Segolène : une victoire ?

Publié le par clavaboudchuc

Victoire ?

Victoire de qui, de quoi...

Bon... tentative de constat et d'impression qui vaut de qu'elle vaut...

 

Constat : cette élection exprime un déplacement assumé des fondements politique du PS ; la démarche "sociale démocrate" de DSK occupe "publiquement" (écoutez l'émission de France inter du 16 novembre avec Jean Marie Bockel, social libéral assumé pour se faire une idée réelle des positionnements internes au PS) plus de place ; celle de Fabius, qui prônait une démarche opposée diminue. Accompagnement assumé et peu aménagé du type de capitalisme actuel contre accompagnement plus fortement encadré, c'est le premier qui gagne.

Ségolène, comme le soutient Zsafran de Marianne, pioche dans l'ensemble de l'échiquier politique. Y voit on une cohérence ? La présence de Montebourg avançant des arguments contre les types de capitalismes dominants et son vote "non" au référendum assurent ils une possibilité pour lutter contre l'état des choses ? Là est la question... mais où est la réponse ???

 

Impression : la composition du PS me semble comme le MRP dans l'après guerre faire dériver ce parti vers la droite, l'ouverture à des "prix bas" de l'adhésion a accentué cette dérive et là je rejoins Emmanuel Todd qui prétend que les mouvements se font de plus en plus vite ; je rejoins aussi René Rémond parlant de tapis pour montrer la dérive de la plupart des partis dans l'histoire vers ce qu'on appelle la droite, ce qu'on pourrait plutôt définir je crois comme l'acception de l'ordre établi.

La composition du PS me parait marquée par la forte présence de catégories moyennes supérieures, voire hauts cadres, notamment administratifs, de milieux liés à l'évolution vers le tout économique, c'est à dire assurance, finances, banques, communication en particulier.

Par ailleurs les positions sur la création des fameux jurys me semble contourner l'idée de représentation des citoyens et de rapports de force véritablement représentatifs de l'état d'esprit du pays.

 En résumé : des idées qui peuvent être intéressantes pour le débat mais me semblent répondre à une crise par des outils aboutissant à un accroissement de la crise.

Je passe sur l'évolution de madame Royal qui depuis 15 ans que je la vois m'a plusieurs fois choqué par des prises de positions que je crois malsaines ; relire ou réécouter pour cela ses interventions sur l'affaire d'Outreau et la manière dont elle a mis de l"huile sur le feu me parait utile.

Ses remises en cause de notions de base républicaines me semblent détruire la cohésion et l’outil pour se défendre face à ce qui nous ronge ; son acceptation que je crois dissimulée mais réelle de l'orientation européenne, fer de lance d'un type de capitalisme mondial autodestructeur me semble très antilibéral, puisqu'elles va dans le sens de la destruction de la concurrence et la création de monopoles (consulter pour cela les sites des verts ou de madame Lepage, les antilibéraux, les positions de Bayroux, de Dupont-Aignant pour ce faire une idée sur ces monopoles).

 

Tous ces positionnements me font donc penser que :

1 le PS dérivent fortement vers le centre droit

2 Que ces élections peuvent aboutir progressivement au départ d'une petite partie du PS, même si celle ci devient très minoritaire.

3 Que l'on nous met en avant médiatiquement un duel droite hard et droite modérée Sarko Ségo, très dangereux par rapport à la situation politique française. Là aussi, lire monsieur Todd ou plus ou moins clairement Jean François Kahn qui parlent d'apesanteur pour définir l'état mental de la couche supérieure de notre société.

4 Que la technique utilisée pour gagner est ambiguë : sur le plan de l'adhésion au PS, des positions défendues, du type de communication tout cela peut autant s'interpréter comme compréhensible et finalement correcte que dangereux et très calculé avec pour seul but  la conquête du pouvoir

5 Que l'un des clivages les plus important est celui qui oppose 3 camps fortement :

- Une grande partie du PS et de l'UMP, et d'ailleurs sans que cela soit clairement exprimé publiquement le FN aussi : accompagnement à marche plus ou moins forcée du système économique actuel

- Un pôle qui reprend la logique du CNR : gauche socialiste communiste et autres, gaullistes et  républicains, démocrates chrétiens (même si leur critique économique les place encore en partie dans l'autre bord) et une 4ème composante absente en 1945, les écologistes… voire quelques libéraux conscients de la dérive extrémiste de leur courant de pensée

- Une part  de l'extrême gauche et des écologistes portant aussi un message assez éloigné des notions républicaines ou humanistes qui sont défendues par le groupe précédent

 

Conclusion :

 je pense effectivement depuis plus de 20 ans  que les clivages entre partis ne correspondent souvent plus à la réalité des clivages politiques vécus. Et que la remise en cause actuelle vise à détruire non seulement les bases sociétales crées par le CNR d'après guerre ; mais aussi au delà, les avancées de 1936 et à terme sans réaction, c'est le suffrage universel et le système démocratique lui même qui est visé, ceci à moyen terme par la logique des forces en présence. Sans réaction ferme contre un système extrémiste, au delà du danger environnemental, on a devant nous d'autres dangers tout aussi rapidement graves sur la plan interne français, européen et international.

 

...Et madame Royal ne me parait pas du tout répondre à ça, bien au contraire elle participe  dans un bilan global de ce qu'elle me donne à lire et à entendre de la destruction de ce qu'il reste à défendre.

Je dis donc méfiance et alarme face à cette élection interne au PS.

Publié dans politique

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