Appel au référendum : stop aux fossoyeurs d'Europe et de paix !

Publié le par clavaboudchuc

Texte envoyé sur Marianne2.fr le 23.11.07 et corrigé à la suite


1) Bravo à cette initiative (Comité National pour un Référendum). Je me doute qu’il existe des réticences à accepter certains compagnonnages mais je crois plutôt qu'il serait utile d'écrire explicitement :
"le CNR s'adresse à toux ceux quelque soit leur opinion qui affirment la nécessité que le suffrage universel se prononce sur ce traité"
et non :
"le CNR s'adresse à tous ceux quelque soit leur opinion SUR LE NOUVEAU TRAITE qui affirment la nécessité que le suffrage universel se prononce sur ce traité"
Pourquoi cette petite remarque ? Parce que je persiste à penser que nous avons besoin d’élargir notre regard, de voir que des clivages existent bel et bien mais qu’ils sont transversaux dans les divers partis et que nous avons des alliés que nous refusons bien souvent de voir. Je pense bien évidemment aux républicains de droite de « Debout la république » par exemple, de journalistes comme Zemmour. (voir « Ou en est la recomposition ? » ou « réaction à l’édito de Marianne »). Ca n’a rien d’un hasard si c’est la totalité du programme du CNR qui est visé par Kessler, c’est aussi cette combinaison politique là qui est attaquée (Hommage à Guy Môcquet : mort au CNR !)


2) Pourquoi parler de fossoyeurs ?

- Malgré la puissance du discours de la plupart des dominants politiques économiques et médiatiques pour le oui, la majorité a voté nettement pour le non
-  Le jour même de l'ouverture du sommet de Lisbonne, le 18 octobre dernier, un sondage a affirmé que 63% des Français étaient favorables à un referendum sur le nouveau traité simplifié (http://arretsurimages.net/post/2007/10/25/Traite-modifie:-le-premier-sondage-en-France-estbritannique)
Ce rejet majoritaire était partagé, avec d'autres raisons, en Grande Bretagne, Pologne, Pays Bas entre autres...
- Les mouvements identitaires s'appuyant sur le nationalisme, le séparatisme, le communautarisme sont désormais très ancrés et semblent bel et bien se développer : Espagne avec la Catalogne, RU avec l'Ecosse, Belgique avec les flamands, Suisse récemment et on peut continuer la liste encore sur plusieurs lignes.
- L'impression d'obligations perçues comme imbéciles et injustes par l'Europe est largement partagée.
- L'impression que l'Europe est une passoire et même mieux suscite l'appel d'air aux produits détruisant à grand vitesse en particulier l'industrie mais aussi de plus en plus les services, est là aussi bien répandue.
- La peur de l'étranger, des produits et des hommes, des pays qu'ils soient extra UE ou de l'UE, de l'Allemagne dans le cadre de ce nouveau traité qui rompt la volonté d'équilibre entre France et Allemagne décidé dans les fondements même du projet européen, tout cela ne fait que monter.
- La sensation très nette qu'on se moque des populations en faisant croire que les décisions viennent de l'Europe quand il s'agit de décision de la commission, donc des gouvernements et surtout que le peuple ne doit pas se prononcer contrairement à 1946 ou 1958, alors qu'il s'agit de changements fondamentaux, tout cela aussi est ressenti très mal et ne peut que produire un rejet de plus en plus puissant et même une haine de l'Europe qu'on voit aux détours de beaucoup de conversations dans notre quotidien. S'asseoir sur la démocratie comme le fait ce gouvernement et notamment une partie des dirigeants socialistes (Ayrault, Guigou...) est une folie.


Sous prétexte de défendre l'Europe, de vouloir la faire trop vite comme le disait Eric De Montgolfier, de refuser le référendum par peur de la population, d'accepter le sacrifice d'une ou plusieurs générations pour un projet (Delors), de vouloir faire disparaître l’idée de nation, d’Etat, de République même, on est en train de vouloir tuer les fondements de ce qui nous lie,  l'égalité et la fraternité mais plus fou encore, c'est la liberté qui est menacée par cet aveuglement et la paix même.
Comme un jardinier qui retourne trop profondément sa terre ces hommes sont en train de faire ressortir de terre des graines endormies, des peurs, des haines :


3) Virer l’enclume et repousser le marteau

- On s’étonne  de l’absence de civisme, d’éducation ? Mais on ne fait que valoriser l’individualisme et la concurrence entre tous, valoriser le repli sur soi avec comme but de vie : la consommation, la possession et le matérialisme à court terme, que stigmatiser et pousser au conflit entre eux les  perdants sociaux (très majoritaires), prôner l’argent ou la position sociale comme seul critère de réussite de vie, penser le monde comme un objet au service de soi et non comme un environnement dont nous sommes interdépendants.
- On s’étonne des diverses montées identitaires perverties ? Mais on les provoque en persistant dans un refus d’Europe sociale, dans un système ou la liberté comme seul critère produit son propre anticorps.
- On s’étonne du rejet démocratique et de la radicalisation ? Mais comme le dit J.F. Kahn c’est le monde qui est radical, il sécrète les horreurs qu’il montre du doigt.
On inculque à grand coups sur la tête que la mondialisation ne permet qu’une seule politique « intelligente » et qu’il faut s’aligner sur la bas puisqu’on ne peut rien faire, que les syndicats sont vendus au MEDEF et ne sont sérieux que s’ils acceptent ce qu’on leur propose ou sinon sont comme des kystes dans le corps social, que la grève est à la limite du légitime, que le vote pour quelqu’un implique qu’on ait voté pour 100% de son programme et qu’il n’y ait plus à discuter mais à exécuter, qu’un référendum n’a aucune valeur et que désormais le peuple n’aura plus le droit de donner son avis sur un texte identique dans le contenu.

On pense en binaire, on atomise les intermédiaires (opposition, syndicats…), on ridiculise les discours différents ou on les réduit dans des niches médiatiques, on construit un société en sablier asymétrique ! ! Mais « on » croit quoi ? Que ça n’a aucun impact ? Que ça permettra éternellement de rester au pouvoir en s’appuyant sur les peurs ? Possible mais à quel prix et qui en profitera finalement ?
Sans débouchés politiques il n’y aura que le vote censitaire, la violence et la technologie répressives en interne pour les maintenir au pouvoir.
Sans débouchés politiques il n’y aura que le conflit en externe comme terme à cette crise planétaire.
Sans alliance, nous serons réduits à l’inefficacité et à l’effacement entre deux groupes radicaux : l’ensemble FN UMP libéraux divers venant de l’ex UDF, des radicaux et du PS, et de l’autre une petite frange extrême à gauche ou chez les écologistes, violente, non républicaine ou misanthrope.

Il n'est pas excessif, je crois, de s'inquiéter gravement et de dire que ces hommes ont perdu toute mesure, ils sont dangereux et il est temps non seulement de se battre politiquement tous ensemble contre eux et si possible de les écarter démocratiquement (tant que nous sommes encore quelques-uns entre le marteau et l’enclume) des leviers de commandes ! Il s'agit de prendre la radicalisation générale de vitesse...

Publié dans politique

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