Aux perdants levons nos verres

Publié le par stéphane.grim

 Texte publié dans le bulletin socialiste local


Aux perdants levons nos verres !


Cette présidence vit de la division, pourtant il existe une majorité de perdants dont l'intérêt serait de retourner sa colère contre ce pouvoir plutôt que son voisin. Qui sont-ils?


I Salariés et indépendants : 91% de salariés et les indépendants atomisées! Amusant de voir ce gouvernement vanter les entrepreneurs mais servir les grands groupes. Fini artisans, commercants, petits agriculteurs... On préferera libéraliser la vente des médicaments, créer ou étendre des grandes surfaces (or 1 emploi de grande surface créé c'est 4 à 5 de perdus). Pas sûr qu'un monde de salariés = démocratie! Gagnants les installés et supergagnante l'élite socio-économique et médiatique grâce à ses biens, son réseau et son éducation reproduisant un groupe toujours plus fermé. Une politique qui écrase les producteurs mais aime la rente, surtout la grande!


II Classes populaires et moyennes : quand on parle aux employés et ouvriers c'est avec un casque pour faire prolo et leur dire de travailler plus, plus d'années et le dimanche. Et la crise n'arrangera rien (salaires, effectifs et conditions de travail). Seules les banques sont sauvées sans contrôle. C'est aussi l'essentiel de la classe moyenne qui s'écroule. Pour comprendre il suffit d'écouter Carlos Gown, patron de Renault, parler des voitures, haut et bas de gamme, entre les deux, fini. Pareil pour tous les produits et pour la société. Seul un petit groupe se détache vers le haut.


III Métiers out : au coeur de ce petit groupe (pas les petits employés) : banque, finance, assurance, pub, communication, services aux entreprises. Ses valeurs : vitesse, concurrence, rentabilité. Sa philosophie : «la société n'existe pas», «seuls les plus forts survivent», «atteignez vos objectifs, sinon vous n'existez pas et c'est votre faute!». Les autres professions sont méprisées, laminées par la globalisation, étranglées par la concentration économique.


IV Exclus, pauvres et précaires : quelques chiffres officiels froids : 8 millions de pauvres dont 10% ont plus de 65 ans et combien de sdf... 3,4 million de travailleurs pauvres dont 30% d'indépendants. 3,2 millions de chômeurs tous critères confondus. 1,3 millions de temps partiels subis, majoritairement des femmes. Des écarts de salaires de 40 % entre les 50 ans et les 30 ans. Des revenus annuels des grands patrons français allant de 3 siècles à plus d'un millénaire de smic brut! C'est pour ça qu'il faut encore plus «réformer» et mieux «expliquer», bien sûr!


V Monde rural et grandes périphéries urbaines : d'un côté ceux qui ont les salaires pour vivre au centre, avoir accès aux services culturels et de santé. De l'autre ceux qui doivent s'endetter pour s'installer de plus en plus loin, à qui on fait miroiter la propriété privé tout en comprimant leur salaire. Progressivement les centres urbains sont vidés des revenus modestes et désormais les espaces ruraux sont majoritairement habités par des ouvriers.


Des gouvernements ont freiné sans changer de cap, d'autres n'ont rien fait ou soutenu ces tendances. «Lui» ose tout, jusqu'à parler de réguler le capitalisme pendant qu'il privatise, dérégule et détruit par la logique comptable y compris la santé, qu'aucune vraie réforme bancaire, financière ou des échanges internationationaux n'est proposée, que les 300 milliards destinés aux banques sont placées sous la tutelle de l'ex patron du FMI responsable de plusieurs crises dont la faillite en Argentine! En résumé : aux gagnants les gamelles, aux perdants les poubelles, santé !

Publié dans politique

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