réaction à l'édito de marianne du 24 avril 2007

Publié le par clavaboudchuc

D’abord je suis heureux de lire dans l’édito de Jean François Kahn du numéro du 24 avril de Marianne qu’il est sur la même ligne exactement que celle dont j’avais parlé ici même en novembre 2006. Et nous devons être assez nombreux à développer la même démarche en vérité.

 

De quoi s’agit il ? Simple : l’idée d’un rassemblement de type CNR regroupant les courants socialiste et au-delà à gauche, altermondialiste compris, du courant social républicain et gaulliste, du courant chrétien démocrate, centriste et social démocrate, des libéraux conscients de la dérives extrémiste de leur courant de pensée et de ce courant nouveau depuis 1945 qu’est l’écologie.

 

Ce vaste ensemble s’oppose à 2 groupes :

- Un premier groupe qui prône un accompagnement à marche forcée du système économique actuel dans une logique de prédation et de possession, une logique de mort sans spiritualité ; ce groupe peut aller parfois loin dans le rejet démocratique voire la valorisation de l’inégalité  : UMP et FN et beaucoup de personnes hurlant au fascisme mais jaloux de ne pas être à la place des dominants.

(Il ne s’agit pas de parler de fascisme, de diaboliser mais il me semble illusoire de refuser de constater la vision globale portée par cet ensemble).

- Un groupe, souvent par idéal social, portant aussi un message éloigné des notions républicaines, voire démocratiques et même humanistes : une partie de la gauche extrême et des écologistes radicaux

 

 

Il est évident qu’une partie du PS et l’UDF, c'est-à-dire les chrétiens démocrates, centristes et sociaux démocrates posent un problème par leur accompagnement de la dérive autodestructrice de ce type de capitalisme. 

Leur logique de prudence me les faisait placer avec l’UMP et le FN, toutefois le positionnement plus républicain, écologique et très critique socialement de Ségolène Royal au cours des précédents mois a recadré, légèrement, le PS. De même l’UDF (du moins certains élus et son électorat) continue son lent voyage vers la gauche, déplacement  parfaitement logique vu les références idéologiques de cet UDF resserrée et le caractère extrémiste que prend le Monde contemporain. La proposition de J. P. Chevènement de permettre une alliance de rechange, avec certains d’entre eux, me parait constructive en leur évitant un hara kiri impossible.

 

Cette modération trop importante me fait toujours craindre un risque économique et démocratique majeur quand on constate sur le plan international, européen et français les évolutions. Les radicalisations fleurissent.

 

Toutefois, refuser de travailler avec eux me parait être un mauvais calcul car la majorité échappe alors à ce nouveau CNR et ils sont par ailleurs des alliés indispensables puisqu’ils partagent une communauté de vue malgré tout.

Par ailleurs jusqu’à nouvel ordre, dans cette élection, il s’agit de combattre d’abord des idées et des actions ; on doit parler autant que possible à l’autre plutôt que l’ostraciser.

Dans l’urgence il s’agit de contrer les idées prônant,  Sarkozy en porte voix, de plonger corps et âme dans ce capitalisme mortifère.

 

La clé de cette combinaison réside plus dans la définition du groupe pivot. En ce sens cela ne peut pas être le pôle social libéral ou démocrate social qui a échoué et ne peut qu’enfoncer plus profondément le pays et l’Europe dans une crise majeure, ni à l’inverse le pôle gauche radicale et altermondialiste, pas plus le groupe républicain de gauche par ses tensions fortes avec l’autre pôle écologiste ou ce dernier pour la même raison. Les tensions même entre oui et non au référendum et ces 4 tendances pose comme pivot le pôle socialiste qui est large en terme numérique, composite et en perpétuelle négociation entre toutes ces tendances. Ségolène Royal marie des positions de chacun de ces 4 ensembles en ménageant, par des flous sans doute volontaires, ce quadrille.

Là réside sans doute la différence avec la position de Jean François Kahn, mais la politique c’est aussi savoir négocier sans se renier.

Publié dans politique

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