Mme Parisot ou le moderne et la performance

Publié le par clavaboudchuc

Texte sur le forum de JP Chevènement. Ce dernier répond à l'interview de Mme Parisot sur France Inter  en février 2007
 
Je partage votre analyse et de cette interview je note au moins quelques perles particulièrement brillantes :

Comme vous le sous entendez avec humour, entendre dans la bouche de madame Parisot, le mot "moderne" qui n'a en soi aucune valeur positive, pour l'opposer à un prétendu archaïsme, c'est un bon gag. On est bien là sur de la pure réthorique qui prétend définir une situation contemporaine comme forcément supérieure à une situation plus ancienne. C'est soit avoir une "langue fourchue" comme dans les bons vieux westerns, soit passer sous silence les aléas historiques. Si nous la suivons, il était plus moderne de croire la terre plate au 13 eme siècle, plutôt que de la croire sphérique comme l'avançait Eratosthène au IIIe siècle avant J.C. lorsqu'il mesura le méridien terrestre.

Autre point, renvoyer son adversaire à un raisonnement du type : "vous êtes contre l'économie de marché"... ha ben ça première nouvelle et merci madame Parisot, je dois donc comprendre grâce à cet éclairage subtil qu'il n'existe que 2 systèmes : on refuse l'économie de marché où on fonctionne exactement comme vous... Quel vaste choix !

Ensuite, cette 'idée que Nicolas Demorand, le journaliste, avait peut être pour réussir une émission de qualité, une rémunération adaptée en fonction de son audience. La réponse étant négative, madame Parisot en conclut cependant que ce serait le fonctionnement le plus efficace !
Désarmant (et limpide ?) sur les valeurs qu'elle porte aux actes des individus et l'inconscience de tout impact autre que l'économique à très court terme... le tout économique en action.

Poursuivons avec le caractère "normal" d'avoir, selon elle, des revenus "élevés" c'est à dire pharaoniques lorsque la performance est présente dans l'entreprise... outre que cette performance est souvent discutable, que les employés sont eux pressés en termes de salaires, il reste l'argument de J.F. Kahn qui rejoint le votre lorsque vous citez Rockefeller ; croire "normal", car cela se fait ailleurs en pire, d'avoir de tels salaires, d'être licencié avec de telles sommes, c'est ne pas prendre en compte le niveau de déconnection pour ne pas dire de folie atteint par ces dirigeants.
De plus, avoir peur de les voir quitter la France, c'est les croire irremplacables... vu les résultats on en doute souvent, et Vivendi ou le Crédit Lyonnais ne sont que des exemples parmis d'autres. D'ailleurs répondre comme elle que ce qui rend ces sommes acceptable c'est leur existence dans le contrat de travail, c'est un argument équivalent à zéro.

Enfin, clou du spectacle, la condamnation absolue de toute forme de protectionnisme qui ne correspond à aucune période croissance selon elle. Pour se faire une autre idée, il est intéressant d'aller flâner sur http://www.protectionnisme.eu.

Après tout mon blabla, je m'en voudrais d'oublier ceci :
Un grand merci à vous Monsieur Chevènement pour une chose avant tout : la qualité humaine, par le fait de rester sur l'argumentation et non l'invective, de ne jamais participer à des meutes, de reconnaître des valeurs aux actions de l'autre, de garder ce recul teinté d'humour. On peut parler d'honnêteté intellectuelle mais ce serait trop froid.
Ca ne signifie pas absence de calculs, de stratégie politique, de capacité à ferrailler sur les idées ou une blancheur immaculée mais je ne suis pas bien sûr de voir ce comportement souvent.

Merci aussi pour le plaisir que j'ai pris à lire "Défi républicain". Je partage souvent vos idées... je diverge sur l'environnement. Ce serait pourtant un bel attelage : écologiste, républicain, social et humaniste, un nouveau CNR doté d'une nouvelle composante, écologiste.
De la part d'un électeur vert depuis 20 ans... comme quoi toutes les synthèses sont envisageables :-)

Publié dans politique

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