Le Canal des mots usés

Publié le par stéphane.grim

Réaction au passage de J.F. Kahn au Grand Journal de Canal + (21.02.2008)

Après revisionnage voici ce qui me vient à l'esprit en dehors d'un certain dégoût mêlé de colère


L'appel est clair, il parle de "dérive" pas d'un état de fait déjà avéré :
donc lorsqu'Apathie explique que depuis que Sarkozy est élu démocratiquement on ne peut pas parler de monarchie élective, que jamais depuis cette date la Constituation n'a été violée, il a soit un problème avec le vocabulaire, soit un déni flagrant même inconscient, soit un refus conscient.
Une tendance n'est pas une situation définitive, tranchée.

Les amalgames que citent JFK ont bien été tenus et ce dernier ne parle pas de tout le monde (donc des personnes sur le plateau) comme le sous entend Denisot.

Monsieur Apathi avance un argument mal tourné : la volonté de montrer que la droite n'est pas républicaine. Oui une part cherche à dire que c'est déjà le cas, mais on est loin de la tendance qui dit comme dans ce manifeste que les nuages s'accumulent et que nous devons être vigilants, en clair nous n'y sommes pas mais certaines dérives nous paraissent inquiètantes. Encore une fois il s'agit de tendance. Problème de vocabulaire ou de réflexion cher Apathie.
On pourrait rappeler par ailleurs que beaucoup d'opposants soutiennent que cette volonté de créer un climat de guerre civile est justement le fait de Sarkozy depuis plusieurs années, que cet homme se nourrit du conflit. Comme dans le cas du people il a utilisé cela il a donc suscité des comportements et des manipulations identiques, triste retour de choses mais prévisible.

Ensuite monsieur Apathie fait de l'injonction « elle est républicaine la droite ou pas ? » évidemment qu'on ne peut pas répondre non, ce n'est pas une question c'est la volonté d'enfermer l'autre dans un non débat. Le problème est sur sa dérive, pas sur un état de fait encore une fois. Le contraire de tout travail de réflexion, d'échange, de travail journalistique.

JFK en revanche, je crois, a tort de dire qu'il ne voit pas un risque pour la République lorsque Ali Badou lui pose la question.

Ensuite bétises ou idioties tout un chacun peut se faire un idée du niveau de déni de Denisot et d'Apathie dans cet échange

Mais le meilleur et le plus parlant n'est pas là. Certes la presse n'est pas muselée ou sans pluralisme mais... ami Badou, comment expliquez vous que Marianne enregistre de tels scores de vente ? Simplement et vous le savez parcequ'il est devenu l'organe principal d'opposition. Libération et Le Monde, à tort ou à raison (malgré les tentatives de Joffrin) sont perçus comme participants du même combat. Pourquoi ? Parceque vous semblez ne voir que l'opposition entre une gauche représentée par Moscovivi, Guigou, Rocard, Strauss Kahn.. et la droite au pouvoir. Comme si le débat se résumait à ça dans les têtes ! Comme si le haut pourcentage de vote de 2007 impliquait un magnifique retour de la démocratie, un ralliement total aux idées de l'UMP ou du PS, à Sarkozy ou Royal ; réellement quelle analyse !!
En vérité ces organes de presse sont désavoués depuis longtemps en dehors même du problème de fond qu'est la grande difficulté de structuration politique des citoyens.
Un autre élément illustre très bien cette erreur de fond : Apathi est présenté par Denisot comme impartial ; Apathie crie haut et fort qu'il n'est pas le commis de quelqu'un. Mais ce n'est pas le propos de JFK, ni le mien, ni celui d'autres. Le problème c'est qu'ils confondent impartialité et être aux ordres d'untel, entre impartialité et neutralité, entre neutralité et travail d'analyse (de journaliste ou de simple humain).
Ca n'a rien à voir. Ces messieurs du plateau et cette dame peuvent parfaitement ne pas être en mission commandée ça n'enlève rien au fait que la neutralité est une ânerie en journalisme et en termes d'idées. Là encore on doit parler de « tendance » ; on tend, enfin on essaye de tendre à la neutralité mais tout observateur est impliqué par son simple regard, je ne fait là qu'un rappel de fond de Bourdieu (certes on peut en parler pour un positionnement de Nation dans un conflit mais c'est autre chose). On n'est d'ailleurs pas plus neutre c'est à dire en dehors qu'impartial c'est à dire pile au milieu des protagonistes dans l'information. De plus le positionnement sur de nombreux sujets de monsieur Apathie est visible comme une vache au milieu d'un couloir, il n'y a pas de neutralité, pas d'impartialité et l'erreur dont se meurent les journaux est depuis longtemps celle là en partie, ils se prétendent pragmatique, neutres, de juste milieu avec un recul qui les mettraient au dessus de la mêlée comme par un flash divin.
Cette erreur intellectuelle est grave car elle est une des bases du rejet croissant envers les médias, ceux là même qui se drapent dans l'impartialité et la neutralité, ce qui est une absurdité, une vraie connerie sinon un mensonge et un délitement de l'idée républicaine... car nous avons besoin de libertés dans l'information est le ressenti manifeste c'est que depuis bien avant Sarkozy la marge existe mais est réduite sauf pour un public averti, un public qui a eu les outils qui lui permettent d'aller chercher l'information différente.
Est ce tout un chacun ? Est ce vraiment une capacité que tout le monde maîtrise «les doigts dans l'nez» ? Croyez vous que cette grande difficulté (pour la plupart) à avoir une information moins consensuelle produit du consensus et un accord avec le discours convenu ?
Aveugles ! Dangereux aveugles !

Et un dernier mot : merci Jean François Kahn même si plus de calme retirerait le peu d'argumentation de ces ravis de la crêche

stephane

Publié dans politique

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