Décentralisation ?

Publié le par clavaboudchuc

 

 

 

 

 

 

Réaction aux propositions de l’hebdomadaire Marianne (La vraie rupture : rendre la France à tous les Français. II. Seconde série de propositions de la rédaction de Marianne, parues dans le numéro 501 du 6 janvier 2007).

 

Le point qui semble faire tiquer bien des gens dans les différents commentaires que j'ai pu lire, concerne la décentralisation

 

 

 

Mais est ce que la question est : quel est le bon système ? Ou plutôt... quel est le système le moins mauvais dans ce contexte précis ?

 

 

 

Or sur ce point, quelle semble être la recherche de quelque uns des acteurs ?

 

 

 

Elimination du niveau communal et départemental, fusion de certaines régions, ce qui en d'autres termes correspond à une Europe des régions avec disparition des Etat nations. Ce modèle qui a sa cohérence prétend pour les plus honnêtes défendre un espace pacifié par la disparition des antagonisme nationaux et l'imbrication économique, défendre des identités, ou une structure plus forte pour agir sur le plan environnemental en contournant les freins nationaux... pour d'autres moins honnêtes dans leurs discours, il est une cour de jeu idéale pour une économie dominant totalement tous les secteurs et ayant éliminé son ennemi principal : l'Etat

 

 

 

Ce système est partagé donc par de nombreux acteurs économiques libéraux (encore que ce terme à mon sens ne conviennent pas à des destructeurs de liberté de choix, des bâtisseurs de monopoles nouveaux) et leurs soutiens politiques présents notamment au PS et à l'UMP, aussi par ce qu'on pourrait nommer globalement la démocratie chrétienne ou les centristes farouchement européens et des écologistes et autonomistes ou indépendantistes multiples.

 

 

 

Or justement, détruire le dernier rempart qui permet un contrôle devenu fragmentaire : l'Etat... est ce le bon moyen pour pouvoir lutter contre la corruption grandissante et des pouvoirs économiques sans aucun liens avec une quelconque collectivité ?

 

 

 

Refuser ça ce n'est pas dogmatique mais contextuel.

Le moment n'est plus bon pour une telle démarche.

Une décentralisation n’est pas forcément un problème en soi, mais la dissolution d’échelons de proximité par fusion et l’évaporation de l’Etat sous les coups de boutoir conjugués de l’Europe et de la région n’augure rien de positif, à mon sens, dans le contexte et compte tenus des objectifs qui sont derrière cette politique.

Je rejoins par ailleurs la référence à une époque précise, celle de notre Moyen Age où des potentats locaux avaient un pouvoir d'autant plus puissant qu'il ne trouvait rien pour leur barrer la route... nul état de droit.

Non que ces puissants avaient disparus mais la logique centralisatrice en avait réduit la portée.

La disparition de l’Etat (et par ailleurs de la commune et du département) permet le renforcement de puissances locales clientélistes et celui de  puissances économiques utilisant la dérégulation Européenne pour contourner certaines protections nationales (santé, protection sociales…)

On augurera qu’on pourrait appel au droit européen, mais ce serait oublier la puissance des lobbys, où l’argent, les bons relais et la communication trient entre les forts et les faibles. Il y a là une convergence d’intérêt évident entre 2 types de pouvoirs, ceux locaux clientélistes et ceux sans attaches collectives.

 

 

 

Par ailleurs le modèle historique très particulier français, républicain, est sans doute celui qui crisse le plus à ces orientations car il est fondé dans la mentalité collective sur une volonté politique, la volonté du vivre ensemble… la citoyenneté... et non sur un autre critère linguistique, religieux, géographique. Face aux orientations communautaristes et à leur pendant la montée nationaliste... il me parait être plus pacificateur que d'autres.

Eliminer l'Etat nation dans ce contexte international et intra étatique me parait le plus mauvais service à rendre à la démocratie et aux libertés fondamentales... y compris in fine aux libertés économiques... le risque  de chaos social et civil me parait l'aboutissement peu évitable de cette démarche.

 

 

 

A vouloir noyer les peuples et leur organisation collective réelle et imaginaire, on fait surgir des antagonismes entre communautés, entre nations ou entre classes sociales. A vouloir aller trop vite et trop loin on risque fort d’obtenir l’effet inverse.

Rien n’est tout blanc ou tout noir mais lorsqu’il y a déséquilibre, où est le risque le plus grand ?

 

 

 

En résumé, l'Europe me parait l'échelle la plus adaptée à la mondialisation actuelle et l'Etat, (sans être un fanatique de cette organisation qui demande des contre pouvoirs) me parait la  structure la plus juste pour faire basculer correctement l'orientation européenne, ceci par un rapport de force rendu possible à l'échelle d'un Etat.

La région poussée par les acteurs économiques libéraux multiples et diverses forces politiques (verts, centristes, PS, UMP) noierait toute capacité d'intervention ; n’est-ce pas justement le but recherché par certains ?

Publié dans politique

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