Lundi 9 juillet 2007
Texte sur le forum de JP Chevènement. Ce dernier répond à l'interview de Mme Parisot sur France Inter  en février 2007
 
Je partage votre analyse et de cette interview je note au moins quelques perles particulièrement brillantes :

Comme vous le sous entendez avec humour, entendre dans la bouche de madame Parisot, le mot "moderne" qui n'a en soi aucune valeur positive, pour l'opposer à un prétendu archaïsme, c'est un bon gag. On est bien là sur de la pure réthorique qui prétend définir une situation contemporaine comme forcément supérieure à une situation plus ancienne. C'est soit avoir une "langue fourchue" comme dans les bons vieux westerns, soit passer sous silence les aléas historiques. Si nous la suivons, il était plus moderne de croire la terre plate au 13 eme siècle, plutôt que de la croire sphérique comme l'avançait Eratosthène au IIIe siècle avant J.C. lorsqu'il mesura le méridien terrestre.

Autre point, renvoyer son adversaire à un raisonnement du type : "vous êtes contre l'économie de marché"... ha ben ça première nouvelle et merci madame Parisot, je dois donc comprendre grâce à cet éclairage subtil qu'il n'existe que 2 systèmes : on refuse l'économie de marché où on fonctionne exactement comme vous... Quel vaste choix !

Ensuite, cette 'idée que Nicolas Demorand, le journaliste, avait peut être pour réussir une émission de qualité, une rémunération adaptée en fonction de son audience. La réponse étant négative, madame Parisot en conclut cependant que ce serait le fonctionnement le plus efficace !
Désarmant (et limpide ?) sur les valeurs qu'elle porte aux actes des individus et l'inconscience de tout impact autre que l'économique à très court terme... le tout économique en action.

Poursuivons avec le caractère "normal" d'avoir, selon elle, des revenus "élevés" c'est à dire pharaoniques lorsque la performance est présente dans l'entreprise... outre que cette performance est souvent discutable, que les employés sont eux pressés en termes de salaires, il reste l'argument de J.F. Kahn qui rejoint le votre lorsque vous citez Rockefeller ; croire "normal", car cela se fait ailleurs en pire, d'avoir de tels salaires, d'être licencié avec de telles sommes, c'est ne pas prendre en compte le niveau de déconnection pour ne pas dire de folie atteint par ces dirigeants.
De plus, avoir peur de les voir quitter la France, c'est les croire irremplacables... vu les résultats on en doute souvent, et Vivendi ou le Crédit Lyonnais ne sont que des exemples parmis d'autres. D'ailleurs répondre comme elle que ce qui rend ces sommes acceptable c'est leur existence dans le contrat de travail, c'est un argument équivalent à zéro.

Enfin, clou du spectacle, la condamnation absolue de toute forme de protectionnisme qui ne correspond à aucune période croissance selon elle. Pour se faire une autre idée, il est intéressant d'aller flâner sur http://www.protectionnisme.eu.

Après tout mon blabla, je m'en voudrais d'oublier ceci :
Un grand merci à vous Monsieur Chevènement pour une chose avant tout : la qualité humaine, par le fait de rester sur l'argumentation et non l'invective, de ne jamais participer à des meutes, de reconnaître des valeurs aux actions de l'autre, de garder ce recul teinté d'humour. On peut parler d'honnêteté intellectuelle mais ce serait trop froid.
Ca ne signifie pas absence de calculs, de stratégie politique, de capacité à ferrailler sur les idées ou une blancheur immaculée mais je ne suis pas bien sûr de voir ce comportement souvent.

Merci aussi pour le plaisir que j'ai pris à lire "Défi républicain". Je partage souvent vos idées... je diverge sur l'environnement. Ce serait pourtant un bel attelage : écologiste, républicain, social et humaniste, un nouveau CNR doté d'une nouvelle composante, écologiste.
De la part d'un électeur vert depuis 20 ans... comme quoi toutes les synthèses sont envisageables :-)
Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Lundi 9 juillet 2007

"Texte envoyé à la candidate locale du PS"

Puisque l’élection est serrée, qu’on doit aller la chercher avec les dents, j’ai écrit ceci pour ceux qui sont passés de gauche à droite cette fois, les hésitants, les blancs, notamment côté Bayrou, gaullistes ou plus simplement de droite.

 

 

 

Il s’agit là de donner des grandes lignes et de répondre à ce qu’on entend autour de soi. On peut à partir de là piocher dans les propositions des 2 candidats pour alimenter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Sarkozy nous dit avoir changé ; sans rentrer dans l'éternelle question "peut on vraiment changer ?", prenons acte… Pourquoi pas ? Mais là se pose un problème, il continue à travailler avec les mêmes soutiens. Leur logique politique est connue depuis plus d'une décennie : Devedjian parmi d'autres. Est il possible qu'une telle quantité de personnes, leurs électeurs, les élus aient changé et adopté un tournant aux allures gaullistes, sociales, voire ouvriéristes alors qu'ils ont proféré le contraire pour certains depuis leur débuts dans l'action politique ? Qu'une personne dise "j'ai changé" ok, que tous aient changé en même temps, le même jour... là c'est du domaine du grotesque. On devine donc qu'il n'y a d'inflexion que stratégique.

 

 

 

2 Or quelle est la valeur primordiale pour la société que Sarkozy propose ? L'avoir. On le décline sous les aspects suivants, compétition, consumérisme, possession. L'avez vous entendu tenir un discours véritablement porteur de spiritualité ? Une seule valeur est mise en avant, la possession matérielle. En ce sens il est en contradiction totale avec les discours très sociaux de Jean Paul II, les positions qu'on peut trouver dans le catholicisme social, et le sentiment diffus de perte de spiritualité qui n'est pas que français.

J'entends spiritualité au sens large, en y incluant une optique comme celle¨non chrétienne de Comte-Sponville. Un athée, un agnostique peuvent avoir une vision spirituelle de la vie.

 

 

 

3 L'environnement est il un point transversal et capital pour NS ? Il suffit pour cela d'écouter Madame Lepage soutien actif de F. Bayroux et qui n'est pas, je crois, sectaire, pour avoir la réponse. L’Alliance  l’a d’ailleurs analysé au dessous de la moyenne quand 5 candidats étaient au dessus.

Ce peu de souci accordé à l'environnement, est en lien direct avec cet objectif purement matériel comme but de la vie. L’environnement doit se plier à la volonté humaine et l’humain se sacrifier à la rentabilité.

 

 

 

4 Passons à l'Europe. Lisons le programme sur un point majeur : il n'y a pas dans la démarche de Sarkozy de volonté de passer par le peuple pour un nouveau traité ou une constitution, ce sera la voix parlementaire et il est le seul à proposer ça. Le peuple qu'il appelle si souvent et auquel il tend tellement la main, est exclu de la décision. Pourquoi ? Evidemment qu'il s'agit là aussi d'un choix éminemment politique. Le peuple peut "mal" voter, en ce sens il est hors de question de lui laisser la parole, donc ni éducation populaire, ni responsabilisation des citoyens. Ils sont renvoyés à la seule case qui compte, celle de producteurs/consommateurs.

Sur l'Europe rappelons que la personne qui est la moins appréciée au sein des instances européennes entre FB, SR et NS semble nettement être ... Sarkozy.

Cela n'est pas forcément stupide. Les amis de monsieur Bayrou, démocrates sociaux et sociaux libéraux du PS ne sont pas sur la même ligne que lui. Libéraux certes mais pas à ce point. On peut craindre fortement qu'il choisisse de jouer solitaire, utiliser l’Europe et non jouer collectif. En cela il est logique, libéral et individualiste, la conquête est le but, pas la mise en commun ; il peut ainsi répondre aux libéraux et en même temps aux élans nationaux. C’est une logique de meute appliquée à l’économie, rien de plus. Rien d’étonnant donc à ce que monsieur Prodi, ancien président de la Commission Européenne , appelle les électeurs de M. Bayrou à voter Ségolène Royal.

 

 

 

5 On le voit, tout converge vers l'économique. Pas de gouvernement, ni d'Etat arbitre, mais de la "gouvernance" et un Etat au service des puissances économiques, pas au service des citoyens. L'économique est au dessus du social, du spirituel, du culturel. C'est parfaitement cohérent.

 

 

 

6 Dans la même logique, la politique économique portée par NS a été appliquée, plus mollement par d'autres depuis 25 ans. Ailleurs par d'autres. S'agit il de libéralisme ? Pour cela il faut aller voir les résultats. Demandez aux petits commerçants, artisans, patrons, employés, ouvriers, agriculteurs... si la situation actuelle leur convient ! Les délocalisations sont nombreuses mais surtout la concentration, la fusion, sont partout. Quelques entreprises dirigent l'essentiel de notre vie quotidienne. Il s'agit de véritables oligopoles, sans aucun lien avec la collectivité européenne, nationale ou locale, s'appuyant sur des milliers de sous traitants pressurés et qui eux mêmes font porter tout le poids sur leurs employés. La concurrence est éliminée, broyée, dans les campagnes et dans les villes.

Est ce cela le libéralisme ? Evidemment non, il s'agit du contraire. Et ceci se retrouve très exactement sur le plan international : cette concurrence  n'est ni correcte ni constructive. Elle n'aboutit qu'à une perte des libertés économiques... et socio politiques.

D’ailleurs sur le plan international et de l’immigration sa proposition laboure le même sillon : l’immigration choisie… prendre partout  ce qui nous manque en terme de main d’œuvre, de matière grise. Traduisons : piller les pays, ceux qui ne peuvent garder leurs compétences, donc particulièrement l’Afrique. Magnifique politique de co-développement on le voit. En interne cela permet encore une fois de maintenir la pression sur les revendications sociales, en gardant la peur au ventre des citoyens et en préservant voire en attisant la haine. La peur comme moteur économique, la discorde comme levier de pouvoir.

Dernière nouvelle qui vaut son pesant de cacahuètes symboliques : qui était présent à la salle Gaveau ? M. Antoine Seillière.

 

 

 

7 Et ce n'est pas fini hélas. Sur le plan des libertés il n'y a pas besoin d'intervenir, le pouvoir a ceci de terrible qu'il permet d'obtenir ce qu'on veut simplement par l'autocensure des subalternes ou leur volonté de bien faire. Chevènement l'a bien expliqué dans l'affaire récente des renseignements généraux.

Or que constate t'on ? Sur le plan médiatique, nous n'avons pas affaire à un Berlusconi, un « industriel des médias » mais à un politique dont les amitiés sont connues et  qu'il soit ou non actif, ce lien industrie / média / politique est profondément déstabilisateur et porteur de corruption et de confiscation du bien commun, en premier lieu, celui de regard critique. En cela F. Bayrou reprend ce qu’« Attac » défend depuis une décennie.

 

 

 

8 On continue ! Les notions de Nation et de République sont à l'opposé de la vision sociétale de NS.

Liberté ? On le voit ce n'est pas le cas sur le plan économique ; sur le plan politique ses déclarations pour faire payer certains comportements dans les médias (F3 par exemple), celle sur le fait d’imposer sans dialogue le service minimum ou la manière dont il a traité Nicolas Dupont Aignant (Gaulliste) ou Azouz Begag (ancien ministre de l’égalité des chances de Villepin) ne donne pas à penser qu’il est très ouvert au dialogue et à la critique.

Egalité ? Pas plus. La France a des chances d'aller mieux si on comprend France en tant qu'agents économiques impliqués totalement dans la concurrence sauvage. Les autres ? Morts et non comptabilisés.

Fraternité ? Pas de fraternité internationale ni intra étatique c'est inscrit  dans sa politique économique et dans ses résultantes sociales et environnementales.

Il ne faut pas être grand fakir pour voir que ce système est adapté pour la rente, pas pour le travail. Le système permet de survivre en se pliant à la demande patronale, la classe moyenne fond et se radicalise en réaction.

Laïcité et République une et indivisible? On peut fortement craindre un bidouillage progressif visant à transformer le républicanisme en démocratie de type anglo-saxon où le ciment n’est plus la communauté de valeurs au dessus des différences mais l’association des intérêts particuliers de chaque groupe.

 

 

 

9 Un autre élément qui rejoint cette acceptation des inégalités. Il existe une question de fond qui traverse la communauté scientifique et au delà, une véritable querelle qui semble opposer des courants tenants du cognitif et du déterminisme génétique. On voit ces querelles en éducation et ailleurs. Sans aller trop loin dans les pour et contre de ces 2 directions, on sait que la seconde peut aisément dériver vers des logiques de darwinisme social, d'eugénisme et au delà. Le libre arbitre est ainsi balayé, la dimension humaine réduite à une simple combinatoire organique identifiable et donc éliminable d’une manière ou d’une autre de la société.

Un seul candidat "tend" à pencher, selon ses termes, pour un clair déterminisme génétique, il parle de gène pour la pédophilie, le suicide et le nazisme en Allemagne. Ces propos ont été tenus dans « Philosophie magazine » face au philosophe Michel Onfray.

 

 

 

10 Petite cerise. Et la corruption ? Peut elle diminuer ? Au niveau de ceux qui sont ciblés actuellement, les petits... peut- être mais je crains que ça ne soit très illusoire. Pourquoi ? Parce que dans un monde où la corruption prend des proportions phénoménales par des biais boursiers, financiers sans aucun contrôle, par des concentrations entre peu de mains du pouvoir, par la mise en valeur des comportements de consommation, de réussite purement matérielle et rapide, il ne faut pas s'attendre à des résultats.

La technique utilisée est très au point et tout un chacun peut voir ses ravages : on cible toutes les petites arnaques, les petites paresses, les comportements inciviques des sans pouvoirs c'est-à-dire son « voisin de palier qui nous vole et nous empêche de consommer » et ainsi on passe sous silence ce qui dans la société entraîne ces comportements, ceux qui relaient à longueur de journée le cynisme dans les médias et ceux qui à tous les postes de pouvoirs sont inciviques et dans une bulle comme dit M. Kahn.

Peut- on croire que sans changer des comportements au niveau de l'élite socio économique on ferait de la « piétaille » de bons citoyens honnêtes. C'est totalement puérile et illusoire.

 

 

 

11 J'allais oublier... la paix sociale, la baisse de l'insécurité. La montée des tensions est inscrite là encore dans le modèle. On le voit dans la tension générée par l'élection ; mais cette radicalisation est plus ancienne et contrairement aux impressions actuelles, ces haines sous jacentes sont là et prêtes à exploser sans aucun moyen pour les encadrer, ni syndicats, ni partis.

On me répondra, oui mais il a fait baisser l’extrême droite pour la première fois. Kouchner et Cohn Bendit l’ont reconnu avec justesse. Est-ce une baisse de ces idées ou une distillation au sein d’un parti plus grand ? Près d’1 million d’électeurs FN sont allés ailleurs et pour la plupart chez Sarkozy. Par pour ses beaux yeux mais pour son « volontarisme » qu’on pourrait aussi voir comme de l’autoritarisme et pour certaines de  ses positions orales tranchées assez proches voire identiques au FN dans les termes. Alors question, ces idées ont-elles disparues ? Non évidemment, elles intègrent un parti plus grand et mélangé, au risque d’avoir plus d’audience puisqu’elles sont validées dans des discours. Utiliser ponctuellement un discours qui n’est pas le sien mais celui d’un groupe extrême, comment doit on l’analyser ?

A cette radicalité ne peut que répondre un discours de violence et d’excès inverse ; que ce soit un discours généreux mais intolérant ou un discours envieux de ne pas avoir sa part du gâteau mais avec les mêmes valeurs que celui qui est diabolisé : écraser, posséder, consommer, exhiber ! (Exemple : certains discours de banlieues)

Cette logique de guerre se retrouve à l’international par  la mise en concurrence avec les autres pays, en particulier au sein de l'Europe ; cette conception va de pair avec la concurrence entre individus. Ce qui explique la logique de confrontation systématique de son discours. Combattre des comportements discutables est une chose, ne cibler qu’un seul groupe d’individus et  proposer une organisation fondée sur le conflit est autre chose. En vérité on connaît cette technique depuis longtemps, elle est appliquée là encore dans les entreprises, appeler à dénoncer son voisin comme dans certaines usines dans le Nord et ailleurs, régner sur la discorde, principe vieux comme Hérode.

Cela produit 2 mouvements contraires déjà très visibles : communautarisme et nationalisme en Europe et en France.

En parlant de volontarisme… La raison du choix Sarkozy pour beaucoup d’électeurs est son : « il bouge lui ». Il parait d’autant plus actif que Royal semble figée dans son corps et sa manière de parler, que les sociaux libéraux du PS ont accompagné ce type de capitalisme en tentant de le freiner un peu.

Mais problème, il bouge pour faire quoi ? Et là son volontarisme est au service de la destruction de l’action régulatrice de l’Etat. Donc il va agir oui ! Mais pour servir ce modèle économique, pas pour le corriger ! Il va donc aller à l’opposé de ce que la plupart de son électorat ouvrier, de classes moyennes, de petits patrons, de retraités croit ! Ils seront les premiers à passer à la casserole puisqu’ils sont déjà fragilisés et que le système vise uniquement la responsabilisation individuelle, c'est-à-dire à trier les faibles des forts… ou comment se suicider sans le savoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors... ben alors face à ces 11 points, qu’on puisse ne pas apprécier le PS, la gauche, Ségolène Royal. Que des électeurs de Bayrou attendent 2012 en espérant la défaite de Royal. Qu’on parie sur la victoire de Sarkozy afin de faire basculer la table ou au moins l’opinion vers la gauche. Tout cela pourquoi pas, on peut l’entendre.

Mais on peut ressentir cela comme très dur à avaler et considérer que c’est prendre un bien grand risque.

L'un des deux camps génère de beaucoup plus grandes inquiétudes que l’autre. De ces 11 points, par leurs positions respectives ou leurs alliances, les candidats ne se valent pas.

Il ne s’agit pas de diaboliser ou de fasciser un parti, une personne, des électeurs, de plonger naïvement dans un « tout sauf Sarko » comme le dit Julien Dray (on enfermerait l’autre dans ses certitudes) mais de bien peser quel est le calcul le plus potentiellement déstructurant même si on n’adhère pas non plus à l’autre ensemble politique.

 

 

 

Dans l’urgence il s’agit de contrer ceux qui prônent,  Sarkozy à leur tête, de plonger corps et âme dans ce  type de capitalisme qu’on peut qualifier comme E. Todd de « capitalisme fou ».

Chaque chose en son temps, un combat à la fois.

 

 

 

Bon voilà, si ça te serre un peu face à des hésitants, tant mieux.

 

 

 

 

 

 

Pour ceux qui à gauche du PS et chez les verts ont des difficultés avec Bayrou et  les centristes, il existe en vérité plusieurs points de jonction très forts entre eux. Je dis ça d’autant plus librement que je suis en désaccord sur des éléments de fond avec Bayrou, mais bon, une autre fois.

 

 

 

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Lundi 9 juillet 2007

Bayrou partage globalement l'analyse de M. Kahn

Je me trompe peut être mais je la vois ainsi :

 

1

Le monde est extrémiste et donc le centre se retrouve à la bordure plutôt que paisiblement au milieu, comme un ventre mou.

Il y a sans doute, comme le dit Emmanuel Todd, une réelle schizophrénie des citoyens sur leurs demandes, mais on peut sur différents thèmes y voir un net décalage vers ce qu'on pourrait appeler la gauche (un peu rapidement).

Cet ensemble politique pourrait plutôt se résumer comme « force de contestation à la logique de système actuel, donc de réaction » (lire pour ça M. Régis Debray sur la notion de réactionnaire). Résistance ne voulant pas dire absence de propositions.

 

2

Il propose pour cela une démarche de travail collectif, c'est à dire trans-clivage sur une logique de contrats.

 

3

Il voit pour ça un travail à l'échelle de l'Europe et semble t il en accentuant le poids des régions

 

4

Cette démarche va de pair avec un volonté de rééquilibrage international notamment de réorientation économique de la PAC et de, pour parler simple, protectionnisme au niveau de l'Afrique voire peut être… peut être de l’Europe. Sur ce dernier point il reste très flou concernant la Banque Centrale , les taux de change, les taxations notamment

 

5

Il veut mettre l'homme au centre et donc s'oppose à la logique du tout économique et purement consumériste (voir ses réactions lors des massacres d’animaux durant la crise de la vache folle par exemple)

 

6

Il adhère à l'économie de marché et pense régulation

 

7

Il est sur le plan international, poussé sans doute par ses combats anciens personnels et la logique politique de sa famille démocrate chrétienne, vers une volonté farouche de dialogue et de pacifisme

 

8

Il défend le libéralisme, en opposition à des forces antilibérales généralement appelées « néo libérales »

C'est à dire une économie réglementée, une société moins Etatisée et moins judiciarisée, une laïcité forte. Ce qui signifie séparation des liens économique politique médiatique, refus d'un Etat trop centralisé et d'une forme de pouvoir trop personnalisé, disons bonapartiste.

 

Il existe sans doute d'autres points capitaux mais hiérarchiquement je vois là une partie de ces choix de fond.

 

 

Maintenant, je vois aussi 3 dangers très grands à cette démarche :

 

1

Il souhaite travailler avec ceux qui à gauche et à droite partage un certains nombre de valeurs, soit, mais ces hommes se trouvent être ceux qui, semble t'il, ont orienté l'Europe dans les choix : il se réfère à Delors, Strauss Kahn, Barre, Rocard...

Non que ces hommes soient des affreux mangeurs de pauvres, des tyrans félons, traîtres à leurs pays, cynique en diable, mais tout simplement ils ont porté l’Europe (et pour Delors d'une manière très évidente en Europe), vers la situation actuelle, du moins l'image qu'on en a chez nous.

Alors là il y a problèmes car ces hommes ont été les principaux défenseurs, de bonne foi,  des dérives européennes depuis bientôt 30 ans, on est en droit de penser que ce choix est suicidaire pour nous.

Prôner ce centre rassembleur « là », comme en Allemagne, c'est proposer la même politique... avec à terme comme seul choix les extrêmes.

Car le risque ce serait de donner  plus de poids aux extrêmes dans l’ensemble des forces politiques restant hors du pouvoir.

La troisième force d'après guerre,  d'accord mais la prise de risque est très grande en France et ailleurs : Pologne, Pays Bas, Belgique…

La communautarisation est un danger pour la France vu son histoire mais l’un des dangers les plus grands est la montée d’une force disons de droite, nationaliste, xénophobe, parfois religieuse, inégalitaire (même si c’est caché) et très autoritaire. Je partage en cela l’analyse de M. Mélenchon.

 

2

Penser région et dialogue positif soit, mais les rapports de forces (côté dirigeants) ne sont pas en notre faveur en Europe, de plus la région est-elle le bon niveau, le bon levier pour jouer ce bras de fer ?

Pour négocier il ne faut pas arriver en position de faiblesse. Il ne s'agit pas d'un choix de toute éternité pour l'état centralisateur, mais c'est d'abord un lien culturel fort pour beaucoup et l'Etat (appuyé sur ses représentants et la population) est le meilleur garant de nos intérêts dans une négociation. Le projet européen est dans la logique de ses pères fondateurs d’après guerre« s »,  il vise à diluer les Etats et les nations, ils trouvent des soutiens évidents dans les forces économiques et financières qui n’ont aucun intérêt à voir se dresser des Etats tracassiers.

 

3

Enfin, sur le plan national, je ne remets pas en doute une part de sincérité, même grande de Bayrou (ce qui n'exclue pas du calcul et c'est normal).

Mais pour réussir cette réorientation vers la gauche de l'échiquier, pour se placer en pivot, il lui faut non seulement changer d'électorat en partie mais aussi de représentants... là c'est une véritable révolution. Certes la pompe UMP a permis de faire un tri sans doute salutaire, mais est ce que cette évolution vers une mise en cause de certains types de capitalismes est solide ? Pourquoi pas… sur une certaine durée.

Pour ma part je crois cette démarche de changement essentielle comme celle amorcée au milieu du XXe siècle par ce qui deviendra le MRP ; mais transformer aussi vite un appareil et un électorat… on peut craindre que ça soit un peu optimiste… on peut donc craindre un risque de faiblesse, de frein, de difficulté majeur à refuser ce « toujours à droite ».

 

 

Il y a sans doute d’autres failles mais ces 3 risques majeurs je crois, me font penser que ce n'est pas la bonne synthèse.

Je partage une grande part de l'analyse même si je ne vois pas cela en terme de 2 dimensions (droite gauche) mais en 3 dimensions et sous forme de connexions à l’exemple des neurones ce qui rend mieux compte des alliances possibles.

 Je partage l'idée de rassemblement mais pas avec ces hommes et donc ces idées là au poste de commande. On peut défendre une autre forme de rassemblement. Celle dont j'ai précédemment parlé sur ce site à la suite de la désignation de madame Royal (voir les commentaires sur cette vidéo de novembre 2006). Il en existe peut être d’autres… ?

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Lundi 9 juillet 2007

Avec un peu de retard…si on parle de réaction, oui j’étais content de voir moins de bleu que prévu le soir des législatives. Mais passé ce petit plaisir, j’ai malheureusement un goût amer en bouche : je trouve que dans l’ensemble ce qui sort de cette élection là n’annonce rien de bon.

 

 

1          La question républicaine est laminée :

Chevènement, Zuccarelli, Peillon mis hors course et en face Montebourg, Taubira ou Moscovici  qui l’emportent. Ces derniers ont sans doute des qualités mais leurs options sur diverses questions me paraissent creuses voire très nocives.

 

2          La paroi Droite / FN est enfoncée :

Marine Le Pen récupère plus de 40% d’électeurs à Hénin Beaumont, ville à dominante ouvrière (aller sur place ou voir l’Insee), où (malgré l’abstention) l’alliance entre la droite et l’extrême droite est belle et bien faite autour de la représentante du FN ; agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, professions libérales et ouvriers se sont retrouvés pour la soutenir (en mettant de côté le Modem mais en incluant CPNT DIV et le PSLE, les chiffres montrent apparemment un report massif : 17107 au 2e tour contre 17593 pour la droite au total au 1er tour dont 10593 pour le FN seul). Que les ouvriers soutiennent le FN n’est pas une nouveauté, qu’en revanche le reste de l’électorat traditionnel de droite fasse cette jonction, c’est grave et cela montre ce que recouvre ce soit disant siphonage du FN par Sarkozy. Ce qui va dans un sens peut aller dans l’autre sans difficultés désormais si le candidat a moins de casseroles historiques.

Ce constat peut se faire dans d’autres lieux où l’électorat de droite traditionnel conservateur annonce préférer le FN au PS en cas de duel de ce type.

La stratégie, la pensée politique qui est derrière cette candidature est hautement annonciatrice et dangereuse pour l’avenir.

Par ailleurs, quand bien même le gagnant à l’avenir serait labellisé UMP, je rejoindrais assez E. Todd : le risque majeur vient plutôt d’une dérive populiste consciemment assumé d’un candidat de parti plus classique. Sarkozy mèle savamment du Guaino, du Friedman, du Nixon et du Le Pen dans le texte et tout le monde plonge.

 

3          Le PS est morcelé et tend à se scléroser :

 

            Il sort de cette séquence avec la volonté de… parler dans un an de ce qui le ronge.

Je vois bien la position de Mélenchon par exemple, qui résume le « anti-putsch de Ségolène » général, pourquoi pas mais où est la pire solution ? Sincèrement bien malin celui qui peut y répondre. Je peux voir le risque d’aller vite mais mesure t’on bien le risque d’aller lentement et de s’enfoncer un peu plus ?

 

Malgré une remontée de l’électorat ouvrier, le constat est la poursuite de la dérive historique évidente du PS, la composition de sa base militante, de son électorat n’est pas de bon augure du tout. Je  constate la montée en force des cadres ou employés des milieux liés aux secteurs marchands en pointe (banque, assurances, communication…), donc gagnants de cette mondialisation, plus largement des centres villes boboïsés, et donc un ancrage du discours sur une base surtout sociétale et vaguement environnementale. On pourrait en dire encore beaucoup, comme par exemple sur les 20euros d’adhésion. Bref, il y a une tendance nette qui se dégage.

C’est pourquoi la carte qui apparaît au soir du second tour ne me réjouit pas du tout.

Parmi les analyses, le poids des catégories moyennes supérieures de centre ville en alliance avec les minorités agissantes et les exclus nous promet des jours très sombres.

Entre ce qui se passe en Haute Normandie en ville ou dans les villages, ce qui se passe dans le Nord et en Bretagne, en Auvergne ou dans le Sud Ouest… il y a plusieurs logiques, pas une seule tendance. Dire que le monde rural a planté la gauche est une erreur d’analyse, ça ne colle pas à la réalité en termes géographiques ou sociologiques.

 

Du coup, les hauts cris face à l’alliance au Modem sont d’autant plus mal reçus qu’ils recouvrent des réalités locales et donc des réactions très différentes, entre calculs savants mais « casse gueule » au final et  refus ou acceptations tout aussi discutables.

A mon sens il y a des distinctions fortes à faire entre les personnes et les alliances qui sont derrière, entre les parcours politiques et les futures orientations liés au poids national, européen et international :

Royale me parait sexiste et à l’opposé de ce que défend Mme Badinter par exemple, inquiétante sur la question de la place de l’Etat à l’opposé de ce que défendent Védrine ou Chevènement, floue sur la question sociale, dangereuse sur le problème de la victimisation et de la guerre mémorielle, floue sur la question européenne et surtout socio économique, dangereuse sur sa manière de gérer les dérives médiatiques et le rapport privé / public.

Pour autant, lorsqu’on parle d’alliance vers le centre droit, on oublie qui étaient très proches : Rebelle et Chevènement. Il y a des convergences mais aussi des divergences claires avec Bayrou (sur les duos légalité / légitimité ou Etat / Europe par exemple). C’est aussi passer sous silence l’histoire et l’extrémisme du contexte actuel : l’électorat démocrate chrétien, catholique social dérive une nouvelle fois vers la gauche, les textes de JF Kahn illustrent très bien cette tendance lourde (lire aussi René Rémond par exemple).

 

Enfin il y a des liens que les socialistes feraient bien de ne pas oublier entre ce nouveau Modem, une partie des écologistes et des altermondialistes ; si on parle stratégie, à trop vouloir temporiser le PS va se faire contourner idéologiquement et ne regroupera (hormis certains verts)  que les matérialistes forcenés et les croyants dans le progrès technique (communistes, MRC, radicaux de gauche s’ils existent encore comme composante de gauche…). la tendance radicale des verts et la gauche radicale (LCR, certains communistes, chevènementistes etc) restant éloignées, par antihumanisme, anti-républicanisme, sectarisme et refus du compromis ou rejet d’un accompagnement du type de capitalisme en action et calcul à plus long terme.

 

La situation demande plus une refonte générale, un dialogue avec les différents courants d’idées en même temps, qu’une orientation dans un seul sens ; chercher les points d’accord entre républicains et écologistes, gauche radicale et centre gauche catholique sociaux pour faire très simplifié.

En ce sens la montée de Strauss Kahn  est la pire nouvelle, il nourrirait la dérive vers un naufrage politique radical celui là.

 

4          Le catapultage de Juppé n’a rien de magnifique :

 

Oui c’est bien pour Delaunay, pour les socialiste au premier coup d’œil mais cela traduit encore une fois ce que j’ai dit au dessus (lire ou écouter Christophe Guilluy par exemple)

De plus, de tous les ministres c’était le seul qui avait une petite compétence pour occuper le fameux poste et qui avait assez de poids et de connaissance des milieux technocratiques pour agir un tant soit peu en faveur de l’environnement. Je rejoins là ce qui disait Mme Lepage le soir des résultats : on peut vouloir s’opposer à un camp politique et localement ne pas le souhaiter par inquiétude pour les 5 ans qui viennent. En effet, personne de poids ne sera au poste prévu alors que ces dossiers sont des plus graves (brevetage du vivant, crises majeures sur la chimie, l’eau et l’espace maritime, disparitions des espèces, pandémies liées au modes économiques et aux flux mondiaux, réchauffement climatique et donc flux migratoires massifs, tensions sur l’énergie et les matières premières, donc à terme menace sur les organisations politiques, sociales, la démocratie, risques énormes liés à l’écart croissant entre technologie et conscience, corruption en hausse).

Sans lui décerner des lauriers (j’ai de la mémoire comme les autres), à choisir, des 11 ministres en campagne, c’est le seul que j’aurai laissé en place compte tenu du risque… Borloo est au placard et sa secrétaire d’état n’a pas les relais nécessaires.

 

5          Une opposition présente mais pour quelle action :

 

Le poids des opposants à l’assemblée nationale ne permettra probablement pas d’inflexion réelle sans divergence au sein de la droite ; ensuite la commission réservée à la gauche n’aura pas de véritable pouvoir, comme le dit Fabius (« une voiture un chauffeur ») ; enfin en ce qui concerne l’absence de majorité pour réviser la Constitution , je crains que ça soit  optimiste. Moscovici a exprimé son accord pour un accord simplifié sur France Inter, même s’il y a joint des critiques. Il ne fait qu’exprimer l’accord de nombreux socialistes qui cherchent à éviter un passage par la case référendum. D’ailleurs qui dit que le Conseil Constitutionnel n’acceptera pas le texte en l’état...

Un parti qui domine totalement et annule le débat parlementaire, qui désamorce l’opposition en parlant d’unité nationale et en multipliant les ralliements, mais qui souhaite passer en force en multipliant les « réformes » en même temps, des réformes dont le but est une société désorganisée et en proie à l’insécurité (voir la dissociété dont parle Jacques Généreux), une opposition parlementaire ayant la parole mais peu de capacité à agir… c’est potentiellement très risqué.

On devine quel est le risque : c’est le camp dominant qui se déchire ou c’est la rue qui devient le seul lieu possible de contestation.

Il suffisait d’écouter Mme Alliot Marie il y a peu pour l’entendre parler de possible dérives terroristes dans le sillage des années de plomb italiennes. Sans débouchés politiques, cette dérive de quelques individus est probable et les  problèmes le soir de l’élection présidentielle, provoqués par des personnes d’extrême gauche illustrent ce rejet du fait républicain. Des peurs qui, bien utilisées, sont  payantes politiquement pour le pouvoir en place.

 

6          Un retour aux urnes en trompe l’œil :

 

 

            On nous a parlé de rebond démocratique, que désormais les français étaient retournés aux urnes, dans la droite ligne de ce fameux siphonage du FN. Wapiti wapita, la démocratie saute du lit. Mon œil !

39,58 et 40,01 d’abstention, taux records… et en plus, des groupes différents selon le tour. On est dans de l’hyper réactif. Démobilisation à droite et démobilisation de l’électorat dit de « banlieues ».

On peut y voir une traduction triste pour l’avenir.

A l’instar des médias (l’œuf et la poule, qui crée l’autre), le recours à l’affectif et à la personnalisation, le manque de culture politique fonctionnent à plein. C’est le terreau idéal pour un pouvoir centralisé dans les mains d’un seul, mais c’est aussi celui qui sert aux revirements brusques et radicalisés (1993 par exemple), aux mouvements de masse incontrôlés.

De plus, où est parti le sens national des députés ? Sur le plan local, on entend parfois qu’il faut faire une campagne purement locale pour être élu. On attend du député qu’il travaille pour sa zone, point barre. On ne parle que de son petit problème comme le remarquait Peillon en off après un meeting. On inverse le calendrier. Magnifique rebond.

 

En résumé, je ne vois que de lourds nuages comme disait Mélenchon à Rouen en 2005… de lourds nuages…

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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Dimanche 27 mai 2007

D’abord je suis heureux de lire dans l’édito de Jean François Kahn du numéro du 24 avril de Marianne qu’il est sur la même ligne exactement que celle dont j’avais parlé ici même en novembre 2006. Et nous devons être assez nombreux à développer la même démarche en vérité.

 

De quoi s’agit il ? Simple : l’idée d’un rassemblement de type CNR regroupant les courants socialiste et au-delà à gauche, altermondialiste compris, du courant social républicain et gaulliste, du courant chrétien démocrate, centriste et social démocrate, des libéraux conscients de la dérives extrémiste de leur courant de pensée et de ce courant nouveau depuis 1945 qu’est l’écologie.

 

Ce vaste ensemble s’oppose à 2 groupes :

- Un premier groupe qui prône un accompagnement à marche forcée du système économique actuel dans une logique de prédation et de possession, une logique de mort sans spiritualité ; ce groupe peut aller parfois loin dans le rejet démocratique voire la valorisation de l’inégalité  : UMP et FN et beaucoup de personnes hurlant au fascisme mais jaloux de ne pas être à la place des dominants.

(Il ne s’agit pas de parler de fascisme, de diaboliser mais il me semble illusoire de refuser de constater la vision globale portée par cet ensemble).

- Un groupe, souvent par idéal social, portant aussi un message éloigné des notions républicaines, voire démocratiques et même humanistes : une partie de la gauche extrême et des écologistes radicaux

 

 

Il est évident qu’une partie du PS et l’UDF, c'est-à-dire les chrétiens démocrates, centristes et sociaux démocrates posent un problème par leur accompagnement de la dérive autodestructrice de ce type de capitalisme. 

Leur logique de prudence me les faisait placer avec l’UMP et le FN, toutefois le positionnement plus républicain, écologique et très critique socialement de Ségolène Royal au cours des précédents mois a recadré, légèrement, le PS. De même l’UDF (du moins certains élus et son électorat) continue son lent voyage vers la gauche, déplacement  parfaitement logique vu les références idéologiques de cet UDF resserrée et le caractère extrémiste que prend le Monde contemporain. La proposition de J. P. Chevènement de permettre une alliance de rechange, avec certains d’entre eux, me parait constructive en leur évitant un hara kiri impossible.

 

Cette modération trop importante me fait toujours craindre un risque économique et démocratique majeur quand on constate sur le plan international, européen et français les évolutions. Les radicalisations fleurissent.

 

Toutefois, refuser de travailler avec eux me parait être un mauvais calcul car la majorité échappe alors à ce nouveau CNR et ils sont par ailleurs des alliés indispensables puisqu’ils partagent une communauté de vue malgré tout.

Par ailleurs jusqu’à nouvel ordre, dans cette élection, il s’agit de combattre d’abord des idées et des actions ; on doit parler autant que possible à l’autre plutôt que l’ostraciser.

Dans l’urgence il s’agit de contrer les idées prônant,  Sarkozy en porte voix, de plonger corps et âme dans ce capitalisme mortifère.

 

La clé de cette combinaison réside plus dans la définition du groupe pivot. En ce sens cela ne peut pas être le pôle social libéral ou démocrate social qui a échoué et ne peut qu’enfoncer plus profondément le pays et l’Europe dans une crise majeure, ni à l’inverse le pôle gauche radicale et altermondialiste, pas plus le groupe républicain de gauche par ses tensions fortes avec l’autre pôle écologiste ou ce dernier pour la même raison. Les tensions même entre oui et non au référendum et ces 4 tendances pose comme pivot le pôle socialiste qui est large en terme numérique, composite et en perpétuelle négociation entre toutes ces tendances. Ségolène Royal marie des positions de chacun de ces 4 ensembles en ménageant, par des flous sans doute volontaires, ce quadrille.

Là réside sans doute la différence avec la position de Jean François Kahn, mais la politique c’est aussi savoir négocier sans se renier.

Par clavaboudchuc - Publié dans : politique
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