Texte pour L. Fabius suite à son article (blog) :"nos 4 points cardinaux"

Publié le par clavaboudchuc

 

Bonjour 30.08.2007


Petit texte d'un adhérent PS de Seine Maritime.

Je tiens à vous dire d'abord merci avant d'aller vers quelque chose de plus critique, en positif et négatif donc.

Le merci tient à plusieurs choses, j'en cite simplement 3 : vos interventions (comme celle du meeting de rouen durant la campagne présidentielle avant Mme Royal) et ce texte qui l'un comme l'autre me paraissent très utiles parcequ'ayant un contenu sur lequel on peut véritablement discuter, être ou non d'accord. Au moins, il y a matière. Même si ce que je vais dire ne vole pas forcément loin, c'est en partant de telles propositions que je peux le faire.

Enfin... d'être accessible comme je l'ai vu en réunion avec diverses personnes.

Je passe...


Si je partage votre idée de cadrer l'action sur 4 points cardinaux, je vais y apporter mon grain de sel et pour faire simple, les reprendre l'un après l'autre.



1 L'environnement est effectivement majeur, puisque c'est tout simplement le rapport à la vie qui est soulevé. Vous citez dans ce texte le problème du réchauffement et ce matin à France Inter (jeudi 30.08.2007) vous avez abordé les 3 autres crises majeures : biodiversité, crises sanitaires, dépletion. Sur ce point je vous rejoins donc entièrement ; je trouverais juste mieux de mettre très distinctement ces 4 crises en avant dans vos arguments écrits même si je comprends que seul le réchauffement a un impact fort dans l'opinion pour l'instant.

Cependant il y a au moins 2 élements que je tiens à relever dans votre blog (juillet 2007 «une gauche moderne n'est pas droitière») : «nous refusons l’obscurantisme, nous croyons dans la science et la technique, nous encourageons de nouvelles découvertes améliorant le sort de l’homme» et «Pour eux, les questions du pouvoir d’achat et de l’avenir de leurs enfants priment sur tout autre sujet».

Derrière l'environnement se cachent des questions subsidiaires mais essentielles dont celles ci : quel positionnement par rapport au développement technique ? Quelle est la place de l'homme dans la chaîne de la vie, au dessus, au dessous, égale ?

Il suffit de lire certaines positions de M. Besson (voir « Vous avez dit Madame Royal »), de M. Chevènement ou d'autres pour voir l'importance du positivisme.

L'écart croissant entre technologie et conscience fragilise nos vies individuelles et collectives. La privatisation du vivant, les questions engendrées par le clonage ou les nanotechnologies en sont un exemple. J. Atali y fait d'ailleurs référence dans son dernier ouvrage (« une brève histoire de l'avenir ») au travers du thème de l'autosurveillance.

De même, la question du pouvoir d'achat renvoie directement à ce qu'on fait de cet argent... On achète des produits étrangers peu soucieux de l'environnement, on amasse, on ingurgite sans chercher à consommer mieux ?

Poser la question environnementale comme vous le faites avec justesse c'est revenir sur ces fondamentaux du socialisme.

Il faudra trancher car cela renvoie à des alliances ou des divergences de fond avec des ensembles politiques et à d'autres questions aussi cruciales car totalement liées. J'y reviendrai.


Petit rajout : l'ours est un omnivore... opportuniste (au ¾ herbivore), l'ours solvène n'est pas plus carnivore, au mieux on pourrait appliquer cette «supposition» aux ours scandinaves et himalayens ; voici quelques adresses essentielles afin de se faire une idée plus complète sur les ours et en particulier leur alimentation qui est passée au crible (sources contradictoires):

http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=147

http://www.ours.ecologie.gouv.fr/html/_3_4_32_35_37_.php

http://www.pyrenees-pireneus.com/Ours_des_Pyrenees.htm



2 Venons en maintenant au 3eme volet de votre texte( je parlerai du 2eme ensuite).

Vous le dénommez développement, mais à le lire il recoupe très largement l'idée de République dans l'idée que vous vous en faites. Or c'est justement aussi un point que je crois essentiel... se fixer comme axe de réflexion : « qu'est ce que la République ?».

C'est à cette interrogation là, je crois, qu'il faut remonter directement ; elle recoupe des questionnements très actuels sur les communautarisme, populisme et nationalisme, mouvements tous 3 en progression ; la représentativité et les institutions, l'autoritarisme et la concentration des pouvoirs, les médias et leurs rapports à l'économique et au politique, les relations Etat/régions, le rapport citoyen/travailleur/consommateur, la place de la puissance publique, la question de la repentance et les guerres mémorielles, les dérives du féminisme, l'horizon anti libéral du type de libéralisme actuel...

c'est à dire les fondamentaux progressivement bâtis de notre République : liberté, égalité, fraternité, laïcité, République une et indivisible, Ces 5 points qui nous lient tous et se délitent actuellement.


Je trouve donc qu'il serait plus juste de remonter en amont à l'idée de République pour là aussi trancher clairement sur toutes ces questions ; de toute façon un choix est lié à un contexte et peut donc être bien compris comme temporaire. On peut avoir été proche du « Paris nous pompe » et se rapprocher des positions de J.L. Mélenchon et surtout de J.P. Chevènement.

Un exemple simple : vous parlez régulièrement d'une mondialisation dangeureuse sous sa forme actuelle et êtes très critique sur l'orientation européenne ; quel est le meilleur levier pour agir: la région ou l'Etat ? Faut il continuer à affaiblir l'Etat ou penser comme M. Védrine qu'on a été trop loin dans ce sens ?

Comme vous le suggérez en parlant de laïcité, la République sous cette forme est une réponse possible aux dérêglements actuels. Elle est donc à défendre, encore faut il se mettre d'accord sur ses fondamentaux.

Là encore des convergences et divergences très fortes appaîtront, et sur ce thème il existe différentes logiques républicaines, il faudra bien trouver une voie.



3 Le 4ème pan de votre texte cible la question économique, Là encore je vous rejoins sur ce choix mais plutôt que de parler simplement de financement, je parlerai plus largement de justice sociale. Sur les développements je vous suis totalement ; j'y rajouterais toutefois un point essentiel souligné autant par l'ensemble des organisations écologistes que par le travail de Denis Robert, ou ceux de V. Peillon et A. Montebourg : le danger croissant de la corruption et de la finance occulte.

Une fois de plus liens et déliaisons seront au rendez vous lorsqu'il faudra choisir... et il faudra choisir.


4 Enfin le 2ème point que vous avez soulevé, le vieillissement, est très important ; cependant comme les questions internationales ou l'Europe, j'aurai tendance à l'intégrer dans les axes précédents. En revanche il permet malgré tout de soulever ce que je crois être le 4eme domaine de réflexion majeur : le rapport à la spiritualité. Il ne s'agit pas de parler de religion même si pour certains c'est une réponse ; Comte Sponville a récemment montré qu'on pouvait parler de spiritualité tout en étant agnostique ou athé.

Mais cette question est fondamentale car elle recouvre le problème du matérialisme, du consumérisme, l'individualisme et le collectif, à nouveau le rapport à la vie et la mort, le rapport au risque dans la vie, la culture.

Cette question n'est pas si neuve pour le socialisme... On ne ferait que renouer avec ce qui a été raté en 1946 quand on a choisi Mollet plutôt que Mayer, revenir au Léon Blum de cette époque.

Là encore ce choix est primordial et il déterminera des alliances ou une division.



Vous avez compris que derrière chacun de ces points cardinaux, je vois un allié. L'idée d'un rapprochement vers un seul me paraît dangereux et au final peu productif. Il faut au contraire se tourner vers les 4 en même temps : républicains et radicaux, écologistes, centristes/démocrates chrétiens/catholiques sociaux, gauche radicale.

Pour l'instant le PS est numériquement et politiquement au centre de ce quadrille... s'il n'y prend pas garde il sera contourné ou tout simplement isolé dans une opposition divisée.

J'ai déjà fait remarquer dans d'autres textes ailleurs qu' il existe un courant qui attire une partie des écologistes et altermondialistes vers le MODEM, sans compter les volontés de rassemblement à gauche du PS ou les rapprochements inévitables d'une partie du PS et des radicaux vers l'UMP, en tout cas de la politique menée.


Merci et bonne continuation


http://clavaboudchuc.over-blog.com/





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