politique

Samedi 18 novembre 2006

Victoire ?

Victoire de qui, de quoi...

Bon... tentative de constat et d'impression qui vaut de qu'elle vaut...

 

Constat : cette élection exprime un déplacement assumé des fondements politique du PS ; la démarche "sociale démocrate" de DSK occupe "publiquement" (écoutez l'émission de France inter du 16 novembre avec Jean Marie Bockel, social libéral assumé pour se faire une idée réelle des positionnements internes au PS) plus de place ; celle de Fabius, qui prônait une démarche opposée diminue. Accompagnement assumé et peu aménagé du type de capitalisme actuel contre accompagnement plus fortement encadré, c'est le premier qui gagne.

Ségolène, comme le soutient Zsafran de Marianne, pioche dans l'ensemble de l'échiquier politique. Y voit on une cohérence ? La présence de Montebourg avançant des arguments contre les types de capitalismes dominants et son vote "non" au référendum assurent ils une possibilité pour lutter contre l'état des choses ? Là est la question... mais où est la réponse ???

 

Impression : la composition du PS me semble comme le MRP dans l'après guerre faire dériver ce parti vers la droite, l'ouverture à des "prix bas" de l'adhésion a accentué cette dérive et là je rejoins Emmanuel Todd qui prétend que les mouvements se font de plus en plus vite ; je rejoins aussi René Rémond parlant de tapis pour montrer la dérive de la plupart des partis dans l'histoire vers ce qu'on appelle la droite, ce qu'on pourrait plutôt définir je crois comme l'acception de l'ordre établi.

La composition du PS me parait marquée par la forte présence de catégories moyennes supérieures, voire hauts cadres, notamment administratifs, de milieux liés à l'évolution vers le tout économique, c'est à dire assurance, finances, banques, communication en particulier.

Par ailleurs les positions sur la création des fameux jurys me semble contourner l'idée de représentation des citoyens et de rapports de force véritablement représentatifs de l'état d'esprit du pays.

 En résumé : des idées qui peuvent être intéressantes pour le débat mais me semblent répondre à une crise par des outils aboutissant à un accroissement de la crise.

Je passe sur l'évolution de madame Royal qui depuis 15 ans que je la vois m'a plusieurs fois choqué par des prises de positions que je crois malsaines ; relire ou réécouter pour cela ses interventions sur l'affaire d'Outreau et la manière dont elle a mis de l"huile sur le feu me parait utile.

Ses remises en cause de notions de base républicaines me semblent détruire la cohésion et l’outil pour se défendre face à ce qui nous ronge ; son acceptation que je crois dissimulée mais réelle de l'orientation européenne, fer de lance d'un type de capitalisme mondial autodestructeur me semble très antilibéral, puisqu'elles va dans le sens de la destruction de la concurrence et la création de monopoles (consulter pour cela les sites des verts ou de madame Lepage, les antilibéraux, les positions de Bayroux, de Dupont-Aignant pour ce faire une idée sur ces monopoles).

 

Tous ces positionnements me font donc penser que :

1 le PS dérivent fortement vers le centre droit

2 Que ces élections peuvent aboutir progressivement au départ d'une petite partie du PS, même si celle ci devient très minoritaire.

3 Que l'on nous met en avant médiatiquement un duel droite hard et droite modérée Sarko Ségo, très dangereux par rapport à la situation politique française. Là aussi, lire monsieur Todd ou plus ou moins clairement Jean François Kahn qui parlent d'apesanteur pour définir l'état mental de la couche supérieure de notre société.

4 Que la technique utilisée pour gagner est ambiguë : sur le plan de l'adhésion au PS, des positions défendues, du type de communication tout cela peut autant s'interpréter comme compréhensible et finalement correcte que dangereux et très calculé avec pour seul but  la conquête du pouvoir

5 Que l'un des clivages les plus important est celui qui oppose 3 camps fortement :

- Une grande partie du PS et de l'UMP, et d'ailleurs sans que cela soit clairement exprimé publiquement le FN aussi : accompagnement à marche plus ou moins forcée du système économique actuel

- Un pôle qui reprend la logique du CNR : gauche socialiste communiste et autres, gaullistes et  républicains, démocrates chrétiens (même si leur critique économique les place encore en partie dans l'autre bord) et une 4ème composante absente en 1945, les écologistes… voire quelques libéraux conscients de la dérive extrémiste de leur courant de pensée

- Une part  de l'extrême gauche et des écologistes portant aussi un message assez éloigné des notions républicaines ou humanistes qui sont défendues par le groupe précédent

 

Conclusion :

 je pense effectivement depuis plus de 20 ans  que les clivages entre partis ne correspondent souvent plus à la réalité des clivages politiques vécus. Et que la remise en cause actuelle vise à détruire non seulement les bases sociétales crées par le CNR d'après guerre ; mais aussi au delà, les avancées de 1936 et à terme sans réaction, c'est le suffrage universel et le système démocratique lui même qui est visé, ceci à moyen terme par la logique des forces en présence. Sans réaction ferme contre un système extrémiste, au delà du danger environnemental, on a devant nous d'autres dangers tout aussi rapidement graves sur la plan interne français, européen et international.

 

...Et madame Royal ne me parait pas du tout répondre à ça, bien au contraire elle participe  dans un bilan global de ce qu'elle me donne à lire et à entendre de la destruction de ce qu'il reste à défendre.

Je dis donc méfiance et alarme face à cette élection interne au PS.

Par clavaboudchuc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 décembre 2006


 
Persister dans un système autodestructeur et sans volonté d'ouverture entraîne une montée des périls qui menacent ; en clair une révolution paraît dangereuse autant qu'illusoire mais une réforme progressive paraît, elle, illusoire et donc dangereuse.
Difficile de savoir là où nous en sommes si la bonne démarche est de précipiter une décomposition ou d'espérer une évolution progressive. Où est le pire danger ? Les voies à suivre sont, on peut le supposer, très acrobatiques et difficiles, quelles qu'elles soient. 

Le point fondamental est, je crois, celui des priorités. J'en viens donc à une perception des choses, qui n'a rien de sûre ni de définitive :

Constat : en 2001-2002 nous avons assisté à une candidature mettant en avant l'idée républicaine (Chevènement) qui était transparti, regroupant des personnes campant auparavant à droite et à gauche. Depuis cette date nous assistons à une lente orientation vers la gauche d'un parti qui se définit comme l'héritier des catholiques sociaux, l'UDF (lire Serge Berstein sur ce point historique, et les prises de positions de M. Bayroux). Enfin, nous voyons émerger depuis 2005 l'idée d'un rassemblement à la gauche et plus récemment chez les écologistes (voir la réunion de cet été qui a été filmée et est en lien sur le site de Marianne, ainsi que la houle crées par la démarche de M. Hulot)
Par ailleurs des mouvements de sympathies transcourants de l'opinion se sont portée un temps sur Chevènement, puis, même si cela s'oublie, sur Villepin et actuellement sur Bayroux… 3 personnes dont les discours ont fortement mis en avant (y croyant ou pas) un rappel à la notion républicaine, à l'histoire longue, à la culture collective.

Impression : je reprends là le groupe dont j'ai parlé la dernière fois. Je crois que ces mouvements illustrent une évolution difficile mais réelle des forces. Si on le voit de manière très synthétisée, leur priorité respective montrent bien les périls qui guettent :
- Les républicains comme le disait Léna, représentés par Dupont Aignant et Chevènement notamment, dénoncent en particulier les dangers qui pèsent sur la laïcité, l'unicité, l'égalité et la fraternité de la République
- Les écologistes, quelque soit leur positionnement, placent en premier lieu un ligne de fracture plus haute, la définition de la place de l'homme par rapport à son milieu et le rapport à l'évolution technique
- L'ensemble de la gauche dite radicale qui met en avant les dangers liés à l'orientation économique
- Les catholiques sociaux qui déclinent une peur face à la perte de spiritualité, de matérialisation extrême ou de marchandisation de tout, ainsi que la notion de liberté (est-ce que ce groupe se retrouve dans l'UDF, à voir…à mon sens, il y a beaucoup à dire sur ce point entre les positions encore libérale se référant à Tatcher économiquement d'élus comme M. Bourlanges, la définition de la notion de liberté de ce groupe -réflexion à mettre en lien avec celle de M. Mélenchon sur l'idée d'ordre juste dont il parle dans son blog-, enfin l'évolution vers la gauche d'un électorat moins catholique social pour l'instant que modéré et cherchant une solution médiane. Sur le rapport à la chosification de tout, se souvenir de la réaction assez isolée et intense de Bayroux face aux massacres des animaux pendant la crise de la vache folle)

Tout cela converge vers un même danger prioritaire : le type de capitalisme dominant. Mais là je rejoins encore une fois E. Todd, puisque malgré des tiraillements forts entre l'individualisme et le collectif, le système a tendance à être largement rejeté y compris par certaines élites nationales ou internationales(stiglitz ou Kahn entre autres) et des peuple de manière plus ou moins consciente, il est probable que ce système ne bouge plus que par la force de l'inertie. Cela n'empêche pas totalement le risque de dérive anglosaxonne et d'implosion de notre société, mais d'autres dangers réels se profilent derrière en réaction : le retour de l'autoritarisme, de systèmes théocratiques, de nationalismes, c'est à dire de violentes confrontations internes et externes à chaque ensemble.

Les divergences sont grandes entre chaque groupe, notamment sur les points suivants : l'outil européen, le rapport au progrès technique, la place de l'Etat et la nation, les choix économiques… et si je ne vois malheureusement pas de lien au niveau des Etats majors entre les écologistes et les républicains, les catholiques sociaux et la gauche en particulier, ces liens existent à la base et s'entendent.
Combien de personnes peuvent se sentir très sensibilisées à l'environnement, tentées par l'idée européenne mais profondément républicains, attachées à l'idée de continuité historique et pensant que l'Etat est le meilleur levier pour agir dans l'Europe et réorienter les choix économiques ? Cette synthèse existe, d'autres aussi… mais savoir se mettre ensemble et donc négocier est long.

Actuellement ces 4 groupes peinent à se constituer et la gauche radicale me semble la plus proche d'y arriver quelle qu'en soit les ratées.
Les écologistes en prennent le chemin.
Les catholiques sociaux se déplacent et il est envisageable que leur électorat puis progressivement leurs élus s'en trouvent modifier pour se retrouver conforme à la ligne historique (comme un magnifique mouvement de vase communiquant, l'UMP c'est convertie aux idées défendues par une ligne dite centriste, Barre, Balladur… et l'UDF épurée s'est recentrée sur sa ligne historique, même si la route est encore longue). D'ailleurs les doutes de M. Bourlanges expriment très bien ces crispations face à l'évolution.
Les républicains en revanche me paraissent d'autant plus souffrir de leur coupure en 2 que la tentative de 2002 de Chevènement reste inachevée. D'autant plus que l'appareil socialiste et de nombreux médias se sont empressés d'ostraciser un danger pour eux. Quant à envisager un passage du Rubicon des membres de l'UMP de tendances gaullistes ou disons républicains, ça semble un peu éloigné. Malgré tout ce qu'on peut penser de l'homme et son parcours, il fallait s'appeler Pasqua pour proposer ça à Chevènement dans les années 90.

De tout ça, espérer un travail en commun, ça me paraît hélas encore illusoire, chacun devant déjà se regrouper.
Mais on peut être satisfait de voir un samedi soir sur l'émission de Ruquier, un échange ultra court mais riche entre M. Zemour (dont la qualité et le recul de ses analyses valent le détour) et M. Besancenot (idem pour sa description très argumentée des rapports de force) justement… où l'on sent des différentes bien sûr, mais aussi une convergence évidente sur ce que je vais appeler « l'ennemi commun ».

Tour cela s'appuie sur un fond historique et culturel précis, profondément intégré et qui se marie particulièrement mal avec les tendances dominantes. Ce socle de pensée c'est un système basé sur une volonté de vivre ensemble dont les principes se sont progressivement ancrés : liberté, égalité, fraternité, laïcité, unicité.
Ces principes dans leur ensemble sont attaqués de l'extérieur et de l'intérieur, rien d'anormal donc à ce que notre société soit sous tension et aussi rétive au mouvement général.

PS : Cet article est écrit sur le site marianne2007 avant l'accord PS / MRC et l'échec pour l'instant de début décembre à se mettre d'accord sur une candidature à la gauche du PS

Faut il interprêter ça comme la persistance d'un système et des logiques mentales de ses acteurs principaux ou une capacité d'infléchissement ou de synthèse au PS ? Affaire à suivre

Par clavaboudchuc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 21 janvier 2007

 

 

 

 

 

 

Réaction aux propositions de l’hebdomadaire Marianne (La vraie rupture : rendre la France à tous les Français. II. Seconde série de propositions de la rédaction de Marianne, parues dans le numéro 501 du 6 janvier 2007).

 

Le point qui semble faire tiquer bien des gens dans les différents commentaires que j'ai pu lire, concerne la décentralisation

 

 

 

Mais est ce que la question est : quel est le bon système ? Ou plutôt... quel est le système le moins mauvais dans ce contexte précis ?

 

 

 

Or sur ce point, quelle semble être la recherche de quelque uns des acteurs ?

 

 

 

Elimination du niveau communal et départemental, fusion de certaines régions, ce qui en d'autres termes correspond à une Europe des régions avec disparition des Etat nations. Ce modèle qui a sa cohérence prétend pour les plus honnêtes défendre un espace pacifié par la disparition des antagonisme nationaux et l'imbrication économique, défendre des identités, ou une structure plus forte pour agir sur le plan environnemental en contournant les freins nationaux... pour d'autres moins honnêtes dans leurs discours, il est une cour de jeu idéale pour une économie dominant totalement tous les secteurs et ayant éliminé son ennemi principal : l'Etat

 

 

 

Ce système est partagé donc par de nombreux acteurs économiques libéraux (encore que ce terme à mon sens ne conviennent pas à des destructeurs de liberté de choix, des bâtisseurs de monopoles nouveaux) et leurs soutiens politiques présents notamment au PS et à l'UMP, aussi par ce qu'on pourrait nommer globalement la démocratie chrétienne ou les centristes farouchement européens et des écologistes et autonomistes ou indépendantistes multiples.

 

 

 

Or justement, détruire le dernier rempart qui permet un contrôle devenu fragmentaire : l'Etat... est ce le bon moyen pour pouvoir lutter contre la corruption grandissante et des pouvoirs économiques sans aucun liens avec une quelconque collectivité ?

 

 

 

Refuser ça ce n'est pas dogmatique mais contextuel.

Le moment n'est plus bon pour une telle démarche.

Une décentralisation n’est pas forcément un problème en soi, mais la dissolution d’échelons de proximité par fusion et l’évaporation de l’Etat sous les coups de boutoir conjugués de l’Europe et de la région n’augure rien de positif, à mon sens, dans le contexte et compte tenus des objectifs qui sont derrière cette politique.

Je rejoins par ailleurs la référence à une époque précise, celle de notre Moyen Age où des potentats locaux avaient un pouvoir d'autant plus puissant qu'il ne trouvait rien pour leur barrer la route... nul état de droit.

Non que ces puissants avaient disparus mais la logique centralisatrice en avait réduit la portée.

La disparition de l’Etat (et par ailleurs de la commune et du département) permet le renforcement de puissances locales clientélistes et celui de  puissances économiques utilisant la dérégulation Européenne pour contourner certaines protections nationales (santé, protection sociales…)

On augurera qu’on pourrait appel au droit européen, mais ce serait oublier la puissance des lobbys, où l’argent, les bons relais et la communication trient entre les forts et les faibles. Il y a là une convergence d’intérêt évident entre 2 types de pouvoirs, ceux locaux clientélistes et ceux sans attaches collectives.

 

 

 

Par ailleurs le modèle historique très particulier français, républicain, est sans doute celui qui crisse le plus à ces orientations car il est fondé dans la mentalité collective sur une volonté politique, la volonté du vivre ensemble… la citoyenneté... et non sur un autre critère linguistique, religieux, géographique. Face aux orientations communautaristes et à leur pendant la montée nationaliste... il me parait être plus pacificateur que d'autres.

Eliminer l'Etat nation dans ce contexte international et intra étatique me parait le plus mauvais service à rendre à la démocratie et aux libertés fondamentales... y compris in fine aux libertés économiques... le risque  de chaos social et civil me parait l'aboutissement peu évitable de cette démarche.

 

 

 

A vouloir noyer les peuples et leur organisation collective réelle et imaginaire, on fait surgir des antagonismes entre communautés, entre nations ou entre classes sociales. A vouloir aller trop vite et trop loin on risque fort d’obtenir l’effet inverse.

Rien n’est tout blanc ou tout noir mais lorsqu’il y a déséquilibre, où est le risque le plus grand ?

 

 

 

En résumé, l'Europe me parait l'échelle la plus adaptée à la mondialisation actuelle et l'Etat, (sans être un fanatique de cette organisation qui demande des contre pouvoirs) me parait la  structure la plus juste pour faire basculer correctement l'orientation européenne, ceci par un rapport de force rendu possible à l'échelle d'un Etat.

La région poussée par les acteurs économiques libéraux multiples et diverses forces politiques (verts, centristes, PS, UMP) noierait toute capacité d'intervention ; n’est-ce pas justement le but recherché par certains ?

Par clavaboudchuc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 21 février 2007

Réaction à un article de Philippe Cohen, sur le site Marianne2007 mardi 21 février 2007

"Aide-le et Bayrou s'aidera (suite)"

Que nous ayons raison ou pas, le ressenti est essentiel, il n’est pas une abstraction sans conséquence, c’est un élément qui modèle la réalité. J’en viens donc à me demander quelles sont les questions qui me « paraissent » primordiales et si elles sont traitées.

 

 

4 questions me semblent hiérarchiquement supérieures. Elles ouvrent une boite d’interrogations précises dont je ne choisis ici que quelques unes.

Ces questions s'illustrent bien à travers le regard sur 4 acteurs : les Etats Unis, la Chine, l’UE et la République française

 

 

 

 

La question internationale ; le cas Iranien peut paraître effectivement exemplaire.

Derrière cela  on peut y voir les interrogations suivantes :

- Quel positionnement par rapport au Etats Unis. Et plus précisément faut il suivre ou s'opposer à la stratégie de fusion atlantique tel que le montre Régis Debray dans l’essai "l'Edit de Caracalla" ?

- Quelle analyse du comportement du gouvernement américain : empire ou non, en crise ou non ? (cf Emmanuel Todd) et donc comment agir en fonction de ça ?

 

 

La question économique (donc la question de l’inégalité par logique) qui est en fait la question de la place de la Puissance Publique (les acteurs économiques privés n'ayant par logique peu ou pas d’intérêt à penser collectvité).

En lien avec cela, la stratégie de l'Union Européenne notamment suite au bouleversement provoqué par l’entrée de la Chine dans l’OMC. Il ne s’agit pas de l’emploi industriel mais des 3 secteurs, primaires secondaires et tertiaires y compris la très haute technologie. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir la montée en puissance de la recherche et développement ailleurs. (voir les propos de monsieur Chevènement sur l’Allemagne et ceux plus anciens de monsieur Debré (l'homme de médecine, pas l'autre) parlant de son activité entre Chine et France, ou encore les simples exemples historiques du Japon et plus récemment de la Corée du Sud).

- Protectionnisme ou non et dans quelle mesure ?

- Un protectionnisme pour l'UE seule ou défendu aussi pour d’autres, pour l'Afrique par exemple ?

- Donc par là une politique agricole productiviste, concentrée et prédatrice à l’exportation  ou non ?

- Un zonage économique mondial avec spécialisation ou un refus de cette orientation ?

- Puisque les choix économiques des citoyens se réduisent tout autant qu'augmente la dépendance des PME envers quelques grands groupes : casser ou non les trusts ?

- Par la loi ? Par l'incursion de la puissance publique en tant que concurrent des privés ?

- Quel choix par rapport à l’O.M.C., acceptation ou non du nouvel accord sur les services qui rôde ? A voir les attaques du privés sur tous les domaines, y compris éducation, protection sociale ou régalien (voir pour ça les groupes privés remplaçant la logistique militaire en Afghanistan) on est en droit de penser qu’aucun secteur n’est appelé à échapper à terme aux négociations, pas même le régalien.

 

 

 

 

La question de la République

- Quel outil privilégier pour mener une réorientation de l’UE (c'est à dire un dialogue donc un rapport de force autant qu'une volonté de compromis) : la région ou l'Etat ?

- Quelle est la délimitation de la laïcité et leur position par rapport au blasphème ?

- Quelle est la perception et la place qu’ils accordent à la nation (donc d’histoire longue) et à la citoyenneté ?

- Doit on ou non légiférer sur l’histoire et sur des crimes qui concernent des morts ? En clair pour ou contre une législation mémorielle au risque d’opposer les différentes mémoires ?

- En politique, permettre ou non un renouvellement fort de la classe politique ?

- Par quels moyens l'ouvrir à d'autres groupes sociaux ? Par quels moyens permettre aux acteurs du privés de s’investir sans se perdre en cas d’échec électoral ?

- Sur le plan de l’information, casser ou non les liens médiatique / politique/ économique ? Par quel moyens ?

- Puisque le tout économique domine, permettre ou non d'avoir un débat  médiatisé entre des pensées divergentes sur le service publique ?

(actuellement sur France inter un seul intervenant divergent régulier, uniquement 1 fois par semaine le vendredi avant l'heure de pointe et pendant un temps très court : combien de « Jean Marc Sylvestre » pour 1 « Bernard Maris » ?)

 

 

La question de l’environnement

Elle s’intègre dans les 3 questions précédentes bien sûr, cependant…

- Quelle est la place de l’homme par rapport au vivant ?

- Quel regard sur la notion de progrès ?

 

 

Une fois posé cela, reste à voir qui pose clairement cette hiérarchie ? Qui répond à ces questions de fond…. Qui ?

Je vous laisse juge d’écouter et de lire les candidats pour vous faire votre opinion…

Réponse au prochain épisode ?

 

 

Par clavaboudchuc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 27 mai 2007

D’abord je suis heureux de lire dans l’édito de Jean François Kahn du numéro du 24 avril de Marianne qu’il est sur la même ligne exactement que celle dont j’avais parlé ici même en novembre 2006. Et nous devons être assez nombreux à développer la même démarche en vérité.

 

De quoi s’agit il ? Simple : l’idée d’un rassemblement de type CNR regroupant les courants socialiste et au-delà à gauche, altermondialiste compris, du courant social républicain et gaulliste, du courant chrétien démocrate, centriste et social démocrate, des libéraux conscients de la dérives extrémiste de leur courant de pensée et de ce courant nouveau depuis 1945 qu’est l’écologie.

 

Ce vaste ensemble s’oppose à 2 groupes :

- Un premier groupe qui prône un accompagnement à marche forcée du système économique actuel dans une logique de prédation et de possession, une logique de mort sans spiritualité ; ce groupe peut aller parfois loin dans le rejet démocratique voire la valorisation de l’inégalité  : UMP et FN et beaucoup de personnes hurlant au fascisme mais jaloux de ne pas être à la place des dominants.

(Il ne s’agit pas de parler de fascisme, de diaboliser mais il me semble illusoire de refuser de constater la vision globale portée par cet ensemble).

- Un groupe, souvent par idéal social, portant aussi un message éloigné des notions républicaines, voire démocratiques et même humanistes : une partie de la gauche extrême et des écologistes radicaux

 

 

Il est évident qu’une partie du PS et l’UDF, c'est-à-dire les chrétiens démocrates, centristes et sociaux démocrates posent un problème par leur accompagnement de la dérive autodestructrice de ce type de capitalisme. 

Leur logique de prudence me les faisait placer avec l’UMP et le FN, toutefois le positionnement plus républicain, écologique et très critique socialement de Ségolène Royal au cours des précédents mois a recadré, légèrement, le PS. De même l’UDF (du moins certains élus et son électorat) continue son lent voyage vers la gauche, déplacement  parfaitement logique vu les références idéologiques de cet UDF resserrée et le caractère extrémiste que prend le Monde contemporain. La proposition de J. P. Chevènement de permettre une alliance de rechange, avec certains d’entre eux, me parait constructive en leur évitant un hara kiri impossible.

 

Cette modération trop importante me fait toujours craindre un risque économique et démocratique majeur quand on constate sur le plan international, européen et français les évolutions. Les radicalisations fleurissent.

 

Toutefois, refuser de travailler avec eux me parait être un mauvais calcul car la majorité échappe alors à ce nouveau CNR et ils sont par ailleurs des alliés indispensables puisqu’ils partagent une communauté de vue malgré tout.

Par ailleurs jusqu’à nouvel ordre, dans cette élection, il s’agit de combattre d’abord des idées et des actions ; on doit parler autant que possible à l’autre plutôt que l’ostraciser.

Dans l’urgence il s’agit de contrer les idées prônant,  Sarkozy en porte voix, de plonger corps et âme dans ce capitalisme mortifère.

 

La clé de cette combinaison réside plus dans la définition du groupe pivot. En ce sens cela ne peut pas être le pôle social libéral ou démocrate social qui a échoué et ne peut qu’enfoncer plus profondément le pays et l’Europe dans une crise majeure, ni à l’inverse le pôle gauche radicale et altermondialiste, pas plus le groupe républicain de gauche par ses tensions fortes avec l’autre pôle écologiste ou ce dernier pour la même raison. Les tensions même entre oui et non au référendum et ces 4 tendances pose comme pivot le pôle socialiste qui est large en terme numérique, composite et en perpétuelle négociation entre toutes ces tendances. Ségolène Royal marie des positions de chacun de ces 4 ensembles en ménageant, par des flous sans doute volontaires, ce quadrille.

Là réside sans doute la différence avec la position de Jean François Kahn, mais la politique c’est aussi savoir négocier sans se renier.

Par clavaboudchuc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés