pour mémoire je rappelle que Mme Parisot a dit explicitement qu’elle souhaitait faire sauter toute référence à une durée légale du travail et que l’idée de substituer le contrat à la loi est sous jacente.

Qu’ils en soient conscients ou non, toute contrainte législative à terme s’avère être un obstacle à ce type de capitalisme, toute velléité de protection représente à terme un frein au marché tel qu’il est idéologisé par ces personnes, toute liberté est à terme un mur qu’il faut raser dans ce monde là. C’est donc la notion même de République et l’instruction qui doivent être éradiquées.

Le privé monopolistique, tel est leur Dieu ! Car de la jungle à l’enfermement il n’y a qu’un pas.

Croire que ces gens sont le mal personnifié est inutile, c’est autre chose. Pour ceux d’entre eux qui sont assez lucides pour voir ce que porte en soi ce projet, il s’agit d’une acceptation pur et simple, du fatalisme au mieux ou du cynisme.

Ils portent la mort comme le vent porte les nuages… et des nuages sombres il s’en amoncellent de plus en plus au niveau national et international.

Place à Denis Kessler, le maître de forge :

 

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« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »

 

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

 

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

 

 

Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.

[Denis Kessler - MEDEF - dans Challenges - 04/10/2007]

 

http://www.challenges.fr/opinions/1191448800.CHAP1020712/adieu_1945_raccrochons_notre_pays_au_monde_.html

 

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Comparons maintenant avec ce que les anciens ont à nous dire :

 

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Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004 : texte complet et notice réactualisée des signataires
(Appel à la commémoration du 60e anniversaire du programme du C.N.R. de 1944)

Cet important texte “testamentaire”, passage de témoin d’une génération aux suivantes, a été proclamé à Paris, maison de l’Amérique latine, le 8 mars 2004, à l’initiative du mouvement ATTAC, sous le titre originel de : “Appel à la commémoration du 60de anniversaire du programme du CNR” et fut suivi d’un colloque à Nanterre la semaine suivante en présence de nombreux vétérans de la Résistance, historiens et responsables associatifs ou syndicaux.

Dépassant son contexte d’origine de l’année 2004, cet Appel prend désormais l’appellation courante de :

Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004.

(version complète, suivie de la liste des signataires comportant pour chacun une courte notice biographique. Liste réactualisée à la date du 8 octobre 2007).


Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004
(Appel à la commémoration du 60e anniversaire du programme du C.N.R. de 1944)
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération,
nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

 

 

- Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des ” féodalités économiques ” , droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’ Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques,
intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

 

- Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau ” Programme de Résistance ” pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

 

 

- Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

 

 

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
” Créer, c’est résister. Résister, c’est créer “.

 

 

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
Les personnalités de la Résistance signataires de cet Appel du 8 mars 2004 sont :
Lucie AUBRAC, décédée le 14 mars 2007, enseignante, co-fondatrice du mouvement résistant « Libération », prend la tête d’un commando armé pour libérer son mari arrêté à Lyon par la Gestapo. A la Libération, elle est chargée de superviser l’installation des comités départementaux de Libération (notamment à Nantes).
Raymond AUBRAC, ingénieur, co-fondateur de « Libération-Sud », membre de l’Etat-major de l’Armée secrète, arrêté deux fois, commissaire de la République à Marseille (préfet régional) lors de la Libération.
Henri BARTOLI, reconnu “Juste parmi les nations” (pour avoir sauvé des Juifs), résistant alors qu’il est lycéen et étudiant, diffuse « Témoignage chrétien » clandestin et des faux-papiers, travaille au sein du CNR sur la politique économique d’après-guerre.
Daniel CORDIER, parachuté en France occupée, principal adjoint et secrétaire de Jean Moulin, fondateur du CNR (Conseil national de la Résistance)
Philippe DECHARTRE, résistant, membre des cercles de gaullistes historiques, plusieurs fois ministre et député après la guerre.
Georges GUINGOUIN, décédé le 27 octobre 2005, instituteur, résistant dès l’été 1940, prend la tête des maquis de la région de Limoges (jusqu’à 20 000 combattants), ville qui est libérée sans attendre les Alliés, maire de Limoges après la guerre.
Stéphane HESSEL, jeune allemand naturalisé français avant la guerre, rejoint de Gaulle en 1941, chargé de mission en France occupée, arrêté en juillet 1944 et déporté à Buchenwald puis Dora. Carrière d’ambassadeur après la guerre. Militant antiraciste.
Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, décédé le 2 août 2006, syndicaliste avant la guerre, membre du Comité militaire du CNR, responsable militaire de la libération de Paris avec Rol-Tanguy. Député communiste après la guerre.
Lise LONDON, ancienne des Brigades Internationales dans l’Espagne républicaine, capitaine dans la Résistance, ancienne déportée à Ravensbrück, épouse d’Arthur London (ministre tchèque victime du stalinisme en 1952).
Georges SÉGUY, ouvrier-imprimeur, résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans Français, arrêté en 1944, déporté au camp de Mauthausen, dirigeant syndicaliste après la guerre.
Germaine TILLION, ethnologue spécialiste de l’Algérie avant la guerre, chef du réseau de Résistance du Musée de l’Homme, déportée à Ravensbrück, militante humaniste et anticolonialiste après la guerre.
Jean-Pierre VERNANT, décédé le 9 janvier 2007, grand historien spécialiste de la Grèce antique, étudiant antifasciste avant la guerre, résistant dès 1940, organisateur militaire, libérateur de Toulouse avec ses camarades.
Maurice VOUTEY, résistant, déporté à Dachau puis dans les camps du Neckar. Actuellement secrétaire général de la Fédération nationale des déportés et internés résistants patriotes (FNDIRP).

 

 

Merci de rediffuser cet important Appel autour de vous, et notamment auprès des jeunes générations

 

 

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Et pour finir, voici ce fameux texte de référence, ce compromis que Denis Kessler veut liquider ; c’est surtout la partie II qui nous intéresse. Denis Kessler veut « défaire méthodiquement le programme du CNR », mais regardons de très près ce qui est écrit et qu’on imagine le contre pied de chacun des points de la partie II, à quoi cela ressemble t il selon vous ?

 

 

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LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

 

 

(Voici un lien pour obtenir le texte dans sa totalité avec la partie I. Malgré son côté « perso », ce site est complet et correcte : http://perso.orange.fr/felina/social/programme_cnr.htm

 

I - PLAN D'ACTION IMMÉDIATE  

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

 

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

 

 

1 ) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

 

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

 

 

3 ) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

 

 

4 ) Afin d'assurer :

·        l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

·        la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

·        la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

·        la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

·        l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

·        le respect de la personne humaine ;

·        l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

 

 

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

 

 

a) Sur le plan économique :

    • l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;
    • une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;
    • l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
    • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;
    • le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
    • le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

 

b) Sur le plan social :

    • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;
    • un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;
    • la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
    • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;
    • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;
    • la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;
    • l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;
    • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
    • le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

 

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

L'union des représentants de la RÉSISTANCE pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l'ennemi.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

 

 

En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

   

 

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

 

Une grande partie de ce programme a été effectivement appliquée après la guerre (sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des féodalités économiques à la Libération, droit à la culture pour tous, presse écrite délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales agricoles, etc). Ce programme de mars 1944 constitue encore de nos jours le socle des conquêtes sociales aujourd'hui menacées et méthodiquement démantelées.

 

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Désormais nous sommes invités en enfer chez Kessler !
Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Samedi 15 septembre 2007
 

Bonjour 30.08.2007


Petit texte d'un adhérent PS de Seine Maritime.

Je tiens à vous dire d'abord merci avant d'aller vers quelque chose de plus critique, en positif et négatif donc.

Le merci tient à plusieurs choses, j'en cite simplement 3 : vos interventions (comme celle du meeting de rouen durant la campagne présidentielle avant Mme Royal) et ce texte qui l'un comme l'autre me paraissent très utiles parcequ'ayant un contenu sur lequel on peut véritablement discuter, être ou non d'accord. Au moins, il y a matière. Même si ce que je vais dire ne vole pas forcément loin, c'est en partant de telles propositions que je peux le faire.

Enfin... d'être accessible comme je l'ai vu en réunion avec diverses personnes.

Je passe...


Si je partage votre idée de cadrer l'action sur 4 points cardinaux, je vais y apporter mon grain de sel et pour faire simple, les reprendre l'un après l'autre.



1 L'environnement est effectivement majeur, puisque c'est tout simplement le rapport à la vie qui est soulevé. Vous citez dans ce texte le problème du réchauffement et ce matin à France Inter (jeudi 30.08.2007) vous avez abordé les 3 autres crises majeures : biodiversité, crises sanitaires, dépletion. Sur ce point je vous rejoins donc entièrement ; je trouverais juste mieux de mettre très distinctement ces 4 crises en avant dans vos arguments écrits même si je comprends que seul le réchauffement a un impact fort dans l'opinion pour l'instant.

Cependant il y a au moins 2 élements que je tiens à relever dans votre blog (juillet 2007 «une gauche moderne n'est pas droitière») : «nous refusons l’obscurantisme, nous croyons dans la science et la technique, nous encourageons de nouvelles découvertes améliorant le sort de l’homme» et «Pour eux, les questions du pouvoir d’achat et de l’avenir de leurs enfants priment sur tout autre sujet».

Derrière l'environnement se cachent des questions subsidiaires mais essentielles dont celles ci : quel positionnement par rapport au développement technique ? Quelle est la place de l'homme dans la chaîne de la vie, au dessus, au dessous, égale ?

Il suffit de lire certaines positions de M. Besson (voir « Vous avez dit Madame Royal »), de M. Chevènement ou d'autres pour voir l'importance du positivisme.

L'écart croissant entre technologie et conscience fragilise nos vies individuelles et collectives. La privatisation du vivant, les questions engendrées par le clonage ou les nanotechnologies en sont un exemple. J. Atali y fait d'ailleurs référence dans son dernier ouvrage (« une brève histoire de l'avenir ») au travers du thème de l'autosurveillance.

De même, la question du pouvoir d'achat renvoie directement à ce qu'on fait de cet argent... On achète des produits étrangers peu soucieux de l'environnement, on amasse, on ingurgite sans chercher à consommer mieux ?

Poser la question environnementale comme vous le faites avec justesse c'est revenir sur ces fondamentaux du socialisme.

Il faudra trancher car cela renvoie à des alliances ou des divergences de fond avec des ensembles politiques et à d'autres questions aussi cruciales car totalement liées. J'y reviendrai.


Petit rajout : l'ours est un omnivore... opportuniste (au ¾ herbivore), l'ours solvène n'est pas plus carnivore, au mieux on pourrait appliquer cette «supposition» aux ours scandinaves et himalayens ; voici quelques adresses essentielles afin de se faire une idée plus complète sur les ours et en particulier leur alimentation qui est passée au crible (sources contradictoires):

http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=147

http://www.ours.ecologie.gouv.fr/html/_3_4_32_35_37_.php

http://www.pyrenees-pireneus.com/Ours_des_Pyrenees.htm



2 Venons en maintenant au 3eme volet de votre texte( je parlerai du 2eme ensuite).

Vous le dénommez développement, mais à le lire il recoupe très largement l'idée de République dans l'idée que vous vous en faites. Or c'est justement aussi un point que je crois essentiel... se fixer comme axe de réflexion : « qu'est ce que la République ?».

C'est à cette interrogation là, je crois, qu'il faut remonter directement ; elle recoupe des questionnements très actuels sur les communautarisme, populisme et nationalisme, mouvements tous 3 en progression ; la représentativité et les institutions, l'autoritarisme et la concentration des pouvoirs, les médias et leurs rapports à l'économique et au politique, les relations Etat/régions, le rapport citoyen/travailleur/consommateur, la place de la puissance publique, la question de la repentance et les guerres mémorielles, les dérives du féminisme, l'horizon anti libéral du type de libéralisme actuel...

c'est à dire les fondamentaux progressivement bâtis de notre République : liberté, égalité, fraternité, laïcité, République une et indivisible, Ces 5 points qui nous lient tous et se délitent actuellement.


Je trouve donc qu'il serait plus juste de remonter en amont à l'idée de République pour là aussi trancher clairement sur toutes ces questions ; de toute façon un choix est lié à un contexte et peut donc être bien compris comme temporaire. On peut avoir été proche du « Paris nous pompe » et se rapprocher des positions de J.L. Mélenchon et surtout de J.P. Chevènement.

Un exemple simple : vous parlez régulièrement d'une mondialisation dangeureuse sous sa forme actuelle et êtes très critique sur l'orientation européenne ; quel est le meilleur levier pour agir: la région ou l'Etat ? Faut il continuer à affaiblir l'Etat ou penser comme M. Védrine qu'on a été trop loin dans ce sens ?

Comme vous le suggérez en parlant de laïcité, la République sous cette forme est une réponse possible aux dérêglements actuels. Elle est donc à défendre, encore faut il se mettre d'accord sur ses fondamentaux.

Là encore des convergences et divergences très fortes appaîtront, et sur ce thème il existe différentes logiques républicaines, il faudra bien trouver une voie.



3 Le 4ème pan de votre texte cible la question économique, Là encore je vous rejoins sur ce choix mais plutôt que de parler simplement de financement, je parlerai plus largement de justice sociale. Sur les développements je vous suis totalement ; j'y rajouterais toutefois un point essentiel souligné autant par l'ensemble des organisations écologistes que par le travail de Denis Robert, ou ceux de V. Peillon et A. Montebourg : le danger croissant de la corruption et de la finance occulte.

Une fois de plus liens et déliaisons seront au rendez vous lorsqu'il faudra choisir... et il faudra choisir.


4 Enfin le 2ème point que vous avez soulevé, le vieillissement, est très important ; cependant comme les questions internationales ou l'Europe, j'aurai tendance à l'intégrer dans les axes précédents. En revanche il permet malgré tout de soulever ce que je crois être le 4eme domaine de réflexion majeur : le rapport à la spiritualité. Il ne s'agit pas de parler de religion même si pour certains c'est une réponse ; Comte Sponville a récemment montré qu'on pouvait parler de spiritualité tout en étant agnostique ou athé.

Mais cette question est fondamentale car elle recouvre le problème du matérialisme, du consumérisme, l'individualisme et le collectif, à nouveau le rapport à la vie et la mort, le rapport au risque dans la vie, la culture.

Cette question n'est pas si neuve pour le socialisme... On ne ferait que renouer avec ce qui a été raté en 1946 quand on a choisi Mollet plutôt que Mayer, revenir au Léon Blum de cette époque.

Là encore ce choix est primordial et il déterminera des alliances ou une division.



Vous avez compris que derrière chacun de ces points cardinaux, je vois un allié. L'idée d'un rapprochement vers un seul me paraît dangereux et au final peu productif. Il faut au contraire se tourner vers les 4 en même temps : républicains et radicaux, écologistes, centristes/démocrates chrétiens/catholiques sociaux, gauche radicale.

Pour l'instant le PS est numériquement et politiquement au centre de ce quadrille... s'il n'y prend pas garde il sera contourné ou tout simplement isolé dans une opposition divisée.

J'ai déjà fait remarquer dans d'autres textes ailleurs qu' il existe un courant qui attire une partie des écologistes et altermondialistes vers le MODEM, sans compter les volontés de rassemblement à gauche du PS ou les rapprochements inévitables d'une partie du PS et des radicaux vers l'UMP, en tout cas de la politique menée.


Merci et bonne continuation


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Mercredi 15 août 2007

Bonjour

 

 

Je viens d’écouter avec beaucoup de plaisir l’émission de France Inter (lundi 23 12h00 « Ca nous dérange »)

Quelques remarques pour le plaisir d’échanger et si ce que je dis est idiot, ben euh ce sera par perte et profit. Je suis tout à fait d’accord avec la vision de plusieurs courants dans 68 comme vous l’étiez tous les deux. Pour le reste je vois quelques différences avec vous et… beaucoup avec M. Goasguen.

 

1          D’abord il y a bien sûr un passé et donc un imaginaire qui explique cela.

Je fais parti de cette génération (40 ans) qui est née et a grandi dans cet univers post 68 ; il y a des éléments qui sont liés à ma vie propre mais aussi des éléments plus transversaux dans la société, en tout cas que je ressens comme tels.

Premier point : lorsqu’on dialogue avec différentes générations on constate qu’à la blague « ha imagine le gros soixante huitard !!»,  la vison immédiate et transgénérationnelle, la vision populaire c’est : la camionnette Volkswagen peinte avec des fleurs, les cheveux longs et les lunettes genre Lennon décrépi, le pétard et la voix traînante…

Ce n’est pas ce dont vous avez parlé ; je suis tout à fait d’accord que c’était une réalité et que le mouvement ouvrier  de 68 est essentiel, mais il ne représente pas 68 dans les têtes pour le français lambda que nous sommes et que nous fréquentons tous.

En clair je ne veux pas dire qu'il faut suivre le ressenti, mais ça compte tellement qu'on ne peut pas éviter de l'affronter et essayer de trouver des moyens pour changer le regard.En clair, je ne veux pas dire qu’il faut suivre le ressenti, mais il compte tellement qu’on doit le prendre à bras le corps et trouver des moyens pour le modifier.

 

2          Ensuite, contrairement à ce que j’ai entendu, ce n’est pas un mouvement très individualiste comme le décrit Goasguen, hédoniste, « tout pour ma gueule »… Vous rappeliez les « mao » à juste titre. Mais ce n’est pas non plus un mouvement purement collectif. En vérité se conjugue là dedans les deux ! L’épanouissement individuel dans un cadre communautaire…

Ca ne vous rappelle rien ?

Oh moi si…  Je travaille dans l’enseignement privé et bien comme par hasard c’est exactement  ce discours là.  Or justement il se trouve que dans les gens et organisations en pointe de 68, on a vu la CFTC , l’enseignement privé… On trouvait cette logique  par exemple l’autogestion dans l’enseignement, ainsi en Bretagne… tiens, tiens, tiens. Surprise ?

Pas du tout, quand on lit la charte de l’enseignement privée, mais aussi les projets d’établissements, des écoles privées, les phrases qui s’y trouvent correspondent très exactement à cette vision. Je ne veux absolument pas dire par là que ce sont les cathos sociaux qui ont porté 68, ce serait totalement idiot ; je ne veux pas dire non plus que personne dans le public ne partage cette manière de voir l’école ou encore que tout le monde adhère à ça dans le privé, loin de là. Non mais je participe à diverses réunions où  la concurrence entre tous les établissements est abordé, et le discours tenu en réunion est de mettre en avant une différence de vision pour sortir son épingle du jeu, notamment en s’appuyant sur ça.

C’est justement cette vision du monde qui s’est trouvée en phase en 68 avec une couche de la population plus large qui n’avait rien de catho et était même en révolte avec le discours catholique rigoriste.

L’épanouissement de l’individu dans l’amour, le partage, le collectif.

Quand on fréquente, comme cela m’est arrivé pour avoir vécu dans les Cévennes, les néo- ruraux, dont une grande partie sont ex babas cools, que constate t’on?  Certains ont vécu en communauté, et leur discours, leurs parcours dit une chose fortement : « on a essayé, on s’est planté dans le collectif, on continue à vivre sur nos idéaux mais la communauté ça n’a pas marché ».

Traduction, on voulait marier l’épanouissement de l’individu, dans la droite ligne des lumières, contre l’ordre (Etat, Eglise, Famille…) avec le collectif… Et ça a foiré, on s’est pris le mur avec « l’autre », le groupe.

D’ailleurs ce n’est pas que là, entre la difficulté à marier ces deux axes et l’évolution de la pensée économique générale, on a vu ce même crash dans les kibboutz ; ils sont désormais tenus et organisés plutôt comme de bonnes entreprises où la valeur collective est un peu un passé héroïque.

 

 

3          Et puis ce serait aussi oublier que 68 arrive  à l’aboutissement d’un siècle de catastrophes pour le message collectif : 14-18, césure fondamentale qui sépare le peuple de l’idée nationale, poursuivi par la débâcle de 40, les mouvements totalitaires qui tuent encore plus l’idée collective, puis le communisme en France qui aboutit à un isolement improductif et d’ailleurs de plus en plus décalé par rapport aux évolution sociétales, jusqu’à dépérir.

Le collectif s’est discrédité profondément. Les partis, les syndicats, les idéaux… comme peau de chagrin. « Mourir pour des idées, oui mais de mort lente » disait Brassens, et je ne prends pas Brassens par hasard comme exemple…

Le décrochage remonte à loin et explique l’ambiguïté, on  vit en consommateur solitaire par amertume, on s’isole dans son cocon par peur du monde, on demande du collectif  élévateur parce qu’on ne peut vivre sans lien social, sans donner un minimum de sens à son existence.

Un exemple vaut tous les arguments : le succès de« foule sentimentale » de Souchon, d’ailleurs plébiscitée à l’anniversaire des victoires de la musique, ça n’est pas si vieux. Comme dirait Emmanuel Todd : « schizophrénie ». On pourrait même faire quelques autres parallèles avec la musique : en chansons françaises actuellement le glockenspiel de l’enfance qui traîne ses pieds partout…

 

Et cela explique aussi le succès de Bayrou, qui a un parcours tout à fait opposé à Sarkozy, une ligne de pensée opposée s’inscrivant dans une démarche mi conservatrice mi révoltée. Je vais faire court sur ça mais  pour 2 raisons majeures je suis en désaccord et je n’ai pas voté pour lui. Mais attention, il y a des liens très forts entre lui et une partie des écologistes et une partie des alters sans compter d’autres éléments politiques. Le rapprochement avec Corinne Lepage dont le discours sur la légitimité et la république est une composante importante, illustre bien ces rapprochements, y compris vers les républicains. Je ne m’étends pas mais je constate que beaucoup de militants socialistes ne les perçoivent même pas, je suis adhérant au PS en Seine Maritime et dans ma vie je vois très bien autour de moi des gens « adhérer » au discours du Modem pas seulement  par calcul, intermittents du spectacle très à gauche, bobos, ruraux etc.

 

 

4          Lorsque Goasguen (qui n’est pas Sarko) bien sûr, nous dit qu’il faut réhabiliter le collectif, c’est une fumisterie. Alors y croit il ou pas ? Peu importe, quelqu’un comme Guaino lui est logique dans sa critique du rejet de l’ordre et dans sa volonté de retour à du collectif, c’est un gaulliste. Mais ce qui est flagrant c’est que sous le masque du « retour au collectif » se cache l’amertume du « les grands idéaux collectifs c’est de la merde, pensons à réussir dans notre cercle restreint, par le pouvoir, la possession ou l’exposition médiatique», point final.

Le monde que nous construisent Goasguen et Sarkozy, c’est un monde de consommateurs contre les travailleurs, un monde de rentiers contre les travailleurs, un monde de marchandisation de tout contre un monde où la vie vaut pour être vécue.

On joue le consommateur contre le travailleur, le travailleur contre le citoyen, le citoyen contre l’être humain, l’être humain contre le vivant… Segmentons tout à l’extrême et jouons chacun contre les autres et tous contre chacun !

Ca accompagne un mouvement très général qui détruit tout collectif pour aboutir à la famille nucléaire, puis mono parentale et au-delà l’individu roi et écrasé, emprisonné, surveillé par sa propre volonté d’être toujours plus dégagé des autres.

Bref ils se foutent du monde ou au moins sont de fichus naïfs.

 

 

5          La critique du tout vaut tout, du relativisme culturel, est aussi faite par vous, par E. Badinter et d’autres. Elle remonte au-delà de 68, on y rattache par exemple Levy Strauss, alors lui pas lui, peu importe, je ne suis pas assez calé. Est ce que 68 a permis de répandre cette vision ? Peut être. En tout cas 68 fait écho à une vision internationaliste de cette époque, à travers un imaginaire : Cuba, Viet Nam dans les faits, ou « un homme nommé cheval », « RAS »ou « little big man » au cinéma par exemple.

Mais je ne crois pas que de toute façon cela ait joué de manière forte dans les têtes (même si c’est pourtant un sujet très important) contrairement à la contestation de l’autorité.

Là encore ambiguïté : ceux qui demandent de l’ordre peuvent tout à fait être ceux qui veulent faire appel au droit ou couvrir leurs enfants face à l’école. Sur ce point on se retrouve comme coincés entre une autorité qui considère l’autre comme un verre vide et une volonté de mettre du droit et du détail dans les moindres recoins par peur. Je ne crois effectivement pas, comme vous le disiez, que c’était formidable dans la société oppressée, étouffée d’avant 68, mais ce qu’on connaît actuellement est inquiétant. Le ressenti est essentiel et souvent plus fort que l’analyse argumentée ; or ce qui est perçue à tort ou à raison c’est que 68 c’est un missile en plein dans le mille de l’autorité. Que les racines soient plus anciennes, que les effets se soient étalés dans le temps, le résultat reste que l’association d’idée est là désormais, avec tous les risques de retour en arrière plutôt que de dépasser ça. Les émissions comme « le pensionnat de Sarlat » répondent et alimentent ça.

 

 

Bon allez je termine là sinon je vais vous faire dormir J. Je suis vraiment heureux de vous entendre ou de vous lire, même si je vous trouve parfois excessif dans le verbe et que ça me casse les pieds à ce moment là IoI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 11 juillet 2007

Texte envoyé sur le forum de M. Chevènement le 11.07.2007

Bonjour

Je tiens d'abord à dire merci pour une chose simple :

Une fois de plus, c'est un grand plaisir de lire une réflexion qui se singularise par une alliance entre des convictions sincères et une distance qui évite les invectives et garde au fond toute son humanité.

Merci pour ça, pour une pensée ferme mais apaisée

 

   

Les bons et les félons :

Ensuite, je partage totalement ce point de vue et ces nuances. Ainsi pour avoir lu il y a peu l'ouvrage de Védrine, et l'avoir entendu sur France Culture, il continue d'être à mes yeux une personne de grande qualité, dont les positions sont solidement argumentées et campées sur le réel. Sa critique de l'irreal politik ou son intérêt soutenu pour un Etat requinqué rejoignent je crois vos convictions.

 

 

 

 Il expliquait d'ailleurs bien sur France Culture, qu'il n'existe pas une politique de droite et une de gauche, de manière aussi sommaire, mais "des" politiques. Sa mission ne me parait pas être une adhésion mais un travail critique pour une visée plus haute, celle de notre intérêt collectif.

 En ce qui concerne les ralliements divers au sein même du gouvernement, eux, ont des explications qui tiennent de l'intérêt personnel, de proximité idéologique comme vous le dites, voire de naïveté même sans doute sur la capacité à ne pas s'étouffer par les couleuvres.

Une Fadela ne peut s'identifier à un Bernard...

Bref, je crois qu'il ne faut pas parler de traîtrise comme j'ai pu le lire sur le blog de M Mélenchon (que j'estime par ailleurs et qui me parait constructif aussi). Il y a un basculement qui tient de l'individuel et aussi d'une mise en conformité avec une vision du Monde.

Les clivages apparents ne sont pas les bons, il serait tellement sain de les faire enfin apparaître

 

 

Repenser :

Il faudrait déjà commencer par redéfinir ces notions de droite et gauche. Et pour l'instant à de rares exceptions près, je ne vois ce travail que rarement.

 

 

Pour ça il me parait prioritaire de redéfinir les clivages principaux ;  puis voir par rapport à ces divisions, chercher où se situent nos fameux grands acteurs politiques… et où nous nous situons nous même. J’y reviendrais plus loin.

Mais enfin !! Si on ne fait pas ce travail là, on ne peut rien comprendre.

Un Max Gallo avec un Kouchner comme soutien et ministre? Farfelu ?

Evidemment que non, évidemment qu'il y a une logique mais si on ne réfléchit pas à ça, on ne pense pas, on ne pense plus, on avance des mots, des idées mécaniquement, rien de plus.

 

Je suis adhérent PS, est ce que je me vois « socialiste » ? Ce serait croire qu’on adhère à une ligne de pensée continue, croire ainsi qu’il n’y eu qu’une seule ligne chez les socialistes et oublier Daniel Mayer et Léon Blum par exemple,  ce serait aussi oublier qu’on peut intégrer un groupe par rapprochement, par un choix pensé longuement, donc non évident par avance, et donc au final pas par adhésion totale.

Rigolons un peu : je suis en accord avec Eric Zeimour sur la plus grande partie de ses positions, j'ai voté vert pendant 20 ans à TOUTES les élections, j’ai été adhérent d’ATTAC à la première année de sa création, j’ai voté non fermement au référendum de 2005 et je continue à penser que c’était préférable, je suis adhérent socialiste. N’importe quoi !

…Il n'y a d'incohérence que lorsqu'on ne veut pas chercher le lien. C’est nier qu’on a sa propre synthèse qui prend des éléments dans diverses approches et non une seule. Nous ne sommes pas des petits soldats quand nous réfléchissons.

  

Aux réunions des militants PS, lorsqu’on explique qu’on perçoit les socialistes comme des bourgeois parvenus, laxistes, élitistes, moralistes, langage répété dans les milieux divers que je peux côtoyer, milieux agricoles, ouvriers, enseignants, retraités entre autres, sont il tristement d’accord ?

Non, ils sont plutôt surpris quand on leur rapporte ce qui se dit chez les électeurs de droite. Ils n'en reviennent pas.

Ha ben mince ! Ca n'est sans doute pas la réalité de beaucoup de militants et pourtant c'est comme ça que de multiples français voient beaucoup de socialistes.

J'en passe, de plus les dissonances n’existent pas qu’au PS.

 

Repenser ce qui structure et déstructure notre société est vital.

 

 

Le grand flou :

Tout ceci pour dire quoi ? Que les forces qui font se rapprocher un Gallo et un Kouchner d’un Sarkozy, ne sont pas forcément les mêmes mais répondent à des logiques individuelles et  tactiques - je mets Gallo à part – ainsi qu’à des combinaisons idéologiques possibles.

 

Elles collent aux discours de Sarkozy qui mêlent des éléments divers qui paraissent opposés :

-         Idée de nation et défense d’un capitalisme dénué de tout lien collectif

-          Défense de l’Etat acteur fort et volonté de déliter l’Etat afin d’en faire juste un levier pour les agents économiques dominants, une simple gouvernance au service d’intérêts privés

-         Défense d’une identité française qui structurerait le peuple et discours visant à diviser les groupes sociaux et segmenter pour répondre à des clients votants

Etc

Derrière  cette adhésion à des associations d’idées détonantes (et des « booms » il risque d’y en avoir pas mal), il y a des choix… des idées qu’on accepte de laisser de côté pour réussir à en faire avancer d’autres, des divorces politiques trop forts sur des priorités pour continuer un compagnonnage (je passe les intérêts personnels, les rapports humains et la tactique pure comme l’hésitation Védrine /  Kouchner).

Tout cela produit un attelage étrange mais pas si improbable que ça.

Beaucoup ont intérêt à ne pas mettre cartes sur table, à ne pas poser les questions de fond.

 

 

Les clivages :

J’en vois quatre, suivis de questions subalternes ;  ce choix entraîne une vision en 3 dimensions et non en 2 D du champ politique :

 

  

1          L’environnement (derrière : la privatisation du vivant, le réchauffement, la question de la chimie, la disparition des espèces, la dégradation marine et le problème de l’eau en général, l’écart croissant entre progrès technique et conscience donc le rapport à la notion de progrès…)

 

  

2          La justice sociale (derrière : la financiarisation, la montée des inégalités, la montée en puissance de la criminalité dont la corruption, la dérégulation et la précarisation générale, le service public…)

  

 

3          La République (derrière : l’Europe, la place de la puissance publique et les rapports Etat Région, la laïcité, la représentation et les institutions, la sécurité et la surveillance, la liberté, les médias et leurs rapports à l’industrie et la politique, le nationalisme et les communautarismes divers, l’autoritarisme et le recul démocratique, la fraternité …)

 

  

4          L’humanisme, la spiritualité (derrière : la matérialisme, l’hyper marchandisation, l’individualisme, le cynisme, le rapport à la vie…)

 

  

Ces 4 questions fondamentales, de notre période, déterminent toutes les autres et se croisent d’ailleurs (ainsi pour les relations internationales). Ce sont elles qui travaille le politique en profondeur malgré la tyrannie de la communication (merci Ignacio Ramonet) et donc les positionnements des uns et des autres. Rajoutons à ça les comportements dogmatiques ou grégaires, les choix stratégiques et les relations personnelles, nous pouvons mettre le système actuel par terre et reconstruire.

A l’UMP c’est en bonne voie (malgré des déchirements visibles) mais loin d’être une forme stabilisée et donc parfaitement identifiable encore. L’hebdomadaire Marianne en donne une analyse intéressante mais que je crois discutable ; en dehors c’est le vacarme et c’est normal. C’est le résultat temporaire d’un long processus.

 

 

 

 

 

 

Un petit mot pour finir ; je ne suis pas enthousiaste suite aux législatives (le texte où j’en parle est sur mon blog et sur Marianne) et j’espère bien vous entendre encore, vous, M. Zuccarelli ou M. Peillon par exemple.

Alors, trois mots pour vous résumer ce que je pense : chaleureusement… à bientôt

 

 

 

Stéphane

 

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